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Les textes du jeu N°79

 
Post new topic   Reply to topic    forum du cercle maux d'auteurs Forum Index -> ARCHIVES générales -> Archives des jeux d'écriture -> Printemps des poètes N°79
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danielle
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Posts: 12,567
Localisation: St Etienne
Féminin Poissons (20fev-20mar)

PostPosted: Sun 4 Mar - 23:35 (2012)    Post subject: Les textes du jeu N°79 Reply with quote

PETITE PEUR ENFANTINE


Le ciel soudain se noircit
Et les nuages
Comme des personnages
Nous firent la nuit.
Les lumières artificielles
S’éteignirent
Sans doute coupées par le vent.
Les fils nous apportant
La clarté
Avaient du être foudroyés.
Nous restions seuls
Dans la maison isolée.
Et nous pensions très fort
Que nous avions très peur !
Peur des éclairs
Qui envahissaient le ciel,
Peur du tonnerre,
Peur tout court
De tout …
Tremblants de froid aussi
Les oreilles aux aguets,
Nous guettions les bruits
Mais il y en avait trop
Pour que l’on puisse
Sans se compromettre
Les reconnaître.
Nous nous serrions
Les uns aux autres
Et nous attendions,
Guettant à la fenêtre
L’éclaircie, l’embellie
Qui nous ferait renaître.
Le jour se leva
Le tonnerre cessa
Les nuages repartirent
Et nous pûmes enfin rire
Du moins sourire
De délivrance et de plaisir !
La peur était vaincue
Que nous avons cru !
Cela nous faisait plaisir
De savoir que nous étions les maîtres
De ces éléments et ces tempêtes
Et pourtant que nous étions petits !
Seuls, trois enfants
Dans le même lit !


La ronde étoilée


Enfance, mot magique évoquant l'insouciance
Des rires et des câlins, le soir au coin du feu,
Un lit aux draps brodés, des bonbons et des jeux,
Et des parents comblés empreints de bienveillance.

A sa mère attentive au-dessus du berceau,
L'angelot potelé tend, charmeur, sa menotte ;
Il pépie, son sourire éclairé de quenottes
Tandis que son grand frère fait rouler un cerceau.

Au jardin, les bambins jouent au loup, à cachette,
Glissent des toboggans et montent dans les arbres,
Veillés paisiblement par les statues de marbre
Trônant sur des pelouses blanchies de pâquerettes.

Images d'Épinal, les Petits Livres D'or
Offrent des nids douillets, des foyers pleins d'amour,
Des pères Noël joufflus, des nuitées et des jours
Qui s'écoulent, sereins, comme autant de trésors.

Il est pourtant, ailleurs, un horizon plus triste,
Des enfants au teint gris, ombres trotte-menu,
Contraints pour se nourrir de mendier, les mains nues,
Sous le regard placide et blasé des touristes.

Et en les regardant, j'ai le coeur qui se serre.
Je pense à l'avenir, à la fraternité
Et rêve de créer, en toute liberté,
Une ronde étoilée des enfants de la Terre.


14-18

Seul.
Enroulé dans sa peau
Armé jusqu'aux dents
guettant l'ennemi

Il pue
transpire la crasse
gratte ses croûtes
jusqu'au sang
jusqu'à l'os

dans sa tranchée
dévastée
fume sa cibiche
proie de la peur
et de la haine

entend l'avancée
inexorable
de ceux dont il est
l'unique cible
l'unique but
le terminus

on l'appelle
on le cherche
on crie son nom
de déserteur

les voix vrillent son crâne
comme pointes acérées
malgré le casque
on veut sa tête au bout du pic
sa reddition

au troisième cri
il se relève
rajuste ses frusques
et bravement
le poing fermé
il se rend

se rend à table où sont assis
son père
sa mère
son frère et puis sa sœur

La malle de l'enfance

Une pomme d'api, un potage alphabet,
A l'heure du goûter le pain d’épice en cœur,
Un vélo partagé, des genoux couronnés,
Deux lavoirs accolés quand l’été fait torpeur.

Élans de badminton, le tilleul en flocons,
Une rampe en écailles, des saveurs alignées,
Les neuf ponts, la vigie et moussu le ponton,
Émotions arc-en-ciel, hippocampes au filet.

Des marrons dans leur bogue et du givre en dentelles,
Le jacquard tricoté, la flûte dans la huche,
De congères en gadins, treize-desserts-la-bûche.

Tirades en enfilade et cloche ribambelle,
Des rêves en suspension, des jeux d'ombres aux remparts,
Sur vinyl l'âge tendre et le chant du départ.

Ricochets

Les ricochets de mon enfance,
Dans la remise aux souvenirs,
A l’assaut de mon cœur s’élancent,
Dansent la valse des soupirs.


Dans la remise aux souvenirs,
Les feuilles mortes des vacances
Dansent la valse des soupirs.
A tâtons dans le noir, j’avance.

Les feuilles mortes des vacances
Jonchent le sol de mon empire.
A tâtons dans le noir, j’avance,
Fleurs oubliées je viens cueillir.


Jonchent le sol de mon empire,
Trésors fanés de mon absence.
Fleurs oubliées je viens cueillir,
Dentelle, vaisselle, faïence.


Trésors fanés de mon absence,
Billes de verre, poupées de cire,
Dentelle, vaisselle, faïence,
Le passé, peu à peu, m’aspire.


Billes de verre, poupées de cire,
Photos jaunies, correspondance,
Le passé, peu à peu, m’aspire.
Les ricochets de mon enfance…


Soldat

Oui, c'était moi, je me rappelle,
Ce garçon dont le coeur battait
A l'annonce de la nouvelle:
Mon grand frère, enfin, revenait.

Je l'attendais dans une gare
Qui a maintenant disparu:
Des lilas fous près d'une mare,
Un coup de sifflet éperdu...

J'imaginais que mon idole,
En treillis façon léopard,
Des galons dorés à l'épaule,
Aurait l'Aurès en son regard.

Quand il sauté du convoi,
Le soldat maigre à la peau claire
A marché aussitôt vers moi,
Disant:" T'as grandi, petit frère!"

Il n'avait plus son uniforme.
Il a couru vers la maison,
Un merle sifflotait dans l'orme
Maman pleurait sur le perron.

C’était la fin de mon enfance...

A partir de ce matin-là,
J'ai appris le mot tolérance,
Et n'ai plus joué au soldat.

Les dessins de Louise

Dans la grande maison inondée de lumière
Louise s’est réveillée et levée la première.
Aujourd’hui pas d’école, on s’en va chez Mamie
Robe rouge, gilet blanc et bottines vernies.

Très vite installée sur la table du salon
La fillette chantonne en prenant ses crayons
Du rouge pour la maison, du bleu pour les fleurs
Maintenant le jardin, quelle sera la couleur ?

Les feuilles se remplissent d’un immense arc-en-ciel
Et s’envolent partout comme des hirondelles.
Les dessins de Louise, sucrés comme des bonbons
Ils feront très bientôt la joie de Deux Tontons.

Nos mains

Tu avais pris ce pli dans ton âge enfantin
En tout lieu, en tout temps, de me tenir la main
D’une pièce à une autre, au jardin, au marché,
Au retour de l’école, ma puce, tu trottais
À ma main accrochée. Petite bouille ronde
Avais-tu déjà peur de l’affronter ce monde ?
Ressentais-tu déjà ses pièges, ses tourments
Les combats à livrer, les regards méprisants
Sur ton teint pain d’épice et tes boucles d’ébène ?
Elles rôdent partout la bêtise et la haine.
Toi mon petit bonheur avide de tendresse,
Fragile et angoissée, assoiffée de caresses,
Te souviens-tu encore de Poussière d’étoile
Ou de Croissant de lune, ou du Ciel qui se voile
Berceuses de mon cru, chantonnées à mi-voix
Que plus tard, riant, tu reprenais avec moi ?
Nous avons partagé tant de moments précieux
Je suivais tes lectures, accompagnais tes jeux
J’ai souvent cuisiné, cousu, téléphoné
Ta menotte à ma jambe, à ma jupe agrippée.
De me tenir la main bien sûr tu as cessé,
Sans pour cela briser notre complicité.
Un mot ou un regard suffisent à toute heure
À me faire pressentir tes soucis, tes bonheurs.
Est-ce présomptueux de ma part de penser
Que ce lien que jamais rien ne saura trancher
Cette chaîne d’amour dès le berceau nouée
T’a insufflé la force en tout de t’affirmer
Et de faire la nique aux tristes préjugés ?
Tu as pris ton envol comme un beau papillon
Tu fais ce que tu aimes, j’admire ta passion.
Derrière le maquillage appliqué savamment,
Sais-tu ce que je vois ? Ta frimousse d’enfant.
Dans ta voix assurée qui parfois me sermonne
C’est un timbre chéri qui à jamais résonne
Cette façon à toi de murmurer maman
De le crier, pleurer, le cajoler : maman…
Le temps passe et ne me consent pas de cadeau
Pas plus à ma mémoire qu’à mes pauvres vieux os
Quand j’aurai trop de peine à tracer mon chemin
Ma fille tu sauras me prendre par la main.

Pomme-pomme girl


Avec tes vingt kilos, ta hauteur de trois pommes
Tu passes tes journées à jouer à la marelle
A 6 ans, c'est facile, pour atteindre le ciel
Faut sauter sur un pied en machant du chewing gum.

Et même si tu trébuches et que tu t'hématomes
Ton papa, ta maman, accourent et te rassurent,
Déposant des baisers pour soigner tes blessures,
C'est bien plus efficace que le mercurochrome.


Les hanches un peu plus large, les seins ronds comme des pommes
Tu ranges tes poupées et puis te le deviens
A 15 ans, c'est facile, il te faut trois fois rien
Pour faire tourner la tête au premier des bonhommes.
Tu te sais désirable, tout en haut du podium
Tu joues de ces regards qui sont faits de promesses
D'un futur incertain. Tu refuses, et puis laisses
S'ouvrir les grandes portes de ton petit royaume,
Au prince charmant qui te fait croquer la pomme
Et s'offre en trophée le coeur de ton enfance.
A 20 ans, pas facile de changer en silence
Ses rêves de gamine en de sombres fantômes.
Tu cries à en pleurer, tu cours et t'époumonnes
Tu t'essouffles en grossesses, tu accouches d'autres vies
En avortant la tienne. Ta jeunesse s'enfuit
Emportant tes chimères ad vitam aeternam
Et tu finis flétrie comme une vieille pomme
Toute ratatinée par le poids des reproches
A 100 ans, pas facile, la caboche s'effiloche
Et les souvenirs tournent en boucle dans l'aquarium.
Alors, alors, alors....
Alors petite fille, gave toi d'innocence
Saoule toi de tes rêves, noies toi dans l'insoucience
Profites de ta joie chaque jour et chaque heure
Car la vie n'est qu'un fil et l'enfance n'est qu'un leurre.

L’ENFANCE ENVOLEE

Dans le jardin,
Sous le lilas,
Tu pris ma main
Cette nuit-là…

La lune en tes prunelles
Reflétant la passion
Me faisait lire en elles
Comme une invitation.

Le parfum qu’exhalaient les fleurs,
Et l’appel vibrant de tes yeux,
Vinrent à bout de ma candeur
Et je me fis plus audacieux.

Vers un petit bosquet, nous nous sommes enfuis ;
Où nous jouions la veille, ainsi que des enfants.
A l’abri des regards, nous passâmes la nuit
A inventer pour nous des jeux moins innocents.

C’en était fait de nos seize ans
Et de notre monde enfantin ;
Nous redoutions, comme des grands,
La venue du petit matin.

Quand le premier rayon
Du soleil apparut
Un vol de papillons
S’éleva dans les nues.

Adieu l’enfance !
Cette nuit là
C’est l’innocence
Qui s’envola…

Evolution par l’enfance


Le mal a le talent à travers les humains,
De prendre de l’ampleur, de flatter la souffrance,
Des riens accumulés entraînent dans la danse,
Nombreux enfants perdus qui plongeront demain.

Nous ne pouvons rester, aveugle à l’image,
Qu’ils reçoivent partout de la loi du plus fort,
Puis nous complaindre ensuite en voulant des renforts,
De leur soif de pouvoir qu’ils transforment en rage.

Devons nous leur donner les armes nécessaires,
Pour tirer leur épingle, éviter d’être cibles,
Vile acquisition au dépend d’autres faibles,

Pour regretter après, retraite sans envie…
Rassemblés en discours, chacun pour soi en vie ;
Restons demain ensemble en devenant des pairs !

L’enfance n’a pas d’âge

L’enfance n’a pas d’âge et je vais le conter.
Marie est centenaire en ce jour de printemps.
Telle une petite fille, elle n’a pas de soucis
Et saisit gaiement ce qui n’a pas de prix …

Depuis sa fenêtre à la maison de retraite,
Elle contemple chaque jour un unique paysage.
Elle s’extasie pourtant sur la beauté du ciel,
Sur la fleur qui s’ouvre ou la rosée qui perle.
Ce cent- unième printemps est le plus beau de tous
C’est celui d’aujourd’hui et celui qui la pousse
À se réjouir de tout.
Les rides de ses joues ne sont que des fossettes,
Les chemins sinueux qui ramènent à l’enfance
De la jolie fillette qu’un jour elle a été.

L’enfance n’a pas d’âge, c’est un état d’esprit.
Marie, regarde avec pitié ses compagnes gâteuses,
Elle confie néanmoins, d’un petit air coquin :
« Il ne faut pas se moquer, on ne sait ce que l’avenir
Pourrait me réserver… »

L’enfance a mille visages, selon où l’on se place.
Marie avait cinq ans et mordait dans la vie
Elle a cent ans déjà et devant le miroir
Peignant ses cheveux blancs,
Voit les deux nattes d’antan,
Et c’est une gamine qui lui tire la langue !

L’enfance est virevoltante au rythme des saisons.
La jeunesse au printemps est souvent assemblée
L’automne et la vieillesse sont aussi accouplés.
Est-ce la vérité?
Qu’importe !
Ce qui compte c’est la joie, le bonheur, le soleil et la frivolité !

L’enfance n’a pas d’âge, elle est dans notre tête,
Si on nous l’a volée à l’aube de notre vie
Il faut la retrouver et tout comme Marie
Penser que chaque matin est une petite fête !




L’enfant

Ecris et crie, enfant de rire, enfant de larmes !

L’enfant griffonne à fins traits blancs l’azur du ciel.
De son gros feutre blanc-gris-blanc, l’enfant efface
Et recommence à dessiner le bruit du vent.
L’enfant est prince, aventurier, passeur de rêve.

Le renard vient, le renard vole, le renard vit.
Le renard prend, le renard vole, le renard griffe.
Le renard ne sait pas, le renard ne voit pas,
Il ne connaît le bien du mal.

L’enfant sursaute, il crie, il pleure.
Le renard l’a mordu,
Et de sa plaie coule un sang vif,
Le sang de la terre et du temps.

Le renard a mordu. Le goût du sang et de la peur
Dans sa gueule enflammée le livre à l’ivresse, à la mort.
L’enfant le sait, l’enfant le voit.
Et pour protéger son dessin, l’enfant le tue,

L’enfant a pris des crayons mauves et pourpres
Pour repeindre le ciel. Les nuages se sont tus,
Le vent s’est fait silence et calme.
L’enfant est roi, et en roi sage, il crée le rêve.

Ecris et crie, enfant de paix, enfant d’amour !


Là-bas

Ferme les yeux petite fille et regarde là-bas,
Au-delà des montagnes la terre de ton sang
Renaît en ton esprit mélancolique.
Elle coule dans tes veines
Et surgit chaudement.

Il est un pays si doucement merveilleux
Que les hommes aiment les femmes
Ni jaloux ni féroces, ni tyrans ni violents.

Ferme les yeux petite Toscane et regarde là-bas,
Entre les collines l’onde déverse l’eau vive,
Elle nourrit les flancs verdoyants
Des hauteurs sauvages
Et ses terres ancestrales.

Les bergers d’antan chantaient leur joie,
Louaient les pâturages de leur enfance,
Pleuraient leur peine d’exilés affligés.

Ferme les yeux petite Florentine et regarde là-bas,
Patrie protectrice où te porte ton cœur ;
Eblouie par les façades colorées,
Tu aimes le luxe ostentatoire
Et adores le vertige qui te prend.

Palais austères et places imposantes,
Bronzes nerveux et marbres torturés,
Là, tout n’est qu’art et beauté.

Ferme les yeux petite Romaine et regarde là-bas
Derrière les vieilles ruines des empereurs,
Vestiges d’une grande civilisation,
A jamais enterrées sous tes pieds,
Détruites par nos tourbillons,
Au sud englouties par la lave.

Les pas piétinent aujourd’hui les voies pierreuses
Qu’ont ornées tant d’hommes avilis, martyrisés
Au nom de la patrie et du peuple.

Ferme les yeux et ne pleure pas ma belle,
Tu aurais pu être cette petite fille.
Ses paysages étaient les tiens,
Sa langue était la tienne,
Car sa vie est la tienne.

La terre de tes ancêtres vit au fond de toi,
Tu l’aimes et la chérit sans cesse
Pour que jamais tu n’oublies celle que tu fus autrefois.
_________________
"J'ai appris qu'une vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut une vie"A. Malraux
http://danielle.akakpo.over-blog.com/
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