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Faute d'amour AndreÏ Zviaguintsev

 
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ysiad
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MessagePosté le: Lun 25 Sep - 13:01 (2017)    Sujet du message: Faute d'amour AndreÏ Zviaguintsev Répondre en citant

Toute l’histoire de ce film est comprise dans son titre. Dès les premières et très belles images d’une forêt cristallisée sous la neige, derrière laquelle on devine des bâtiments modernes de béton gris, le spectateur pressent un univers d’une froideur absolue. D’emblée, Zviaguintsev nous y fait entrer avec une scène de dispute entre Boris et Genia où la haine atteint des sommets. Cela n'aurait pas tiré à conséquence s’il n’y avait eu entre eux un garçon de 12 ans, leur fils Boris, pris en otage dans le conflit sanglant qui oppose ses parents. Ils sont si férocement préoccupés de leur situation qu'il leur faut plus de 24 heures pour réaliser que Boris a fugué.

Dans cet intervalle, Genia a le temps d'aller retrouver son homme d’affaires fortuné avec lequel elle a une liaison, et Boris, la très jeune femme qu’il a mise enceinte. L’amant de Genia n’a aucun point commun avec Boris ; la maîtresse de Boris est aussi fraiche et naïve que Genia est froide et déterminée.

Cette histoire illustre bien d’autres antagonismes, tel celui opposant la réalité cruelle au déni rassurant dans une scène à la morgue, cet autre opposant Genia à son épouvantable mère paranoïaque et cruelle qui ne l’a jamais aimée (et qui l'a rendue telle qu'elle est aujourd'hui : incapable d'aimer son fils), cet autre opposant la Russie à l’Ukraine au moment de l’histoire, cet autre encore opposant la police russe bureaucratique et sans état d’âme au GRED, le groupe de recherche des enfants disparus, composé de bénévoles volontaires, courageux et organisés, qui vont quadriller la ville et la forêt pour tenter de retrouver Boris. Liste non exhaustive.

Les images du film, toujours épurées et poétiques, permettent de prendre la dimension de l’univers dans lequel nous sommes embarqués, où le progrès technologique fait de l’écran proliférant sous toutes ses formes le centre névralgique de la décadence de nos sociétés, et de l’être humain un robot arrimé à son téléphone, abusant de son usage, uniquement préoccupé de son image et de son exposition au regard des autres sur les réseaux sociaux, où la nature peine à défendre ses droits contre des cités inhumaines, où l’unité de la Russie n’existe plus, où la poésie se réfugie dans un geste d’enfant lançant un ruban de plastique dans l’air, comme un signe désespéré pour revendiquer le droit de rêver.

Ce film éblouissant, tant au niveau du contenu, de la construction que du traitement de l'image et des dialogues, a reçu le Prix du Jury à Cannes.

Je vous conseille très vivement d'aller le voir !
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MessagePosté le: Lun 25 Sep - 13:01 (2017)    Sujet du message: Publicité

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ysiad
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Inscrit le: 11 Juin 2010
Messages: 295
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MessagePosté le: Mer 27 Sep - 13:39 (2017)    Sujet du message: Faute d'amour AndreÏ Zviaguintsev Répondre en citant

Toute l’histoire de ce film est comprise dans son titre. Dès les premières et très belles images d’une forêt cristallisée sous la neige, derrière laquelle on devine des bâtiments modernes de béton gris, le spectateur pressent un univers d’une froideur absolue. D’emblée, Zviaguintsev nous y fait entrer avec une scène de dispute entre Boris et Genia où la haine atteint des sommets. Cela n'aurait pas tiré à conséquence s’il n’y avait eu entre eux un garçon de 12 ans, leur fils ALIOCHA, pris en otage dans le conflit sanglant qui oppose ses parents. Ils sont si férocement préoccupés de leur situation qu'il leur faut plus de 24 heures pour réaliser que Boris a fugué.

Dans cet intervalle, Genia a le temps d'aller retrouver son homme d’affaires fortuné avec lequel elle a une liaison, et Boris, la très jeune femme qu’il a mise enceinte. L’amant de Genia n’a aucun point commun avec Boris ; la maîtresse de Boris est aussi fraiche et naïve que Genia est froide et déterminée.

Cette histoire illustre bien d’autres antagonismes, tel celui opposant la réalité cruelle au déni rassurant dans une scène à la morgue, cet autre opposant Genia à son épouvantable mère paranoïaque et cruelle qui ne l’a jamais aimée (et qui l'a rendue telle qu'elle est aujourd'hui : incapable d'aimer son fils), cet autre opposant la Russie à l’Ukraine au moment de l’histoire, cet autre encore opposant la police russe bureaucratique et sans état d’âme au GRED, le groupe de recherche des enfants disparus, composé de bénévoles volontaires, courageux et organisés, qui vont quadriller la ville et la forêt pour tenter de retrouver ALIOCHA. Liste non exhaustive.

Les images du film, toujours épurées et poétiques, permettent de prendre la dimension de l’univers dans lequel nous sommes embarqués, où le progrès technologique fait de l’écran proliférant sous toutes ses formes le centre névralgique de la décadence de nos sociétés, et de l’être humain un robot arrimé à son téléphone, abusant de son usage, uniquement préoccupé de son image et de son exposition au regard des autres sur les réseaux sociaux, où la nature peine à défendre ses droits contre des cités inhumaines, où l’unité de la Russie n’existe plus, où la poésie se réfugie dans un geste d’enfant lançant un ruban de plastique dans l’air, comme un signe désespéré pour revendiquer le droit de rêver.

Ce film éblouissant, tant au niveau du contenu, de la construction que du traitement de l'image et des dialogues, a reçu le Prix du Jury à Cannes.


J'ai repris mon commentaire avec le nom du garçon : ALIOCHA, et non BORIS, qui est le nom du père. Désolée pour la confusion.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:52 (2017)    Sujet du message: Faute d'amour AndreÏ Zviaguintsev

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