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Les poèmes du jeu 130 A

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    forum du cercle maux d'auteurs Index du Forum -> ARCHIVES générales -> Archives des jeux d'écriture -> Jeu 130 A: Printemps des poètes
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danielle
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Inscrit le: 21 Mai 2010
Messages: 11 652
Localisation: St Etienne
Féminin Poissons (20fev-20mar)

MessagePosté le: Ven 25 Mar - 01:49 (2016)    Sujet du message: Les poèmes du jeu 130 A Répondre en citant

Vertigo.

Si dans un soubresaut notre coque de noix
S’en venait à verser, que la chute menace,
Et si, narguant le vide, acrobate tenace,
Je t’arrimais à moi, resterais-tu sans voix ?

Me verrais-tu soudain, galant digne de choix,
T’abandonnerais-tu et face contre face
Baiserais-tu ma bouche avant que ne s’efface
L’urgence d’un instant nous soudant comme poix ?

Mais solide est l’engin et mon fantasme vain :
Tu inclines, catin ! vers une de ton sexe,
Ton chaperon mutin… Ah ! Ton dédain me vexe !

Ma rancœur est ferment, gonfle tel un levain
Qui culmine à l’apex de notre course folle :
Quand nous touchons au ciel, alors, ton corps s’envole…




Manège

« Rendez-vous à 6 heures, ici, a dit Hortense,
Nous irons dans un parc consacré aux loisirs ».
Pour partir du bon pied, nous avions fait bombance
De moules et puis de frites, (il n’y a rien de pire
Quand on est attentif à sa chute de rein.
Mais notez que ces maux ne me concernent pas :
Harmonieuse est ma fesse, arrogant est mon sein.
Voilà, me direz-vous, les plus sûrs des appâts ;
Il n’est rien de plus vrai : j’ai pris dans mes filets
De jolis spécimens de la gent masculine,
Des vikings au poil clair, des Apollon bronzés,
Des athlètes charmants, moustache longue et fine,
Un mètre quatre-vingts, et superbes abdos
Qui rendent fort jaloux le beau gosse des stades.
Oui, bien sûr, mais lequel ? C’est une rime en« do ».
Il est souvent premier de bien des hit-parades »).

Ma chère Hortense est là, fidèle au rendez-vous
Mais une fois de plus, bien sûr, elle a fait fi
De mes sages conseils dictés par le bon goût.
Elle me contrarie, sans cesse me défie.
« Tout cela est puéril, Hortense, il faut bannir
Cette robe qui fait qu’enceinte on te croirait. »
« Cet ensemble vous va tout à fait à ravir ! »
Mais qui me contredit ? Mais qui donc oserait ?
Je me retourne et vois un Don Juan du dimanche
Ou un Casanova des manèges de foire,
Un dragueur de banlieue aux biceps plein les manches.
Hortense, subjuguée, n’arrive pas à croire
Qu’elle ait pu accrocher l’œil de cet Adonis
Qui est ici chez lui et nous le fait savoir
Si bien qu’en un instant, sans même que je puisse
Protester, m’insurger, on m’installe à la barre
D’une barque à fond plat. Je deviens capitaine
De cette embarcation quelque peu exigüe
Qui, sans perdre de temps, nous conduit vers l’Eden.
Hortense n’a plus d’yeux que pour son inconnu
Qui parle sans arrêt, toujours pour ne rien dire,
Aligne lieux communs, banalités, clichés,
S’esclaffe pour montrer quand il convient de rire
Des nombreux mots d’esprit dont il a le secret.
J’ai cet homme en horreur et je déteste Hortense,
C’est la dernière fois que je sors avec elle.
Je ne pousserai pas l’extrême complaisance.
Jusqu’à, la nuit venue, leur tenir la chandelle.
Et, d’ailleurs, la soirée occupe leurs pensées,
Je comprends qu’on m’exclut de ces réjouissances :
Pas de place pour moi près de la cheminée,
Voilà ce que j’appelle un sacré coup de chance.

Le forain fait savoir que l’on arrive au terme
Du voyage enchanteur dont nous n’avons rien vu ;
Avec joie nous foulons, enfin, la terre ferme
Mais Hortense, soudain, s’arrête dans la rue
Et se tord de douleur. Les frites de midi,
Trop grasses à mon goût, m’ont semblé fort amères,
Et les moules venaient d’un endroit très précis
Où l’égout citadin se jette dans la mer.

Hortense doit rester chez elle, bien au chaud.
Me voilà seule, alors, avec le séducteur.
Il n’est pas mal du tout et même plutôt beau,
Je l’ai bien mal jugé, je crois que, par bonheur,
Je peux faire un effort pour être plus aimable.
Il dit : « Viendriez-vous dîner chez moi, ce soir ? »
« Je suis sûre que c’est une excellente table,
Dis-je, et j’ai grande envie de goûter le caviar ».




Haïku

Manège endiablé
Tourbillons ensorcelés
Nos mains enlacées



Amour à naître



Nos rires s’envolent de notre nacelle
Dans l’air lumineux ils touchent le ciel
Atteignent les oiseaux, s’accrochent à leurs ailes
Chantant mon espoir d’amour éternel


À pleine vitesse, témoin de ma joie
Ma sœur, ma complice devine mon émoi
Dans ce moment rare partagé à trois
J’ose prendre ta main, je ne vois que toi




Paparazzi sentimental.

Faire un tour de magie en un tour de manège,
Naviguer «si » ou «la » pratiquant le solfège,
Oublier qu'on est trois et qu'un couple c'est deux
Plagier le frisson pour se serrer un peu.

Au couloir intérieur, on pensait tout gagner
Oubliant qu'au milieu une autre était placée
Qu’il avait pris son bras comme on baisait la main
Approchant les barreaux de son tissu marin.

Quatre cents coups à faire et trois coups à frapper
Des ongles à ronger en grande quantité,
Comme ce chiffre cinq, main droite mutilée
De n’être pas choyée, de n’être pas baguée.

Tourner longtemps en rond, est-ce autant avancer ?
Les mêmes paysages allaient-ils les lasser ?
Cœurs en connexion, passion et fusion
Ni de lui et ni d'elle la moindre attention.

Ce bateau contrefait, était attraction,
On n'en pouvait sauter sans altercation
Même au-dessus du sol, elle avait pied sur terre,
Et préférait la vie plutôt qu'un fait divers.

Regarder droit devant, bolide ralentis,
Que je sois libérée de ces regards soumis !
Si soumis l'un à l'autre, mais petit à petit
Le décor immobile offre un tableau exquis.

Je ne sais plus pourquoi mais je reste à ma place
Mes rêves alimentés par ce moment qui passe
Pour la première fois, je le crois, ce jeudi,
Je vole un peu de joie au couple qui sourit.


CIRCUMNAVIGATION


Jadis, j’étais marmot, rêvant de voyager ;
Mes parents trop à sec pour s’offrir l’étranger,
Je n’embarquais alors pour des courses lointaines
Qu’aux premiers jours d’avril, à la fête foraine.

Tout près de la cité morne où nous habitions
Les gitans affairés montaient leurs attractions,
Faisant d’un triste champ à l’herbe défraîchie
Durant une semaine un lieu de féérie.

De tous les édifices installés sur le pré
Un vieux manège en bois était mon préféré,
Y tournaient des avions, des coches, des autos,
Et surtout une cage en forme de bateau.

Quand je montais à bord de cette humble nacelle
Elle prenait un air de fière caravelle,
J’en devenais sitôt le hardi commandant
Parti vers l’horizon braver les flots grondants.

Je devenais Colomb découvrant l’Amérique
Ou Vasco de Gama qui contournait l’Afrique,
Dans ma ronde sans fin sur ce rafiot branlant,
En moins de mille tours j’égalais Magellan.

L’enfance dépassée, les courses solitaires
Ne me suffisant plus, je partais pour Cythère ;
J’invitais à monter dans mon embarcation
De belles passagères avides d’évasion.

Oh ! combien de Marie, combien de Madeleine !
Dans ce fier bâtiment m’eurent pour capitaine.
Oh ! Combien de Vénus je parvins à séduire
Dans un petit voyage à bord de mon navire.

Un homme devenu, faisant fi des moqueurs
C’est là que je connus la femme de mon cœur,
Là que j’osais un jour déclarer ma passion,
Précédant un carrosse et suivant un avion.

Aujourd’hui le grand champ, déserté des forains,
Est devenu parking, et moi, je suis marin,
J’ai connu les sept mers et les cinq continents,
Mais j’ai la nostalgie de mes courses d’antan.



Je n’accomplis jamais de plus grande croisière
Que celle où me menait cette barque légère,
Et si j’ai fait depuis trois fois le tour du monde,
Ce n’est rien à côté de ces milliers de rondes.

Enfin, l’exploration sur un bateau à voiles,
Le cours d’une planète autour de son étoile,
D’immenses galaxies l’incessant carrousel,
Ne sont qu’un grand manège, en l’espace éternel.

Le trajet de la terre, au sein du firmament,
Ne consiste-t-il pas, sempiternellement,
A quitter chaque jour un endroit de l’espace
Pour regagner un an plus tard la même place ?

Aux premiers jours d’avril, quand revient le printemps,
La douce nostalgie de mes courses d’antan
M’invite aux souvenirs de mon petit séjour
Sur cette vieille terre où je ne fais qu’un tour.



Entrain


A l'orée du printemps d'une très belle année
Voilà donc qu'à nouveau un train me vogue à toi.
Mon âme ressuscite, ne se sent plus damnée
Repense aux jours de diète avec un air matois.


Le convoi s'agite, tressaute, tremble et gémit,
A moins que ce ne soit moi qui d'impatience bous.
Mon cœur, sevré de toi, sourit tremble et frémit,
Pressé que ce voyage touche enfin à son bout.


Vigoureux et altier, le train trace son chemin,
Sème campagnes alanguies et villes effervescentes
Comme un boisseau de graines que céderait la main
D'un paysan soucieux de récoltes efficientes.


Il me tarde comme à lui que ces lieux s'évanouissent
Que du temps à combattre s'achève la bagarre
Et qu'enfin à mes lèvres un sourire s'épanouisse
A te voir impatiente sur le quai de la gare.


J'entends déjà tes mots murmurés à l'oreille
Scellés par bottes entières en flatteux compliments
Plus doux qu'à feu l'été les fruits mûrs de la treille
Précieux à lier nos cœurs d'un merveilleux ciment.


Mes lèvres rêvent d'aux tiennes déposer un baiser
Ou dix mille plutôt... et même dix mille encore
Pour compenser tous ceux dont elles furent lésées
Comme un air harmonieux lie sans fin ses accords.


Il me tarde d'en tes yeux l'amour redécouvrir
Qu'aux braises qui y scintillent se ranime le brasier
Que les portes de nos cœurs puissent à nouveau s'ouvrir
Et tresser nos deux corps comme doux brins d'osier.


Lorsqu'à cette heure exquise où tu me sembles proche
Je suis enfin heureux et... j'adore le train
Je ne m'attache plus à lui faire reproche
Et t'imagine ma belle, avec amour et... entrain.


Comptine

Je te tiens, tu me tiens par ta main qui m’étreint
Quand dans mon pouls palpite
La houle de mon cœur
Et que la peur s’invite,
Dans mes cris
Dans ma voix,
Je m’abîme sans toi.


Je te tiens, tu me tiens par tes yeux qui trahissent
Le désir qui te hisse
Aux voiles de mon corps.
Lorsque mon trouble sourd,
De mon souffle
De mon sang,
Je chavire avec toi.

Je te tiens, tu me tiens par ta bouche qui rit,
Ton sourire qui croise
Au large de ma peau.
Tes mots forment des vagues,
Dans ma chair
Dans mon port,
Tout m’embarque vers toi.

Tourne, tourne manège, bateau fou, voilier ivre,
Navire sans mâture
Dans l’hiver sans ramure.
Tangue, tangue, ma tête,
Sous ton regard qui guette
Le premier de nous deux qui sombrera d’amour.
_________________
Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites. J. Renard
http://danielle.akakpo.over-blog.com/
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MessagePosté le: Ven 25 Mar - 01:49 (2016)    Sujet du message: Publicité

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