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texte en cinquième position

 
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Elanor
Conjonction volubile

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Joined: 13 Feb 2013
Posts: 349
Localisation: Suède
Féminin Balance (23sep-22oct) 狗 Chien

PostPosted: Thu 18 Apr - 14:54 (2013)    Post subject: texte en cinquième position Reply with quote

Bonjour à tous,

Je partage cette nouvelle historique qui a été classée cinquième au concours de la bibliothèque Loisirs et rencontres. La première partie de la phrase était imposée. Ce texte n'est pas réellement "médaillé", j'espère que j'ai quand-même le droit de la publier ici Rolling Eyes N'hésitez pas à commenter et pourquoi pas à me dire ce qu'il lui manque (selon vous) pour être sur le podium.

Une soirée remarquable

En ce soir hivernal, de grandes festivités se déroulaient à la cour de François 1er, lorsque j’arrivai au château, je fus étourdie par le foisonnement d’attelages rutilants, de toilettes éblouissantes et de pierres précieuses étalées aux cous, aux oreilles ou sur les vêtements des invités. Je ne profitai pourtant pas vraiment du spectacle… Le baleinage de mon corsage m’étouffait et je croulais littéralement sous le poids des perles brodées sur ma robe de velours grenat. J’avais l’impression que le cercle orné d’émaux qui fixait mon voile de soie blanche allait choir d’une minute à l’autre, me couvrant de ridicule à l’instant de paraître devant le roi et ses courtisans. Je regrettai soudain de ne pas être restée sagement dans mon manoir de campagne et d’avoir accepté l’invitation que le monarque avait lancée à toutes les jeunes femmes de la noblesse des environs. Ma tante Hélène, qui ne me quittai pas d’un pouce, avait tant insisté que je l’avais bêtement accompagnée à ce bal. Dieu comme je le regrettai à présent ! Comment imaginer que le roi allait me remarquer parmi les beautés qui déambulaient nonchalamment au milieu des dorures et des tapisseries ? Ma robe, qui m’était apparue comme une merveille de couture la veille, semblait terne et démodée comparée aux tenues des autres jeunes femmes. Mon visage même, qui passait pour agréable auprès de mes proches, m’apparaissait soudain insignifiant et sans intérêt avec ses yeux d’une couleur difficilement identifiable, entre le vert et le gris, son nez ni grand ni petit et sa bouche mince à laquelle il manquait cette pulpe sensuelle que semblaient posséder toutes celles que je croisais. Je n’avais qu’une envie, retourner chez mes parents et m’éloigner au plus vite de ce château, tout magnifique qu’il fut. Mais ma tante ne l’entendait pas ainsi et fondait de grands espoirs pour moi.
- Je suis sûre qu’il va te remarquer ! me répétait-elle sans cesse.

Emportées par l’essaim des courtisans qui se pressaient vers leur souverain, nous arrivâmes bientôt dans une vaste salle de bal où une foule de jeunes gens dansaient déjà au son des violes et des flûtes. Je tentai de me souvenir de mes leçons de danse et me lançai dans une pavane en maudissant mes souliers trop étroits qui me broyaient les orteils. Absorbée par mes enjambées maladroites et perturbée par l’odeur de peau de mouton aigre qui se dégageait de mon partenaire, je ne perçus les mouvements de bras éloquents de ma tante que trop tard… J’eus juste le temps d’apercevoir la fourrure du manteau et la plume du chapeau du roi qui dépassait d’un pied la moyenne des courtisans. J'eus au moins le loisir d’observer la reine Claude qui passa près de moi. A ma surprise, je découvris une petite femme sans charme, au strabisme divergeant et flanquée d’une jambe plus courte que l’autre. Ma foi, peut-être avais-je mes chances ! La voix puissante du monarque interrompit mes réflexions et retentit, couvrant le bourdonnement des invités :
- “ Mes amis, Nous vous avons réservé un spectacle de toute beauté ! Veuillez Nous suivre jusque dans la cour centrale ”
Ce fut alors une véritable cohue et je ne sentis plus que le bras d’Hélène qui m’agrippait et m’entraînait à la suite du souverain. Arrivées à l’extérieur saines et sauves, quelle vision surnaturelle nous attendait ! Des centaines de candélabres projetaient leurs lumières vacillantes dans la pénombre, un décor grandiose représentait la voûte céleste, les astres, la lune, les étoiles qui se mouvaient sur un fond bleu soutenu. L’effet était saisissant et donnait envie de contempler le tableau toute la nuit, malgré le froid qui commençait à faire bleuir mon nez et geler mes oreilles. C’est à ce moment précis que je remarquai qu’une de mes boucles manquait à mon oreille droite. Je revis soudain les traits sévères de ma mère lorsqu’elle m’avait confié ses bijoux splendides.
- Prenez-en grand soin, ma fille. Ces boucles sont d’une valeur inestimable. Elles m’ont été offertes par ma grand-mère à l’occasion de mon mariage. 
Il fallait que je retrouve la boucle égarée à tout prix ! Je laissai donc ma tante continuer à admirer les artifices royaux et je me retrouvai presque seule dans le palais, errant de pièces en pièces, cherchant partout mon précieux bijou. J’allais même jusqu’à soulever les tapis et inspectai en vain les moindres recoins des pièces accessibles du château.

Je fis si bien que je me perdis sur le chemin du retour vers la cour. Impossible de me repérer dans le dédale des salons, corridors, chambres d’apparat… Je me retrouvai ainsi au seuil d’un cabinet, résolue à demander de l’aide au premier que je croiserais, quitte à paraître idiote. Au moment d’entrer dans la petite pièce, je m’abstins pourtant, retenue par des chuchotements qui en provenaient. Je pus distinguer quelques bribes de la conversation et, intriguée, je me dissimulai derrière un panneau de la porte.
Tout fonctionne comme prévu pour l’instant, le roi ne se doute de rien... Êtes-vous prêt pour l’acte final ? murmura une voix d’homme.
Oui, le fauve est prêt et la fleur de lys tombera ! répondit une deuxième voix au fort accent étranger.
Je me penchai un peu afin d’entrevoir le visage des deux complices. Je ne réussis à voir que celui d’un vieillard à la longue barbe blanche et aux yeux encore vifs qui, à ma grande stupéfaction, disparut comme par magie sans utiliser la seule sortie de la pièce où j’étais précisément cachée. Je réalisai alors la gravité de la situation. Un complot ! Je venais d’être le témoin d’un complot ! Bien sûr, la fleur de lys symbolisait le roi… Ces odieux personnages voulaient tuer François 1er !
Mes jambes me portaient à peine mais je parvins néanmoins à quitter mon abri. Les idées se bousculaient dans ma tête. Qu’allais-je faire ? Il fallait prévenir le roi, mais comment ? Je devais déjà réussir à rejoindre la cour. Je sautai donc sur le premier domestique venu et lui demandai mon chemin d’une voix affolée. Il me renseigna d’un ton poli, quoique son regard indiqua qu’il pensait que j’avais perdu l’esprit. Mais peu m’importaient les considérations d’un valet, ma mission était capitale. Après une course dans les corridors du château, je retrouvai enfin la cour et ma tante qui s’inquiétait de mon absence prolongée. Je n’avais pas le temps de lui expliquer la situation, je devais trouver le roi et le prévenir. Au grand étonnement d’Hélène, je jouai des coudes, bousculai dames et seigneurs, piétinai même certaines jupes pour atteindre la famille royale. Mon passage suscitait cris et exclamations indignées, mais je n’en avais cure. J’allais sauver le roi d’une mort atroce.
J’arrivai enfin en vue du chapeau royal, lorsqu’à mon profond désarroi, je vis un énorme lion qui se dirigeait vers le souverain. Peut-être n’était-il pas encore trop tard pour le sauver ? Je me précipitai et m’interposai entre la bête et le roi en criant
- C’est un complot, Sire ! On veut Vous tuer ! 
Puis je fermai les yeux, prête à être dévorée par le fauve à la place du roi. Les secondes qui suivirent mon geste héroïque me parurent durer une éternité. Je m’étais instinctivement repliée sur moi-même, réalisant que je n’avais pas très envie de mourir. Je me consolais en me disant que le roi me remarquerait, finalement, même au seuil de la mort. Le silence funèbre fut pourtant bientôt rompu par un fort éclat de rire, suivi d’une hilarité générale. Qui trouvait l’audace de rire dans un instant si tragique ?
J’ouvris alors les yeux et me trouvai face au roi et à son entourage en proie à un fou rire non retenu. Je me tournai alors vers le lion qui, au même moment, s’ouvrit en deux et projeta des dizaines de fleurs de lys qui atterrirent sur ma robe grenat. Le vieillard que j’avais entrevu dans le palais s’avança alors et me dit en souriant :
- Mademoiselle, je suis flatté que mon automate vous aie fait si forte impression ! Heureusement, comme vous pouvez le constater, jamais fauve n’a été moins dangereux. 
Et c’est ainsi que le roi, et toute la cour par la même occasion, m’a effectivement remarquée lors de cette singulière soirée.
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PostPosted: Thu 18 Apr - 14:54 (2013)    Post subject: Publicité

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Tyu
Conjonction volubile

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Joined: 07 Jun 2010
Posts: 1,618

PostPosted: Fri 19 Apr - 12:03 (2013)    Post subject: texte en cinquième position Reply with quote

On est pris par cette histoire ! Mais on voudrait savoir si elle retrouve sa boucle d'oreille !
Quelques fautes de conjugaison : qui ne me quittai, je le regrettai (l'imparfait me semble préférable), qu'il fut, que mon automate vous aie..., le roi et toute la cour m'a remarquée, et puis "arrivées à l'extérieur, quelle vision surnaturelle nous attendait" > il est préférable que l'action d'arriver soit faite par le sujet du verbe qui suit ou bien que "arrivées" soit transformé en verbe ayant son propre sujet. "Quand nous fûmes arrivées, une vision nous attendait", ou bien : "arrivées (...) nous eûmes la surprise de....." 
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Elanor
Conjonction volubile

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Joined: 13 Feb 2013
Posts: 349
Localisation: Suède
Féminin Balance (23sep-22oct) 狗 Chien

PostPosted: Fri 19 Apr - 19:29 (2013)    Post subject: texte en cinquième position Reply with quote

Merci, Tyu pour ces corrections !
Moi qui râle tant après les fautes de mes élèves, j'en laisse toujours passer (surtout le passé simple, grrr...). La prochaine fois, j'écris tout au présent Wink
Quant à la boucle d'oreille, elle est malheureusement définitivement égarée !
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Armorique
Administrateur

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Joined: 05 Jun 2010
Posts: 4,961
Localisation: Dinan
Féminin

PostPosted: Sun 21 Apr - 08:14 (2013)    Post subject: texte en cinquième position Reply with quote

Jolie histoire avec un beau suspens. La jeune fille est bien décrite et on imagine son émoi. le retour sans la boucle d'oreille n'a pas dû être évident...
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La vie n’est pas d’attendre que l’orage passe, c’est apprendre à danser sous la pluie. Sénèque
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Elanor
Conjonction volubile

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Joined: 13 Feb 2013
Posts: 349
Localisation: Suède
Féminin Balance (23sep-22oct) 狗 Chien

PostPosted: Sun 21 Apr - 21:01 (2013)    Post subject: texte en cinquième position Reply with quote

Merci Armorique !
Effectivement, elle a dû passer un mauvais quart d'heure en rentrant Laughing
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