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Le Chardonneret - Donna Tartt

 
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Guylou
Conjonction volubile

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Joined: 15 Jun 2010
Posts: 188
Localisation: Orléans
Féminin

PostPosted: Mon 28 Apr - 13:44 (2014)    Post subject: Le Chardonneret - Donna Tartt Reply with quote

Ce serait trop simple, voire simpliste de comparer ce livre au tableau éponyme, non ?
Si.
Pourtant.
Pourtant, alors que j’ai refermé ce roman depuis presque deux semaines et que j’en ai lu d’autres depuis, je ressens encore un envoutement quasi visuel lorsque j’y pense. Je revois la couverture, en particulier la première et seconde de couverture se dépliant pour présenter Le Chardonneret de Fabritius et suis scotchée de ce qu’il puisse être à la fois la toile de fond de l’histoire, le symbole de l’état dans lequel plonge Théo, le héros, à la mort de sa mère, et la situation dans lequel l’auteur place son lecteur. Frêle oiseau aux couleurs chaudes, prêt, semble-t-il, à lancer haut et fort son chant magnifique et s’envoler, mais retenu inexorablement par une chaîne à son perchoir…
Donna Tartt parvient en effet à créer un véritable lien entre le lecteur et Théo, mais aussi l’ensemble des personnes auxquels ce dernier s’attache, pour combler peu ou prou le manque laissé par sa mère. La galerie de portraits est formidable, de la mère magnifiée par le fait même de sa disparition, au père à la « fiabilité zéro » et sa nouvelle compagne installés en Californie aux portes du désert, en passant par la distinguée famille Barbour qui accueille Théo dans l’immédiat après-drame, Boris, le jeune Ukrainien qui l’entraîne sur le chemin de la drogue et de l’errance, Hobbie, le génial restaurateur ou la jeune nièce insaisissable, co-survivante avec Théo de l’explosion du Metropolitan Museum, à laquelle il a pu échapper en emportant avec lui le tableau de Fabritius.
C’est peu de dire combien la toile en question est représentative de l’état général de Théo, de cet emprisonnement qui est le sien dans le manque généré par la mort de sa mère, dans la culpabilité qu’il ressent vis-à-vis de celle-ci, dans le syndrome post-traumatique constamment présent dans sa vie et dans l’addiction.
C’est peu de dire combien le lecteur s’installe dans ce livre, avec un bonheur mêlé de fascination, qui fait qu’alors même qu’il pourrait le trouver un peu long (800 pages quand même), il n’a à aucun moment la réelle envie de s’arracher à sa lecture.
C’est du grand art d’écrivain, Madame Tartt, que salue, à mon humble avis, fort justement le jury du prix Pulitzer. Oui, du grand art !
Je n’en dirai pas plus : je vous laisse la découverte, en particulier de très beaux passages sur l’art et la peinture, non sans vous dévoiler comme d’habitude, quelques passages qui m’ont marquée :

« C’est fou, mais je serais comblée si je pouvais m’asseoir et regarder la même demi-douzaine de tableaux pour le restant de mes jours. Je ne peux pas imaginer une meilleure façon de perdre la boule. »

« Chaque nouvel événement – tout ce que je ferai pendant le restant de ma vie – ne pourrait que nous séparer davantage : chaque jour qui passait accroissait la distance entre nous. Le reste de ma vie ne pourrait que la séparer davantage de moi. »

« Où est-ce qu’il est dit, où que ce soit, que seul le mal résulte des mauvaises actions ? Peut-être parfois, la mauvaise manière est la bonne ? Tu peux prendre le mauvais chemin et atterrir où tu veux ? Ou bien, vois-le sous un autre angle, parfois tu peux tout faire de travers et malgré tout, ça se finit bien ?(…)
Je dois dire personnellement que je n’ai jamais tracé une ligne aussi nette entre ‘bon’ et ‘mauvais’ que toi. Pour moi, cette ligne est souvent trompeuse. Les deux ne sont jamais déconnecté. L’un ne peut exister sans l’autre. Tant que j’agis avec cœur, je sens que je fais mon possible.
»

PS : à la fin d’un passage où la compagne du père de Théo se plaint de ce dernier à une copine, la traductrice utilise l’expression « Allo, quoi ! ». Cette expression est parfaitement à sa place dans le contexte et dans la bouche du personnage de Xandra. Je reste néanmoins interloquée de voir la vitesse à laquelle ces deux mots ont trouvé une place qui justifie qu’ils soient utilisés dans une traduction. Et je m’interroge sur la locution américaine qui se traduit ainsi…
_________________
A ce stade, il s'apercevait qu'il n'écoutait pas ce que ses yeux lisaient... Laurence Cossé
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PostPosted: Mon 28 Apr - 13:44 (2014)    Post subject: Publicité

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Jodie
Conjonction volubile

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Joined: 21 Jul 2011
Posts: 1,896
Localisation: Forêt profonde
Féminin Scorpion (23oct-21nov) 虎 Tigre

PostPosted: Wed 30 Apr - 12:14 (2014)    Post subject: Le Chardonneret - Donna Tartt Reply with quote

De Donna Tartt j'ai lu Le petit copain, j'ai souvenir d'un univers bien particulier et attirant même si je l'avoue, j'ai oublié nombre de détails...

PS : Alors comme ça Nabila est devenue traductrice ? Mr. Green
_________________
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Thaïs
Conjonction volubile

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Joined: 29 Apr 2013
Posts: 1,948
Localisation: Strasbourg
Féminin Sagittaire (22nov-21déc)

PostPosted: Mon 15 Sep - 10:22 (2014)    Post subject: Le Chardonneret - Donna Tartt Reply with quote

Je lui tournais autour depuis quelque temps et j'ai fini par m'y plonger, "plonger" étant le mot qui convient tant il est difficile de s'arracher à ce bouquin, dès le départ, à son intrigue qui se déroule, rebondissant ici ou là au milieu de gerbes d'étincelles. Au fil d'une véritable histoire, forte et parfois poignante, drôle par moments et par la grâce de personnages habilement croqués, s'ouvrent des couloirs multiples qui font de ce récit à la fois une distraction et un support de réflexion, de sorte que chaque lecteur peut y trouver son compte.
Du grand art, ainsi que le dit Guylou, oui, en effet. Sans hésiter l'une de mes lectures préférées des derniers mois.

Et même si, de-ci delà, quelques "coquilles" sont venues me surprendre ( répétition de quatre "ma mère et moi" en l'espace d'une page, "synapse" accordée au masculin, personnage qui se délasse dans un bain chaud à l'issue d'un long et salissant voyage mais qui se réveille dans ses habits dégoûtants à la page suivante (?) ) Laughing Mais ça, c'est mon côté chipoteur, vite balayé par l'indéniable qualité du roman et par le grand plaisir de lecture qu'il m'a procuré !

Bref, à ne pas rater, les quasi 800 pages glissent comme une lettre à la poste.

@Guylou: Allô quoi pourrait-il se traduire par: "Oh, come on!" ?
_________________
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http://montrucenplume.over-blog.com/
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