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Les textes du jeu 142 A

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    forum du cercle maux d'auteurs Index du Forum -> ARCHIVES générales -> Archives des jeux d'écriture -> JEU N°142 A Printemps des poètes
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MamLéa
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Inscrit le: 06 Sep 2014
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MessagePosté le: Mer 22 Mar - 21:27 (2017)    Sujet du message: Les textes du jeu 142 A Répondre en citant

Aux mille collines

Au centre de la toile, un pinceau délicat
Nous offre un paysage aux teintes d’émeraude.
Bananiers nonchalants, une chèvre en maraude
Peuplent des monts perdus, paradis sans tracas.

Dans ces vertes collines, tout respire la paix.
Loin du fracas pesant d’immondes métropoles,
De rustiques hameaux, minimes acropoles,
Exhalent leur haleine aux effluves épais.

À l’angle du tableau, s’extirpant de ses affres,
Une femme pourtant, meurtrie de cent balafres,
Tente, désespérée, d’échapper aux tourments.

Las, d’un trait résolu, le peintre aux doigts rageurs,
En maître de son art, pareil aux dieux vengeurs,
La rejette à l’horreur d’injustes châtiments.


--------------------

Racines

Par un matin mutin d'un automne monotone
Parrain m'a teint la tête pour m'emmener au village.
La terre ocre a sali mon pagne de cretonne
Tels ceux qui, comme moi, marchaient dans son sillage.

Parrain ne souffre pas de notre couleur de peau,
La sienne est plutôt claire comme l'intérieur des mains.
Il nous mène tous au pas, levant haut son drapeau
Et nous force à chanter tout au long du chemin.

Je l'appelle Parrain comme nous l'appelons tous
Mais il n'est pas vraiment quelqu'un de ma famille.
C'est un homme qui parcourt tous les camps de la brousse
Avec de beaux habits et un bâton qui brille.

Ce bâton est magique et sait cracher un feu
Si rapide et si fort qu'il peut ôter la vie.
Mais Parrain est gentil et ne s'en sert que peu
Nous mener au bonheur est bien sa seule envie.

C'est du moins le message qu'il livre à nos parents
En offrant des tissus et des perles de couleur.
De notre proche retour, il se porte garant,
Riches de moult trésors d'inestimable valeur.


Quatre nuits ont passé lorsque devant mes yeux
Se propose un spectacle fort extraordinaire :
Là où meurt la forêt, court un sable soyeux
Vers un lac infini que Parrain nomme la mer.
Des oiseaux inconnus profèrent des menaces
À l'encontre des flots qui roulent leur paresse.
Nous marchons jusqu'à l'heure où le soleil trépasse
Et qu'à nos yeux surpris un village apparaisse.


Un village si grand qu'il en contiendrait mille
Où les cases sont hautes et curieusement rangées
Comme disposées là par une main habile
Pour montrer qu'à cet art nous sommes étrangers.


Notre chemin s'achève vers plus étrange encore :
Construites tout en bois, de gigantesques cases
Reposent sur les eaux par un curieux accord.
Elles dressent vers les cieux leurs arbres en extase.


Des hommes s'en échappent dont je crains le regard.
Leur peau est bien plus pâle que celle de Parrain.
Il s'exprime avec eux, sous nos visages hagards,
Dans une langue inconnue, sans doute celle des marins.


Je comprends tout soudain le malheur qui nous touche.
Les hommes nous rudoient, nous tâtent et nous auscultent
De la plante des pieds jusqu'au fond de la bouche,
Comme des bêtes de somme indignes du moindre culte.


Voilà la nuit en fuite, tout comme notre mentor.
La cale sent la colère, la tristesse et la peur.
De lourds fers à nos pieds ! Vivre, notre seul tort !
Et la chaleur putride de nos corps en torpeur !


Par deux planches disjointes, la terre à l'horizon
S'éloigne lentement, glacée comme un adieu.
Reverrais-je un beau jour le seuil de ma maison ?
Où m'emmènent ces hommes et leur drôle de Dieu ?


Tous les cris et les pleurs ont fini par se taire
Sage raison et folie se disputent l'équilibre.
Et lors qu'un sort injuste me soustrait à ma terre
Ma vie n'est qu'une pensée : vivre… mais vivre libre !

--------------------

La muse et le continent

« Muse, je dois écrire un texte sur l’Afrique. »
« Alors, dis-moi, poète, est-ce un concours à fric ? »
« Non il n’y a même pas un dinar à gagner,
Pas davantage de livres, encore moins de guinées »
« Rien ? Peau de balle, nihil ? Alors là tu Chari »
En entendant ma muse dire « peau de balle » j’ai ri.
« Ecrire sans mon aide te fera le plus Gambien »
« Mais vois, sur mon doigt, là, je me suis fait Bobo,
Sur le clavier je souffre quand je tape les mots »
« C’est une égratignure, allons, c’est très Bénin ;
Ce n’est qu’un a-Lybie. Si les touches te piquent
Alors prends un stylo, écris tes mots en Bic.
Ainsi, ça Peuhl le faire, don’t Caire, it’s time To Go,
On roule en bicyclette quand manquent les autos. »
Je vois pas le rapport avec le balafon
C’est une méchante femme, et je suis un gars bon.
Assis sur mon dur banc, mon égérie partie,
Je me Mar,oc-ombien de calembours on dit.
Que la rime soit présente, ou bien la rime pas là.
Je me tenais les côtes d’y voir tous ces mots-là.
Quittant les habits de Paul, je mis les Abidjan
Et ma muse resta aux Gabonais absents.

--------------------

Afrique


Retour au village
tout le monde m'accueille en joie
couscous lait caillé


Sous le baobab
le griot chanteur d'histoires
berce les âmes


Pleure pas mon bébé
berceuses pour toi mon trésor
cocon de caresses


Peau moirée d'ébène
sensuelle cambrure
élan de gazelle


Marigot en délire
effervescence d'ailes
zébrures d'argent


Le tronc tient la branche
ne laisse aucun souvenir
s'accrocher aux épines


Ligne d'eau de terre
diamant bleu taillé dans le ciel
harmonie de lumières

--------------------

Haïkafricains

Dans l’air poudré d’or,
Douze chameaux déambulent
Sur le dos des dunes.


Coiffées d’un panier,
Les femmes vont au marché,
À pas chaloupés.


Le son des tam-tams,
Le feulement des grands fauves
Emplissent la nuit.


Quittant le Djébel,
La caravane rejoint
L’erg aux crêtes rousses.


Des chèvres chétives
Grimpent dans les arganiers :
Festin assuré !

---------------------

La couleur de la peur


Je m'appelle Fatou, mon pays depuis toujours
Vit au rythme des approvisionnements en eau.
Je suis la plus jeune des femmes
Responsables de cette tâche.
Demain on me marie et j'ai peur !

Je m'appelle Fouzia, et mon pays si beau
Est désormais soumis à l'homme blanc.
Il s'est approprié les ressources et les gens
Comme des biens qui lui étaient dus.
Ma petite sœur a été insultée et j'ai peur !

Je m'appelle Awana, mon pays est enfin libre.
Les femmes continuent de puiser l'eau
Et marchent pieds nus sur le chemin
De plus en plus long jusqu'au puits qui s'assèche.
L'avenir me fait peur !

Je m'appelle Néné, j'ai quitté mon pays
Pour vivre à Paris une vie meilleure.
Je suis grande aux allures androgyne
J'aime une autre femme qui m'aime aussi
Mais je le cache car j'ai peur.

Je m'appelle Tanella, négresse, noire ou black,
Loin de mon pays de guerre et de misère
Où les enfants meurent de faim dans des camps.
Dans une "marche pour la justice et la dignité"
Je crie mon espoir de vaincre la peur.


-------------------

Rite ancestral

Les guerriers amorcent une danse frénétique
Masqués, machettes brandies et chants magnétiques
Aux djembes, les mains rythment le rite ancestral
Sur de rêches peaux de chèvres du Sénégal

Blotti contre ma mère, je contemple en silence
L’inquiétant spectacle des jeunes mâles en transe
La musique mue en une étrange fureur
En mon cœur, l’allégresse cède à la stupeur

Je comprends qu’ils miment quelque combat singulier
Autour d’un bœuf qui se croit leur allié
Tribu extasiée devant une bête apeurée
Quand les lances acérées trouent la robe moirée

Des larmes de sang se déposent sur mes lèvres
Aussitôt, le goût âpre de la mort m’enfièvre
Les doux bras de ma mère enserrent mon corps tremblant
Etourdi, un voile m’enveloppe à présent.
_________________
“Il écrit si bien qu'il me donne envie de rendre ma plume à la première oie qui passe.”
Fred Allen
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MessagePosté le: Mer 22 Mar - 21:27 (2017)    Sujet du message: Publicité

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