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Vernon Subutex

 
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Alain Kotsov
Conjonction volubile

Hors ligne

Inscrit le: 25 Jan 2016
Messages: 1 399
Localisation: Paris
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MessagePosté le: Lun 15 Fév - 15:22 (2016)    Sujet du message: Vernon Subutex Répondre en citant

J’avais entendu parler de « Baise-moi », dont les échos du scandale qu’il a suscité à l’époque de sa sortie étaient parvenus jusqu’à mes conduits auditifs. De l’auteur, je ne savais pas grand-chose avant la lecture de ce pavé de 400 pages, qu’il m’a été donné de parcourir sans bourse délier. Depuis, j’ai appris une chose sur elle : la semaine où on étudiait à son école communale la ponctuation et son utilité, elle souffrait d’une crise d’oreillons. Et qu’elle a décroché le Renaudot, et qu’elle est entrée depuis peu à l’Académie Goncourt !

Je vous le fais rapide : c’est l’histoire d’un mec, dont le nom, qui donne son titre au roman, est aussi celui d’un substitut de l’héroïne, et une allusion à peine marquée à un pseudo temporaire de Boris Vian (Vernon Sullivan). Le type, ancien disquaire, se retrouve à la rue après avoir côtoyé pendant ses années de vaches grasses des personnalités gravitant dans les mondes plus ou moins interlopes du rock, du show-biz, du ciné porno, de la prostitution, de la drogue etc. Il retrouve tous ces braves gens lors d’une errance de 700 000 caractères dans la capitale, qui le mène du treizième arrondissement jusqu’à la butte Montmartre. Car, une fois que les huissiers l’ont prié de déguerpir, il n’a d’autre solution pour pouvoir dormir au chaud, parfois en compagnie, que de taper l’incruste chez ses anciennes connaissances, et chez les connaissances de ses connaissances. Il y est plus ou moins bien reçu. Souvent, à l’apéro, les chipsters sont remplacés par un rail de cocaïne. Oui, ça y va à la snifette, il ne faut pas lire le bouquin de trop près, ça fait éternuer. Le but de cet ouvrage semble de se voir intégré au Guinness Book, outre au titre du roman auquel il manque le plus de guillemets, de points-virgules et de virgules, à celui de l’ouvrage dont le rapport entre lignes de coke et lignes de texte soit le plus élevé. Le héros, quand il quitte son hébergement précaire, parfois à coups de pompes dans le train, a la gueule plus enfarinée qu’en y entrant. Ce Vernon est en effet un étalon d’une veulerie qu’il trimballe de refuge en refuge, ballotté par sa faiblesse et son indécision. Et, chose importante, il y a une nana qui lui court après car il détient un enregistrement d’une interview d’un copain chanteur récemment décédé qu’elle souhaite monnayer pour s’offrir de quoi se repoudrer le nez.

Ce vagabondage, façon Bernard l’Hermite, est l’occasion de rencontres avec des personnages divers et variés, prétexte pour l’auteur de nous décrire des gens qui partagent un point commun : celui de ne pas être communs. On y voit un chanteur à succès black dépressif suicidaire, une prostituée assumée, une actrice de porno très à l’aise, un trader cocaïnomane pléonasmique, une jeune islamiste très cool, un trans brésilien plus féminin que l’originale, un bobo d’extrême-droite, une SDF gauchiste… et on attend en vain l’apparition d’un bon père de famille quadragénaire et sans complexe.

Il ne manque qu’un vampire centriste anorexique et vegan pour compléter le tableau. C’est ce qui m’a gêné, le mot est faible, dans ce livre. Il est aussi racoleur et putassier qu’une émission de « télé-réalité ». Les Inrocks ont aimé, j’aurais dû me méfier. Le style est moderne, c’est à dire pénible, et l’action, bien que pimentée par la présence de personnages originaux, traine en longueur. 400 pages, c’est trop ! Je me suis passablement ennuyé.

Au cas où vous n’auriez pas compris, je n’ai pas aimé. En résumé, c’est comme du Houellebecq, version c…te. Il n’y a aucune idée derrière ce fatras de marginaux improbables qui n’est que le prétexte à caser des situations croustillantes propres à séduire le lecteur-voyeur. Comme attendu, la toile fourmille de bonnes critiques ; Virginie Despentes est même décrite comme le nouveau Balzac. J’ai appris qu’un tome 2 est sorti, et qu’un troisième est en préparation. Ça sera sans moi ! Il me reste encore à lire dans la Comédie Humaine, la vraie.
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Dernière édition par Alain Kotsov le Mar 16 Fév - 16:02 (2016); édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 15 Fév - 15:22 (2016)    Sujet du message: Publicité

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danielle
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Inscrit le: 21 Mai 2010
Messages: 11 662
Localisation: St Etienne
Féminin Poissons (20fev-20mar)

MessagePosté le: Lun 15 Fév - 16:04 (2016)    Sujet du message: Vernon Subutex Répondre en citant

Je pense que je me m'ennuierais énormément aussi ! Merci pour ce résumé qui m'évitera un emprunt à la médiathèque, encore un bouquin très médiatisé que j'abandonnerais au bout de trente pages !
_________________
Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites. J. Renard
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ptit lu
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Messages: 6 774
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MessagePosté le: Mar 16 Fév - 15:55 (2016)    Sujet du message: Vernon Subutex Répondre en citant

Pas lu mais ta critique résume ce que j'en pense après avoir lu des critiques, feuilleté des pages du roman...
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creusois
Conjonction volubile

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Inscrit le: 28 Jan 2014
Messages: 164
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Masculin

MessagePosté le: Sam 27 Fév - 16:42 (2016)    Sujet du message: Vernon Subutex Répondre en citant

On en a beaucoup parlé et j'avoue que la curiosité me poussait. Mais, ayant lu tes commentaires "bay" je laisse tomber, je te fais confiance.
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Griffe
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Inscrit le: 06 Mai 2016
Messages: 44
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MessagePosté le: Mer 3 Aoû - 22:26 (2016)    Sujet du message: Vernon Subutex Répondre en citant

J'ai lu la Virginie Despentes des années 1900 : "Baise-moi", "Les Chiennes savantes", "Les Jolies choses", "Mordre au travers"... J'ai aimé ces livres qui avaient du "caractère", un vocabulaire tout particulier, des expressions bien à l'auteur. Je me suis donc empressée de réserver "Vernon Subutex" à la bibliothèque et là...

THE déception.

Une suite de personnages trop caricaturaux croisent le personnage central qui semble s'évaporer à mesure de la lecture. Pas d'histoire sinon une sorte de "racontage" sans intérêt, l'attente d'un quelque chose de piquant qui ne viendra pas.

J'ai rencontré Virginie Despentes en conférence à Lyon (Quais du Polar 2015). J'ai été "choquée" d'apprendre que tout en n'ayant pas terminé le 1er tome, elle annonçait déjà qu'il y en aurait 3. Avec du recul, je me demande si ce n'est pas du remplissage, à savoir que la copie devait faire 3 volumes, elle a noirci 3 volumes.

C'est toute dubitative que j'ai commencé le tome 2, que j'ai quand même lu en entier même si c'est lui qui m'aura finalement achevée.

Quand je lis les petits bandeaux qui l’encense, les articles sur-élogieux dans la presse, je pense que la publicité fait bien vendre mais que le bon lecteur ne s'y fera pas reprendre. Je serais curieuse de connaître l'écart des ventes entre le 1er et le 3ème volume...
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Lunatik
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Messages: 127

MessagePosté le: Dim 9 Oct - 15:32 (2016)    Sujet du message: Vernon Subutex Répondre en citant

J'avais adoré Baise-moi, lu (et relu et rerelu) dès sa sortie du temps de ma jeunesse folle, au début des années 90 : un road trip désespéré et nerveux, qui ne s'encombrait ni de morale, ni d'artifices, qui transpirait la douleur et l'envie de vivre un peu, pour changer.
Son recueil Mordre au travers, publié à peine quelques années plus tard, est dans la même veine. C'est choquant, violent, d'une insondable tristesse.

Je n'ai jamais rien tant aimé d'elle que ces deux livres (et en essai : King Kong théorie), le reste m'a semblé se déliter, s'affadir au fil des sorties et des succès. Son écriture, de rebelle est devenue bobo. J'ai continué à la lire, en espérant un sursaut, en vain. Est ce qu'un écrivain peut perdre la flamme, définitivement ? Paradoxalement, ce sont les livres qui lui ont assuré les succès critiques qui m'ont fait le plus tartir. Aujourd'hui, elle fait partie de ces auteurs que j'évite comme le choléra (avec toutefois un pincement au coeur quand je songe à ses premiers bouquins)
Vernon Subutex, comme Apocalypse Bébé, est d'un ennui mortel, et sans aucun intérêt, comme si bien résumé ci-dessus...
_________________
Tous crocs dehors, le bouquin qu'on dévore
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:47 (2018)    Sujet du message: Vernon Subutex

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