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Le Tsang

 
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Tyu
Conjonction volubile

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MessagePosté le: Sam 10 Sep - 10:10 (2016)    Sujet du message: Le Tsang Répondre en citant

Le Tsang


Le Tsang, 6400 mètres d’altitude, une porte ouverte sur le Tibet et le Népal, c’était le but du voyage pour ces alpinistes autoproclamés dont je faisais partie.
D’abord insignifiant, ce sommet perché sur l’horizon ne cesserait de grandir, d’occuper les pensées et les rêves au cours de la marche d’approche d’une dizaine de jours qui nous attendait : nous allions remonter de vastes vallées semées de villages où nous nous arrêterions pour boire des cruches de chang, cette bière d’orge préparée dans chaque maison. Et puis, un jour, les maigres cultures feraient place à des pâturages où des bergers et leurs yacks passaient l’été.

L’ascension était prévue pour le surlendemain. Nous avions droit à un jour de répit.
Le lendemain matin, nous ne fûmes pas pressés de sortir du duvet, d’abord, de la tente, ensuite : il gelait. La journée se passa à préparer le sac qui nous accompagnerait et à imaginer quelle voie nous choisirions pour vaincre le monstre.
Le guide nous réveilla à 23 heures pour un départ à la frontale à minuit : nous devions éviter la neige aux heures chaudes.
Les impressions visuelles sont souvent trompeuses : nous pensions nous attaquer tout de suite à la pente, c’était sans compter avec les moraines glaciaires qui multipliaient les obstacles. On n’avance pas vite lorsqu’il faut franchir des amoncellements de rocailles hauts comme des immeubles. Nous laissions là beaucoup d’énergie qui nous manquerait par la suite.
Et puis, soudain, un grand vide blanc s’étala devant nous : la neige était dure, entrecoupée de plaques de glace.
Nous devions constituer des cordées. Nous en voyions deux qui, ayant pris un peu d’avance, progressaient avec une lenteur désespérante sur le mur qui nous faisait face. Je m’attachai donc à une corde. Sherpa, le chef de la cuisine, était en tête, suivaient John, un Anglais d’une quarantaine d’années et son fils, Philip, je fermais la marche. Notre progression ressemblait plutôt à du sur-place.
Soudain, le jour apparut. Le guide nous attendait, il cria : « Stop ! ». Quelques mètres de corde balayaient la neige entre John et son fils. Il expliqua que, si un compagnon de cordée dévissait, c’était 70 kg qu’il fallait retenir si la corde était tendue. Si elle ne l’était pas, il allait prendre de la vitesse et ce serait rapidement une masse de 500 kg au moins que les autres devraient tenter de retenir.
La véhémence de son discours devait compenser son manque de rigueur scientifique car, par la suite, la corde fut toujours tendue.
D’autres difficultés nous attendaient. La respiration de John était saccadée, irrégulière, trop rapide. On voyait bien que chaque pas était pour lui un véritable calvaire. Il ne s’exprimait plus qu’au moyen de monosyllabes à peine audibles. Il utilisait peu le français qui lui demandait, semblait-il, des efforts démesurés. Notre progression, bien que fort lente, le devenait plus encore : John en arriva bientôt à devoir se reposer après chaque pas. Nous arrivâmes à un pont de neige qui enjambait un enchevêtrement de crevasses. Le guide nous attendait. « Nous sommes à l’épaule du Tsang, dit-il, ce pont que je vois pour la première fois est le seul passage possible si l’on veut continuer. Il a été fragilisé par le passage des autres cordées. Et puis vous avez pris beaucoup de retard, la neige s’est réchauffée. Je vous déconseille de vous y engager » « Et les autres, alors, comment vont ils faire au retour? » « Je les ferai descendre par une autre voie qui les mènera jusqu’en bas. » II était clair qu’il nous conseillait de renoncer à l’ascension et de faire demi-tour. Cependant, c’était à nous de prendre cette décision. Je découvris que John tenait, que ce fût en français ou en anglais, des propos qui manquaient de cohérence. Si nous poursuivions cet effort, cela risquait de s’aggraver. Il était préférable que nous suivions l’avis du guide. Quand nous lui eûmes fait part de notre décision, il s’engagea prudemment sur le pont de neige. Il était à peine arrivé de l’autre côté qu’un long craquement se fit entendre : la partie centrale du pont de neige venait de disparaître dans les profondeurs d’une crevasse. Nous n’avions plus du tout le choix.
Alors, pour la première fois, nous tournâmes le dos à ce sommet dont nous avions tant rêvé.
En arrivant au camp, John eut droit à un séjour dans le caisson que le guide avait emporté dans ses bagages. En quelques minutes, il passa de la teneur en oxygène de l’air ambiant à celle qu’il aurait eu beaucoup plus bas, il passait de 5500 ou 6000 mètres d’altitude à 1500, nous le regardions revivre.
Nos compagnons des deux autres cordées arrivèrent à la nuit tombante après avoir dû contourner tout le massif. Ils étaient exténués mais vainqueurs.

J’ai essayé de relativiser : il existe des choses plus importantes dans la vie que celle qui consiste à planter son petit drapeau d’orgueil sur un sommet himalayen mais ce jour demeure et demeurera pour moi synonyme d’échec.

Mes nuits n’étaient plus peuplées de rêves.
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MessagePosté le: Sam 10 Sep - 10:10 (2016)    Sujet du message: Publicité

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Thaïs
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MessagePosté le: Sam 10 Sep - 13:46 (2016)    Sujet du message: Le Tsang Répondre en citant

J'ai beaucoup apprécié la progression du texte, ce pire qu'une âme pusillanime croirait déceler déjà dans les rudes conditions, mais qui se révèle vraiment dans le sentiment d'échec.
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Mariam
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MessagePosté le: Sam 10 Sep - 18:41 (2016)    Sujet du message: Le Tsang Répondre en citant

Je me suis sentie transportée, élevée dans cette aventure au sommet, je partage ce sentiment de frustration, mais c'est la nature qui nous impose ses limites et nous nous devons de les respecter.
Ça n'est pas donné à tout le monde de raconter ce que je considère comme un exploit, même si le souvenir de cette ascension semble terni par le fait que le
drapeau n'a pas été planté au sommet.
Je dis bravo !
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Il reste toujours un parfum à la main qui donne des roses... (Confucius)
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Silicate
Conjonction volubile

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MessagePosté le: Lun 12 Sep - 13:33 (2016)    Sujet du message: Le Tsang Répondre en citant

Aller si loin pour rater l’objectif, oui, ça mérite bien son titre de pire souvenir de vacances. C’est le genre de truc qu’on a du mal à digérer. Même en relativisant.
Je n’ai jamais fait d’alpinisme, mais je conçois tout à fait la déception du rêve perdu alors qu’on l’avait à portée de main.
Sinon, rien à dire sur le récit, on progresse avec la cordée, tout juste aurais-je aimé un peu plus de révolte, de dépit, de frustration, exprimés dans l’acceptation de renoncer. (En tant que spéléo, je sais ce que c’est de ne pas prendre de risques inutiles, mais quand même, des fois, ça fait bien suer !)
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danielle
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MessagePosté le: Lun 12 Sep - 13:50 (2016)    Sujet du message: Le Tsang Répondre en citant

Un superbe récit, un exploit à saluer ! J'aurais aimé moi aussi un peu plus de vigueur dans l'expression de la déception du narrateur. Mais sans doute était-il trop épuisé ! Razz
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Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites. J. Renard
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janis
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MessagePosté le: Mer 14 Sep - 16:40 (2016)    Sujet du message: Le Tsang Répondre en citant

Magnifique texte qui permet au lecteur de suivre une aventure extraordinaire en partageant les rêves et les pensées du narrateur ainsi que le plaisir que lui procure cette expérience unique qui doit le mener à la victoire convoitée. Et l'avant-dernière phrase qui se termine sur le mot "échec" , même si elle est empreinte de sagesse , exprime l'immensité de la déception . Contrairement à ce que suggèrent Silicate et Danielle, je ne pense pas qu'il aurait été nécessaire d'en "rajouter". Ce qui est dit avec sobriété suffit pour qu'on comprenne l'étendue de la frustration ressentie aujourd'hui avec la même acuité qu'au moment où les faits se sont déroulés. Quant à la dernière phrase, elle traduit avec une exemplaire économie de mots l'amertume du renoncement. Bravo Tyu pour ce texte que j'ai placé sans hésiter en tête de mon podium.
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MamLéa
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MessagePosté le: Jeu 15 Sep - 14:11 (2016)    Sujet du message: Le Tsang Répondre en citant

Sur mon podium.
Très beau texte, relatant une aventure que le lecteur visualise comme un film documentaire.
On comprend la déception et le sentiment d'échec du narrateur qui n'insiste peut-être pas assez sur la culpabilité des participants (qui se sont attardés dans leurs duvets), mais peut-être que cela leur a sauvé la vie… Imaginons qu'ils soient passé sur le pont de neige au moment où celui-ci rompait !
Quant à la dernière phrase, on se demande pourquoi cet échec ne l'a pas conduit à faire d'autres tentatives d'exploit, pour conjurer le mauvais sort, donc à rêver encore ?
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Tyu
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MessagePosté le: Ven 16 Sep - 20:06 (2016)    Sujet du message: Le Tsang Répondre en citant

Bonjour,
j’ai plein de points à aborder. J’ai commencé hier soir et, quand j’ai voulu poster mon message, il s’est volatilisé. J’espère que les dieux de l’informatique me réserveront un meilleur sort ce soir.
Mam Léa, le temps a joué son rôle et, par la suite, je suis allé grimper d’autres montagnes : des volcans indonésiens qui ne dorment que d’un œil, le Kilimandjaro et jusqu’à 5500 sur le Chimborazo (il n’était pas prévu d’aller plus haut, donc aucune frustration).
Danielle et Silicate, vous trouvez que cette cordée fait preuve de beaucoup de passivité lorsqu’elle apprend qu’il va lui falloir rebrousser chemin. Je me suis fait moi-même cette réflexion mais il n’était pas possible de faire autrement : je pense à une page très belle du philosophe Alain. Celui-ci veut expliquer ce qu’est le stoïcisme. Les choses fâcheuses qui peuvent m’être désagréables se divisent en deux groupes : celles sur lesquelles je peux agir, je dois donc tout faire pour les changer et celles sur lesquelles je ne peux pas agir. Puisque je n’ai pas le pouvoir de les changer, je dois changer ma façon de les regarder. Et Alain prend un exemple : « Il pleut encore ! Quelle saleté de pluie ! J’en ai marre ! Mais est-ce que j’ai le pouvoir d’agir sur le temps ? Non ! Alors je dois regarder la pluie avec un autre œil : tiens ! Il pleut ! Quelle douce pluie ! Je vais rester au coin du feu à lire ce roman qui me passionne tant ! »
Si je cite (plus ou moins fidèlement) cette page d’Alain, c’est parce que, à 6000 m d’altitude, on devient facilement adepte du stoïcisme. Et puis, il faut voir les choses en face : le compagnon anglais souffrait du mal des montagnes qui peut vite avoir des conséquences dramatiques et qui est imprévisible : on m’a cité le cas de guides de haute montagne qui, un jour, souffraient de ce mal. Il était plus sage de rentrer au camp plutôt que d’aggraver son cas en allant plus haut.
Bref ! Se révolter aurait été inutile et consommateur d’énergie !
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Silicate
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MessagePosté le: Ven 16 Sep - 23:13 (2016)    Sujet du message: Le Tsang Répondre en citant

Tyu tu as grimpé sur des volcans actifs, mais c'est génial (enfin, pas trop actif au moment où tu y es, c'est préférable) ! La montagne pure ne me tente pas, les volcans, c'est autre chose. Pour ça, j'envie les moments exaltants que tu as dû vivre.

Je ne sais pas si je saurais être stoïque, tu es sans doute plus sage que je ne le suis. Attention, je partage tout à fait la décision prise sur le fait de ne pas continuer, oh là, prendre un risque, à ce niveau, jamais (dit celle qui s'est arrêtée d'elle même à 4000 m en regardant les autres continuer leur trek plus loin, plus haut, vers le camp de base de l'Everest, qu'ils n'ont pas atteint d'ailleurs (pour cause de col bloqué par la neige et aussi de mal des montagnes pour d'autres), mais qui ont quand même frisé les 5000).
Alors bien sûr, là, dans mon pays de plaine, aujourd'hui, tranquille sur ma chaise, j'ai envie de dire, bon sang, c'est pas juste.
Je ne dis pas qu'il fallait passer outre, je ne dis pas qu'il fallait vous dire, on essaie quand même, parce que : non. Quand on sait que ça ne passera pas, et qu'il y a un risque vital, on sait aussi qu'on n'y va pas. Renoncer dans ce cas, c'est de l'intelligence. Ce que je veux dire, c'est que même en sachant qu'on prend la bonne décision, il faut sacrément être philosophe pour l'accepter (je n'aurais pas employé le terme de passivité, ce n'est pas ce que j'ai ressenti à la lecture). Mais c'est peut-être la compréhension de cette sage acceptation qui m'a manqué, pour ton texte.

Merci pour ta citation. Si j'avais connu cette page de philosophie étant jeune, ça m'aurait peut-être appris le détachement (mais j'étais nulle en philo).
En tout cas, changer son regard, oui, c'est bien. Il faudrait que je m'y réfère plus souvent.
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Tyu
Conjonction volubile

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MessagePosté le: Sam 17 Sep - 04:30 (2016)    Sujet du message: Le Tsang Répondre en citant

Silicate, les volcans indonésiens sont souvent en pleine santé. J’en ai escaladé un à Bali qui fait entendre une explosion toutes les deux ou trois minutes si mes souvenirs sont exacts. On va jusqu’à l’extrême bord du cratère. Faire un pas de plus ne serait vraiment pas raisonnable : il en cuirait à celui qui tenterait l’expérience. Pendant que nous étions au sommet, il y a eu une explosion : quelques pierres sont sorties ainsi qu’un petit nuage de gaz. La probabilité que ça nous tombe dessus est extrêmement faible. Il n’empêche que ça a provoqué un mouvement de panique. Tout le monde est parti en courant de façon parfaitement irrationnelle car on court sur un amoncellement de scories qui sont d’une incroyable dureté. Une jeune femme a chuté, comme elle portait un short et un T-shirt, ses jambes et ses bras n’étaient qu’une plaie. Ce volcan peut entrer en éruption à tout moment : la dernière fois que c’est arrivé remonte à quelques années si bien que, du sommet, on voit des étendues de lave refroidie et solidifiée.
À Java, (si je me souviens bien car l’Indonésie est constituée de tant d’îles qu’on s’y perd un peu) il y a un volcan de très grandes dimensions : un lac immense occupe le cratère. Je ne crois pas que la baignade y soit conseillée car l’eau est d’un joli bleu vert dû à la présence de soufre. Si l’on descend dans ce cratère, on arrive à un endroit où le soufre sort à l’état gazeux et se solidifie immédiatement. Des hommes le cassent en morceaux dont ils remplissent des couffins qu’ils portent ensuite sur la tête : ils remontent le versant intérieur du volcan puis marchent ainsi jusqu’à une usine de transformation chimique qui utilise le soufre comme matière première. Ils sont (très mal) payés en fonction du poids de soufre apporté (entre 50 et 100 kilos m’a-t-on dit). Là, le chemin qu’ils empruntent est parfaitement entretenu ce qui les aide un peu. Il n’empêche que leur espérance de vie est très basse. J’ai vu un jour, à la télé, un reportage sur ce volcan et les hommes qui y travaillent effectué par Nicolas Hulot. Si l’on parle de ce personnage aux hommes qui vivent là, ils rigolent car le grand aventurier télévisuel arrive en hélico, marche 50 mètres pendant lesquels on le filme abondamment et repart pendant que son équipe bosse.
Ne pas aller au sommet (j’y reviens !) est certes frustrant mais je tiens au verbe « relativiser » que j’ai utilisé car il y avait bien d’autres aspects positifs qu’il faut prendre en compte : la rencontre avec les extraordinaires populations bouddhistes, la visite des monastères souvent construits dans des endroits impossibles, les paysages…
Bon, je change de sujet : je partage totalement un jugement qui a été porté sur certains textes qui sont tellement accomplis que l’expression « critiques positives » n’est pas appropriée. Je pense à « à coiffe et à solex » et à « quelle galère ». Le texte « l’étroiture » pourrait presque faire partie de ce groupe mais je lui reprocherais un style « langue parlée », (exemple : « on se caille ») qui, m’a-t-il semblé, ne s’imposait pas. Ce texte a enrichi mon vocabulaire d’un mot (étroiture). Mon premier réflexe a été de penser que c’était Ségolène qui sévissait sous un pseudonyme…
Je voudrais aborder un autre point mais dans une autre rubrique car il ne faut pas que je mélange tout. Et puis, si j’allais dormir ?
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Silicate
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MessagePosté le: Dim 18 Sep - 00:26 (2016)    Sujet du message: Le Tsang Répondre en citant

Tyu a écrit:

À Java, (si je me souviens bien car l’Indonésie est constituée de tant d’îles qu’on s’y perd un peu) il y a un volcan de très grandes dimensions : un lac immense occupe le cratère. Je ne crois pas que la baignade y soit conseillée car l’eau est d’un joli bleu vert dû à la présence de soufre.

Est-ce que tu connais l'Islande ? Dans l'intérieur désertique, il y a une immense caldeira, Asjka, de plusieurs km de large. Tu marches sur un sol de lave et de lapillis, noirs, noirs, avec quelquefois des traînées rougeâtres, jusqu'à deux lacs l'un à côté de l'autre. Dans le premier, assez grand, tu vois flotter des blocs de glace, iceberg miniatures. Le deuxième lac, juste à côté, au fond d'un entonnoir, c'est Viti, "l'enfer". Petit, une grosse mare (très grosse, quand même), couleur blanc-jaune-vert, les parois fumantes très raides, et l'odeur de soufre caractéristique. Je ne crois pas non plus qu'il ferait bon tomber dedans.
Sinon, en matière de bain de boue soufrée, je te recommande Vulcano. C'est plus plaisant, d'abord, c'est au bord de la mer, et puis c'est assez rigolo de s'y barbouiller à loisir. La boutonneuse acnéïque que j'étais a fortement apprécié, à l'époque où je me suis passionnée pour les volcans des îles Lipari (ah, le Stromboli en nocturne, et que dire de l'Etna! Tu connais ? Bon, il ne fait "que" 3300 mètres, désolée, hein. Mais il faut bien débuter petit Mr. Green ).

Tyu a écrit:

Bon, je change de sujet : je partage totalement un jugement qui a été porté sur certains textes qui sont tellement accomplis que l’expression « critiques positives » n’est pas appropriée.

Oui mais voilà, qu'est ce qu'on fait quand on a envie de dire combien on a apprécié. Et puis ça fait toujours plaisir, si si, faut pas se le cacher. A l'auteur, sans doute, mais à celui qui le dit aussi.
Tyu a écrit:
Je pense à « à coiffe et à solex » et à « quelle galère ». Le texte « l’étroiture » pourrait presque faire partie de ce groupe mais je lui reprocherais un style « langue parlée », (exemple : « on se caille ») qui, m’a-t-il semblé, ne s’imposait pas. Ce texte a enrichi mon vocabulaire d’un mot (étroiture). Mon premier réflexe a été de penser que c’était Ségolène qui sévissait sous un pseudonyme…

Mais non, voyons, sinon, tu aurais lu "étroititude" ! Mort de Rire
Et bien je suis très contente que tu me dises que la partie langage parlé ne s'accorde pas bien, je ne sais pas trop pourquoi mais le "on se caille", je ne le sentais qu'à moitié en l'écrivant. Je l'ai laissé, ta réaction me confirme que j'aurais dû m'écouter et le supprimer.
Bien sûr, une première place pour une première fois aux jeux d'écriture, j'avoue que j'ai un peu hésité à solliciter les critiques. J'aurais pu me la jouer modeste en me contentant de savourer mon plaisir (parce que oui, vraiment, je ne l'ai pas boudé !). Mais ça me permet de savoir ce qui passe ou non auprès des lecteurs. Quand Thaïs me dit que le côté auto-dérision a fait pencher la balance en ma faveur, ça me conforte, mais je tire autant de profit de l'avis de MamLéa qui trouve que je traite le sujet avec trop d'humour. A moi ensuite de choisir les registres sur lesquels je peux, ou je veux, jouer.
Donc dans tous les cas, c'est utile, à défaut d'être qualifié de "constructif".
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MamLéa
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MessagePosté le: Dim 18 Sep - 13:43 (2016)    Sujet du message: Le Tsang Répondre en citant

Ce n'est pas parce qu'on arrive en tête qu'on n'est pas "critiquable" (au sens constructif !)

Moi aussi, pour "l'étroiture ", j'ai pensé à Ségolène ! Mr. Green
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Fred Allen
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:22 (2018)    Sujet du message: Le Tsang

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