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Les poèmes, jeu 106 A

 
Post new topic   Reply to topic    forum du cercle maux d'auteurs Forum Index -> ARCHIVES générales -> Archives des jeux d'écriture -> JEUX N°106 Printemps des poètes
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danielle
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Joined: 21 May 2010
Posts: 12,512
Localisation: St Etienne
Féminin Poissons (20fev-20mar)

PostPosted: Thu 27 Mar - 01:03 (2014)    Post subject: Les poèmes, jeu 106 A Reply with quote

Saltimbanques

Cracheurs de feu, mimes ou jongleurs,
Sous un chapiteau de nuit noire,
Le torse luisant de sueur,
Dansent dans le brasier du soir.


Sous un chapiteau de nuit noire,
Des flammes aux reflets rieurs
Dansent dans le brasier du soir,
Guirlandes d’ombres et de lueurs.


Des flammes aux reflets rieurs ...
Funambules sur leur perchoir ,
Guirlandes d’ombres et de lueurs,
Marchent sur le fil du rasoir.


Funambules sur leur perchoir
Enluminent les spectateurs,
Marchent sur le fil du rasoir,
Habiles, gracieux voltigeurs.


Enluminent les spectateurs,
La place, les murs, les trottoirs,
Habiles, gracieux voltigeurs
Ourlent le monde d’illusoire.


La place, les murs, les trottoirs,
Troubadours et bonimenteurs
Ourlent le monde d’illusoire
Pour la fête de Saint Sauveur.


Troubadours et bonimenteurs,
Folles rumeurs, récits de gloire,
Pour la fête de Saint Sauveur,
Les rues s’ornent d’or et de moire.


Folles rumeurs, récits de gloire,
Acrobates, clowns, danseurs,
Les rues s’ornent d’or et de moire,
La nuit se maquille en couleur.

Les amants artistes


L’ennui de mes journées se compte sur mes doigts,
Je couche les doux airs soufflés par mon amant
Sur le papier, complice et poison de mes nuits,
Diabolique héraut des lettres et des notes.


Sommeillent en vous les doux tourments de la foi,
Pourtant, fruit de nos plaisirs, l’Art jamais ne ment,
Les Contes, les rondeaux, s’accordent sans ennui
Chantres de notre amour, éternels patriotes.


Ton doux et beau visage vaut plus qu’une vie,
Ton être tout entier emplirait un roman
Dont les fils s’entremêlent comme ma raison
S’égare dans une diabolique folie.


Ballades, préludes, composés à l’envi,
Voyez comment m’inspire votre dévouement
Si mon corps faillit, si file l’inspiration,
Rebelle Indiana, devenez source de vie.


Mon ami, mon bien aimé, naguère stérile,
Mon âme un temps apaisée souffre la passion ;
Un feu aussi ardent que le soleil ibère
Me dévore avec violence et brûle mes peines.


La maladie me fuit, ne soyez plus fébrile,
Chassez Mélancolie drapée de suspicion
De Majorque à Gênes, Aurore, tout me libère,
Demain, seuls l’Art et l’Amour formeront nos chaînes.

A l’unisson chantons les mots qui nous rassemblent.
Aimons-nous, adorons-nous, et vivons ensemble.


Vahiné


Parure de ton dos, ta brune chevelure
À la fleur de tiaré dérobe sa senteur,
Tes gestes sont empreints d’une aimable lenteur,
Ton vêtement bleuté engonce ton allure.

Le soleil a poli la tendre ciselure,
Impudique beauté, de ton sein tentateur,
Sa rondeur exotique obsède le sculpteur
Qu’un désir amoureux emplit de sa brûlure.

Amante de Gauguin, le corps souple et doré,
Occulté sous les plis d’un costume abhorré,
Imposé par les Blancs que ta nudité gêne.

La mangue au goût sucré qui embellit ta main,
Apaisera ma soif, maintenant et demain,
Quand ma bouche mordra dans ce fruit indigène.

Ode à un art mineur


Sont-ils beaux, ces deux-là qui glissent sur la glace,
Dessinant sur le sol ces folles arabesques,
En lignes parallèles imprimant la surface
D’un motif évoquant une frise mauresque ?

En les voyant ainsi danser sur leur miroir,
In petto je disais : « Comme il me plait ce couple
Que la grâce marie sur cette patinoire
Dont ils peignent le blanc de leurs mouvements souples ».

Je me remémorais les danseurs isolés
Que j’avais vus avant, ballerins solitaires
Evoluant tout seuls sur l’étendue gelée
Comme des fiancés privés de partenaire.

On eût dit qu’ils devaient accompagner leur danse
De savants tourbillons, de pas sophistiqués,
Qu’il faut y ajouter l’adresse à l’élégance :
Simple flip, double axel, triple boucle piqué.

Et tout en admirant ces pantins courageux
Comblant d’habiles tours leur triste solitude
Je songeais que la danse, en la faisant à deux,
Sans le moindre artifice, atteint la plénitude.

Mais ce n’est pas surtout à ça que je pensais
(En mon âme une idée venait en parallèle) :
C’était à la chanson sur laquelle ils dansaient ;
Un air vif, enivrant comme une tarentelle.

Portés par une voix chaude de soprano
Les mots, semblant danser sur les notes magiques,
En elles se fondaient, composant un écho
Du couple en harmonie : paroles et musique.

Je la tenais enfin la belle métaphore
Comparant à chanson patinage artistique :
La belle mélodie rend le texte plus fort
Tandis que les mots donnent sens à la musique.

Quand j’entendais jadis, même par les meilleurs,
Affirmer doctement que la pauvre chanson
Ne méritait un rang que dans les arts mineurs
Je voulais aux railleurs donner une leçon.

N’en déplaise à certains musiciens cholériques
Aux poètes bornés qui lui donnent les verges
A Victor, défendant ses vers de la musique,
Aux muets virtuoses ; et même à toi, grand Serge !

La chanson c’est l’hymen entre déesse et dieu :
D’un bel échevelé perdu dans ses chimères,
Séduit par la sirène au chant mélodieux,
C’est Euterpe incarnée qui danse avec Homère.

Quand une poésie souligne la portée,
Quand le verbe est chanté, la plus humble harmonie
Par une voix humaine amplement exaltée
Résonne avec les mots comme une symphonie.

Perdez toute vergogne, oh vous, les saltimbanques !
Caressez vos pianos, grattez sur vos guitares !
Pour contenter nos vies, pour sûr, rien ne vous manque,
Vous êtes les enfants de Verlaine et Mozart.

Qu’ajouter à ce texte avant qu’il ne vous lasse ? :
Qu’il manque quelque chose à cette philippique :
Qui, comme un patineur orphelin sur la glace,
Déplore de n’avoir été mis en musique.


Cantabile ⃰ ( ⃰ Dessins de Claude Weisbuch)

Sur la scène encadré, cambré comme bois d’arc,
L’archet mimant la flèche à sa main virtuose,
Il s’incarne du geste et se métamorphose
Animé d’un élan concédé par les Parques.

Son beau frac en bataille obsolète vêture
S’agite chahuté des épaules aux pieds,
Quand le talent l’arrache à l’ancre du papier
Aux croches de ses doigts blanchissent les jointures.

Alentour allegro on entend ricocher
Des accords endiablés dont la rumeur étonne
Folle plainte tzigane errant au scopitone
Du tracé bousculé de notes décochées.

Dessous le concertiste une ombre de graphite,
Long fantôme grisé le retient à la feuille
Sombre ligne de fuite où se rassure l’œil
Troublé de contempler la mouvance inédite.

À la mine de plomb, au charbon du fusain,
La grâce du trait vif distille sa rythmique
Donne vie au tableau, esquisse une musique,
Chante deux arts distincts au scherzo du dessin.

Guernica Dysharmonica

Des armes, des larmes et les arts se lézardent
Floral à l’hallali

De l’angor des flammes, en ces corps des pangrammes
Alphabets disloqués

Déchirures viciées, reliures oubliées
Orphelins sans demain

Des juments de troupe, les langues en découpe
La morale immolée

De semblables items effaçables quand même
La Madone est aphone

Désole minotaure , révolte matador !
Or ment la mandragore

Art brut

A traits rageurs, sourde colère,
Larmes de sang et flammes rouges,
Sur la toile violentée,
Hurlent mon désespoir béant.

De bois, de cire et de carton,
Un bras plus court, gueule cassée,
D'une déesse, un port altier,
Je taille mon amour défunt.

Ouate collée sur fond d'orage,
Couleurs pastel entremêlées,
En mélopée, pleurent mon spleen
De ne plus me savoir moi-même.

Comme colonnes de fourmis,
Ou comme notes de musique,
Mon obsession de perfection
Range les points en file indienne.

Du fond d'oppressantes ténèbres,
Jaillit un éclair de lumière,
Flèche turquoise du pinceau
Clamant ma soif d'un avenir.

Portrait pour traits


Mademoiselle, vous me troublez
Vos yeux sont si doux
Que je voudrais m'y baigner
C'est vrai, j'en suis fou

Mademoiselle, vous me charmez
Votre beau sourire
Pourrait très bien me damner
Je préfèr' m'enfuir

Mademoiselle, vous me narguez
Peut-être pour vous amuser
Vos lèvres sont si fraîches
laissez-moi m'y abreuvez

Mademoiselle, que vous avez
De longs cheveux noir de jais
Offrez-m'en une mèche
Je la conserverai

Mademoiselle, vous voudriez
Je l'espère d'avance
Ecouter ma romance
"Je vous aime" sous-titrée

Mademoiselle, si vous voulez
Daignez que je vous amuse
Et vous chante mes couplets
Car vous êtes ma muse

Mademoiselle, vous m'ignorez
Pour faire semblant
Hier encore pourtant
Vos joues rosissaient

Mademoiselle, intimidé
Vous m'avez rendu
Je n'ose plus vous regarder
Je suis un diable perdu

Mais Mademoiselle, je le sais
Vous n'êtes pas pour moi
Alors si vous permettez
Avant que de moi
On ne parle plus qu'au passé
Car je vais me tuer
De chagrin, de regret
Laissez-moi vous offrir
Pour un prix de vos sourires
Un bouquet de rêves roses
Qui saura effacer
Cette chanson trop morose
C'est bien sûr pas grand chose
Vous méritez des roses
Mais cette mode a disparu
Elles ne s'offrent plus

Maudit tableau que vous êtes
Je suis à présent bien bête
De lancer sur un petit poème
Fleurs et un "je vous aime"


Grand-mère au piano

Croches et doubles croches, triolets fringants
En valse ou en rondo, nocturne ou menuet,
Ses doigts sur le clavier, caracolant légers
Les touches font chanter à deux temps, à trois temps.

Je l’observe pensif : dos bien droit, cheveux blancs
Limpide regard bleu dans le lointain fixé
Un sourire serein à ses lèvres accroché
Elle n’a rien perdu de son talent d’antan.

Je goûte émerveillé, ému, depuis le seuil,
Cette musique qui en dépit des écueils
Illumine sa vie et la lui fait aimer.

De toute partition elle a su faire son deuil,
Délaisser sans regret ces inutiles feuilles
Puisque ses pauvres yeux sont éteints à jamais.



Dans les yeux de Vincent


Que cherchait donc Vincent en traversant la France ?
Sans doute voulait-il rencontrer les saisons,
Découvrir les maisons, entre haies et jardins,
Et les gestes des gens penchés sur leurs travaux ...
Mais il cherchait surtout les ciels et la lumière
Qu'il découvrit enfin sur les rives du Rhône...


Aujourd'hui, il est là,
Juste au coeur des Alpilles,
Et ses yeux très clairs brillent
Aux parois des carrières,
De cette flamme intense
Qui nous scrute et nous trouble...

Sur les parois de craie,
Tous ses tableaux défilent
En une longue danse
Tandis que la musique de Saint-Saens ou Satie
Emplit la cathédrale, au rythme des images.

Dans les yeux de Vincent,
Des oliviers se tordent,
Et leurs troncs noirs défilent
Sur les coteaux ocrés .

Des barques colorées
Reposent sur la grève,
Près des Saintes-Marie,
Par une aube un peu grise.

Des champs d'abricotiers
Ou d'amandiers en fleurs
Cloisonnent des ciels bleus,
Et de lourds tournesols se penchent dans des vases

Dans les yeux de Vincent, une nuit étoilée
S'enroule, somptueuse, enluminant le fleuve
De liquides reflets, longues soieries noyées.

Une autre nuit s'avance ...
De hautes nuées sombres
Tournoient avec lenteur,
Orageuses menaces
Qui vont bientôt tonner.

Dans les yeux de Vincent, sous son chapeau de paille,
Dorment des moissonneurs étendus côte à côte
A l'ombre d'une meule.
Cet homme et cette femme, peuvent s'aimer d'amour,
Ils ne se touchent pas. Ecrasés de fatique,
Ils attendront le soir pour s'enlacer enfin.

Dans les yeux de Vincent, et sur sa barbe rousse,
Des rangs de vignes rouges s'embrasent dans le soir.
Des chemins en automne
Nous mènent aux jardins des longues promenades
Où les ombres des femmes
Passent sous les grands arbres .

Dans les yeux de Vincent, les lettres de Théo
Tracent des mots d'espoir, d'amour et de confiance.
Mais parfois la folie traverse son regard
Brillant comme une lame
Plongée dans un torrent descendu des montagnes.

Le regard de Vincent brouille nos yeux de larmes
Tandis qu'un violoncelle,
Fait monter sous les voûtes
Une suite de Bach qui pleure et puis s'apaise .

Dans les yeux de Vincent,
Passent une maison jaune,
Des corbeaux dans les blés,
Des cafés, des terrasses ,
Des iris violacés, serrés entre des buis,
Le cloître de l'asile aux allées de graviers,
La route avec cyprès menant à une église,
Un semeur au couchant quand le soleil se noie.

Et toutes ces splendeurs,
Lumières fragmentées, aveuglantes richesses
D'un talent torturé par des douleurs secrètes,
Sont comme des fenêtres
Qui permettent de voir plus loin que le réel...


( Cathédrale d'images .Les Baux- de- Provence 2008 . Spectacle Van Gogh)
_________________
Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites. J. Renard
http://danielle.akakpo.over-blog.com/
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