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Jodie
Conjonction volubile

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Féminin Scorpion (23oct-21nov) 虎 Tigre

MessagePosté le: Dim 31 Jan - 14:24 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Vous en avez probablement entendu parler : des personnes brillantes infatuées d'elles-mêmes et de désir de formatage ont torturé/démembré des mots de la langue française, en toute impunité comme si elle appartenait à elles seules, sous prétexte que trop de mots étaient, quoi ? trop difficiles pour des cohortes d'écoliers qu'on ne prend plus la peine de cultiver ? pas assez fédérateurs dans le sens où les mots portent parfois sur eux des traces d'Histoire qu'il est de bon ton de gommer pour ne vexer personne ? désobéissants/gênants dans le contexte éducatif "j'apprends avec l'image et plus avec le texte parce que je ne sais pas lire" et donc que faire de ces mots qui nécessitent des explications trop longues ou un apprentissage compliqué ? Quant à parler de leur poésie interne, aux mots violés, il faudrait beau voir : la poésie n'est-elle pas morte, elle aussi ?
Et voilà donc une liste de mots déracinés, passés au microscope de la république vertueuse, débarrassés de leur accent circonflexe, ce vestige qui obligerait à passer par le latin pour expliquer pourquoi il est là, mini chapeau sympathique et somme toute joli comme un clin d'œil pour qu'on n'oublie pas que si une langue évolue, naturellement, au cœur du peuple et non par décret, elle a aussi une famille, des ancêtres (tiens, un petit chapeau là aussi) et que ne plus conter son histoire ou la détourner, c'est l'amputer. Plus de latin, plus de grec, plus d'étymologie, plus d'ancien français, beaucoup trop difficiles et stupidement jugés élitistes, allez hop, tous connectés sur notre époque et uniquement elle, numériques devenons, sans recul sans explication sans chronologie car plus le temps d'avoir le temps d'apprendre et comprendre. Du coup, le mille-pattes va maintenant s'emberlificoter les pattes les unes dans les autres et trébucher sans cesse sans ce petit trait qu'on lui a retiré et qui permettait à sa marche de tenir l'équilibre. La maîtresse n'a plus de chapeau mais un point sur la tête en attendant le poing sur la tronche d'un parent mécontent que son gamin ne comprenne rien et bien sûr c'est la faute à la maîtresse qui enseigne des trucs bien trop difficiles. Le nénuphar vire son ph, même pas neutre mais trop acide, incompréhensible. Ah bon ? Maintenant le nénuphar est moche, sans poésie, une aberration ! On ne distinguera plus la 3ème personne du passé simple du subjonctif imparfait de certains verbes puisque l'accent circonflexe se sera fait la malle. Pas grave, vous me direz, il n'y a plus que quelques dingues réactionnaires et momifiés à l'utiliser, le subjonctif imparfait ! Tous les textes écrits jusqu'à 2016 seront-ils passés à la moulinette simplificatrice et bécasse afin que les charmants enfants ne soient pas déstabilisés, horrifiés, prêts à entrer sur la voie du terrorisme orthographique dès qu'ils croiseront des accents circonflexes, des traits d'union, des ph et autres absurdes coquilles du passé qui leur fera croire qu'ils ne sont pas de notre monde ? Ah, l'intelligence du pouvoir, vous avouerez... On en reste sans voix.
_________________
God as a dead robin ; God as the eye of a dead robin ; God as your barely visible reflection in the eye of a dead robin
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MessagePosté le: Dim 31 Jan - 14:24 (2016)    Sujet du message: Publicité

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danielle
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Féminin Poissons (20fev-20mar)

MessagePosté le: Dim 31 Jan - 17:46 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

C'est la fameuse nouvelle orthographe de 1990, à ce que je sais, peu appliquée par les enseignants, et qui cohabite avec l'orthographe traditionnelle ? Ou y a-t-il ou y a-t-il eu des instructions plus directives?
En tout cas, je suis d'accord avec toi: simplifions, simplifions, acceptons le langage SMS, pourquoi pas? Que nos chères têtes blondes et brunes perdent le goût de l'effort, c'est le but de l'opération ?

Le mal est déjà fait d'ailleurs et nouvelle orthographe ou ancienne, journaux, magazines et, hélas livres à compte d'éditeur, que de belles perles on trouve qui font mal aux yeux et agacent les neurones !
_________________
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ptit lu
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MessagePosté le: Dim 31 Jan - 17:56 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Cette réforme n'est pas appliquée par tous les enseignants. Mon fils est en 6ème et ma fille en 4ème et pour le moment : soit l'ancienne règle est préférée, soit la nouvelle, à chaque fois les maîtres et profs semblent laisser le choix aux élèves et ne pas compter de fautes quelle que soit l'option suivie. Du coup, mes enfants mettent des accents circonflexes à certains mots et pas à d'autres... Bref, c'est un peu n'importe quoi.

Comme vous, je pense qu'on peut se donner un peu de mal pour apprendre notre langue et cesser de simplifier sans cesse.
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MamLéa
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MessagePosté le: Dim 31 Jan - 19:39 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Avez-vous lu Zéro faute, de François de Closet ? Votre avis ?
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Dernière édition par MamLéa le Lun 12 Déc - 10:39 (2016); édité 1 fois
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DDDLV
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MessagePosté le: Mer 17 Fév - 09:07 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Pas lu !

Mais cette envie de partager cet article avec vous :

http://www.lemonde.fr/education/article/2016/02/16/en-france-l-orthographe-…
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mamouchka
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MessagePosté le: Mer 17 Fév - 14:04 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

A mon avis, supprimer un accent, circonflexe ou non, ne change pas grand chose au problème.

Ces réformettes sont surtout inutiles, quand on voit la plupart des gens confondre un infinitif
et un participe passé !

Je connais des gens bien éduqués et bourrés de diplômes qui, dès qu'il s'agit d'écrire un mot
qui se termine par le son "é" mettent absolument au hasard "é" "er" ou même "ez" ...
alors je pose la question : si on ne sait pas quand on utilise un verbe, comprend-on
encore ce qu'on dit ? Et ce n'est pas en supprimant le "ph" de nénuphar qu'on rendra service à qui
que ce soit.
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L'étang reflète
Profond miroir
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure

Rêvons, c'est l'heure.
(Paul Verlaine) - mon site : http://desmotspourquoifaire.fr
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Canardo
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MessagePosté le: Mer 17 Fév - 19:34 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

mamouchka a écrit:


Ces réformettes sont surtout inutiles, quand on voit la plupart des gens confondre un infinitif
et un participe passé !


En langue basque l'infinitif n'existe pas. C'est encore plus simple.
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Tyu
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MessagePosté le: Mar 1 Mar - 15:35 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Alain Rey, qui a le sens du mot juste, parle de « rectification orthographique » et non pas de « réforme de l’orthographe ». Au sujet de « nénufar », il précise que « la graphie étymologique est « nénufar » et que des crétins tels que Littré et Proust ont toujours mis un « f ». Alors pourquoi « ph » ? On est en présence d’un exemple de contamination : le mot « nymphéa » qui désigne une variété de nénufar a toujours été transcrit avec « ph » et l’on a estimé qu’il était logique qu’il en fût de même pour « nénufar ». Le « phi » grec et le « fa » arabe correspondent exactement au même son. Je parle de l’alphabet arabe car ce mot aurait pu nous parvenir du monde arabe qui nous apporté tant de mots, à commencer par ... alcool.
Deux graphies pour un même son ? Ridicule en comparaison de la bonne quinzaine de graphies dont jouissent le é fermé et le è ouvert !
Deux cas se présentent lorsqu’on veut prononcer et transcrire des sons d’une autre langue qui n’existent pas en français :
- l’alphabet est proche du nôtre : on conserve la graphie et l’on apprend à bien prononcer.
« Attention, vous devez prononcer ce « j » de la « manière suivante : ....... » dit le prof d’espagnol.
La même remarque sera faite à propos du « ch » allemand ou polonais.
- l’alphabet n’est pas l’alphabet latin et le son n’existe pas en français : si l’on veut transcrire, on utilise des signes conventionnels : deux lettres, la seconde est un « h » ( on rencontre parfois, par exemple sh, ph, gh, kh). Cela fonctionne plutôt mal, pourquoi ? Je ne sais, toujours est-il que nous entendons g ou k là où nous devrions entendre gh ou kh et que nous estropions des mots tels que « Baghdad » et « Maghreb » aussi, sans doute, qui nous sont devenus très familiers (un comble » : « Baghdad », le correcteur de l’ordi refuse le mot correct et accepte la forme erronée !)
le texto...
Je vois qu’on ne perd pas une occasion de s’en prendre au « texto ». Je pense avoir pour ma part une orthographe plutôt correcte, ça ne m’empêche pas d’adopter cette manière d’écrire les messages que j’envoie à un certain nombre de personnes, je n’y vois que des avantages : gain de temps, (je tape très très lentement), gain d’argent (pour celui qui envoie des messages écrits par téléphone). Je regrette fort de ne pas avoir l’« alfabe fonetik ɛ̃tɛRnasjonal » sur mon clavier.

Quelques remarques à propos d’idées reçues que l’on entend :
« Autrefois, à 14 ans, on écrivait sans faire de fautes » :
C’était vrai, oui, pour les meilleurs élèves.
Je me souviens avoir lu un recueil de lettres de Poilus. Certaines étaient parfaites, d’autres, même pas phonétiques. Et pourtant, les lois Jules Ferry étaient passées par là pour tous.
« Dans les classes de fin d’études, on faisait une dictée par jour ».
C’était souvent vrai : le même instituteur était avec ses élèves du matin au soir, il s’organisait comme il l’entendait et, s’il avait dans sa classe un élève qui pourrait bien être « premier du canton » le jour de l’examen, il « mettait le paquet ». Aujourd’hui, le prof de français doit voir les 6è durant quelque 4 à 5 heures/semaine soit une heure/jour. S’il faisait de l’orthographe chaque jour, il ne ferait jamais d’études de textes, de grammaire, d’expression écrite...
J’ai pu constater que dans les fameuses classes de fin d’études, on n’appliquait pas tout à fait les mêmes règles d’orthographe qu’aujourd’hui, pour une raison toute simple, c’est que l’instituteur les ignorait car on n’en parlait pas.
Tout reposait sur la mémoire : « les mots qui commencent par « ap » prennent deux « p » sauf... », suivait alors une liste de mots d’une longueur raisonnable : « apéritif, aplatir etc... » Si l’on consulte un dico, on en découvre bien davantage mais une règle qui compterait trop d’exceptions ne serait plus une règle, alors on décrétait que l’élève de classe de fin d’études ne rencontrerait jamais « apostasier » ou « apogamie ».
La façon de dicter avait pour but de guider l’élève vers la bonne orthographe : la prononciation des géminées, par exemple, n’est pertinente que dans un nombre ridicule de cas et n’est pratiquement faite que dans ces cas-là (je courais/ je courrais, il mourait /il mourrait) pourtant on la prononçait d’une manière systématique et caricaturale (« une pom-meu » Pagnol s’est moqué de cette façon de lire les dictées dans « Topaze »)
« On ne sait plus lire quand on entre en 6è ». On entend cette sentence même dans la bouche des profs. J’ai personnellement constaté qu’il était très exagéré de dire ça.
L’accent circonflexe : eh oui, il remplace le S de certains mots (château, hôpital...) Je parie que ceux qui prennent la défense de cet accent aujourd’hui l’auraient combattu quand l’habitude de l’employer à la place d’un S a été prise.
Je ne pense pas qu’il soit question de supprimer celui qui fait la distinction entre « du » et « dû » ou entre deux formes de la conjugaison... même si elles sont en voie de disparition...
L’imparfait du subjonctif, parlons-en ! Je m’y accroche et je l’emploie dans mes textes (sauf au style direct.) Je trouve déplorable que son absence conduise à une faute de concordance des temps : « Il veut que je vienne » (présent + présent, très bien ). Je mets cette phrase au passé « Il voulait que je vienne » (passé + présent ! Rien ne va plus : on devrait dire « Il voulait que je vinsse » (passé + passé). Ceci dit, cet emploi fautif du présent n’est pas une règle, c’est seulement une tolérance.
Un jour, on découvrira par hasard que ce sera devenu une règle.
(Un exemple : j’ai observé l’évolution des dictionnaires à propos du mot « quasiment » : il a d’abord été absent puis certains l’ont mentionné en précisant que c’était un barbarisme qui n’avait rien à faire là, puis il a eu droit de cité dans ( tous ?) les dicos, cela s’est fait en douceur ?... Je vois mal les Académiciens accueillir « quasiment » sans broncher mais je me trompe peut-être).
La poésie aussi fout le camp :
Discuter de cela nous mènerait trop loin mais je ne partage pas ce constat. Une autre fois...

Il me semble que le vrai problème est posé par Mamouchka : « f » ou « ph » ? Cela n’a guère d’importance si bien des gens ignorent quelle doit être la bonne terminaison d’un verbe : é, ée, és, ées, ai, aie, aies, ait, aient, ais, ez, er, et etc... ?
Les règles ne sont pas toujours d’une clarté évidente : j’ai envie de poser une question toute simple « il aime chant...... » quelle est la bonne terminaison et quelle règle applique-t-on ?

L’écriture n’est que le moyen d’exprimer un message oral. Il ne faudrait pas que le moyen prenne le pas sur le but : faire connaître la pensée qui est l’objet du message. Alors, plus le moyen est simple mieux cela vaut. À condition toutefois, bien sûr, que la simplicité ne rende pas le message ambigu.
Des personnes de mon entourage m’ont interrogé, ces derniers temps, au sujet de cette soi-disant « réforme ». Je remarque, détail cocasse, que celles qui sont le plus farouchement opposées au changement sont aussi celles qui commettent le plus de fautes lorsqu’elles écrivent. Il est vrai qu’elles ignorent qu’elles font des fautes car, justement, si elles le savaient, elles les corrigeraient. Compte tenu de ce principe, j’espère que l’on me signalera les miennes.
Notons que l’élève qui se trompe dans le raisonnement ou les calculs d’un problème de mathématiques commet une ERREUR. Lorsque le même élève orthographie mal un mot, il fait une FAUTE.
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DDDLV
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MessagePosté le: Mar 1 Mar - 16:09 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Ton texte est truffé de fautes, Tyu.

Bon, d'accord, c'est pour les expliquer... Mr. Green
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MessagePosté le: Mar 11 Oct - 18:05 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

« On ne sait plus lire quand on entre en 6è »
Je reprends cette phrase de Tyu et je dois dire que je l'ai beaucoup entendue également de la part des professeurs. Et comme j'étais instituteur au CM2, c'est quelque chose qui me troublait fortement.
Que veut dire l'expression elle-même ? S'agit-il d'enfants qui ne déchiffrent pas ou qui déchiffrent mais ne comprennent pas ? S'agit-il d'enfants qui déchiffrent mais avec une lenteur invalidante tout en comprenant ce qu'ils lisent ou d'enfants qui lisent rapidement mais sans comprendre ? Dans quelles conditions de passation, ces tests de lecture ont-ils eu lieu et sur quels supports (contrôles notés, chronométrés, évaluations nationales...) ? Romans, documents, QCM ? Et qu'en est-il d'ailleurs du bonheur de lire ? Je pense que c'est la première question à se poser. Et que les réponses éclaireront grandement le débat. Pour ma part, très clairement, au fil de ma carrière, ce bonheur de lire, je l'ai vu s'étioler jusqu'au trognon et il devenait vraiment problématique d'amener les enfants vers le roman. Le culte du zapping et de la vitesse, du changement, et le rejet de la construction lente et appliquée, de l'exploration des personnages et des situations, tout ce qui fait un roman, c'est devenu pour beaucoup un calvaire.
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Le Trouvère
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MessagePosté le: Lun 12 Déc - 07:06 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Il ne s'agit pas à proprement parler d'une "réforme". Nous réagissons aujourd'hui parce que ces suggestions, sans doute "pondues" un jour où nos chenus académiciens s'ennuyaient ferme entre deux parties de belote, ont longtemps été enterrées (lesdites propositions datent de 1990 tout de même !). Elles nous sont revenues dans la figure par le boomerang d'une ministre de l'Éducation qui n'avait sans doute rien de mieux à faire et diffusée à grands coups de battage médiatique par des journaleux en mal d'informations et qui, grâce à cela, ont pu manger pendant quinze jours...

Qu'on se le dise : IL N'Y A LÀ RIEN D'OBLIGATOIRE !

Aujourd'hui, il est devenu de bon ton de rentrer dans les rangs, de suivre la masse non-pensante qui, sous prétexte de "simplification" va s'efforcer de suivre ce qu'elle croit être la nouvelle donne à la mode ; il est sans doute de bon ton de suivre bêtement les moutons...

En ce qui me concerne, cela me complique grandement la tâche (avec son accent, bien sûr !), donc l'existence ! Au moment où ces suggestions ont été données en pâture au grand public, nul n'a pensé aux pauvres correcteurs et correctrices (il y en a encore !) qui avaient déjà bien du mal à se dépêtrer des amas de fautes en tout genre et autres erreurs de style de leurs concitoyens. Voilà qu'il leur faudrait à présent se battre contre tous les auteurs et autres rédacteurs qui çà et là ponctuent leurs copies de "nouvelle orthographe" ? Néanmoins, confessons que la plupart des auteurs n'en usent pas parce que, dans les faits, ils l'ignorent et n'ont pas envie de se pencher dessus.

Faisons donc preuve d'une logique élémentaire ! Il serait normal, si l'on souhaitait utiliser cette "orthographe réformée", de le faire de A à Z... tout au long d'un manuscrit par exemple, et de ne pas oublier un seul des mots concernés. C'est blanc ou noir... et c'est là que le bât (avec son accent, SVP !) aurait tôt fait de blesser. De plus, il faudrait que l'on prévienne les lecteurs au moyen de quelques mots placés avant toute prose : "L'auteur de ce livre (de cet article, de ce compte rendu, etc.) a utilisé l'orthographe dite classique/réformée."

Pour l'instant, rares sont les éditeurs et les auteurs utilisant cette "nouvelle" orthographe... Les académiciens eux-mêmes affirment qu'il ne s'agit que de propositions. Quant aux correcteurs, ils font barrage (sauf si on le leur demande gentiment). Pour ma part, j'ai eu une seule fois à faire usage de ces nouvelles règles, dans un livre pour enfants... Après m'être arraché les cheveux à chercher tout ce que je devais changer, j'ai proposé du "tout ou rien" à l'éditeur et changé tout ce qui était modifiable. Quand l'éditeur a vu ce que cela donnait, il m'a demandé de revenir en arrière et d'employer l'orthographe classique ! OUF !

Jusqu'à quand Éducation nationale et monde de l'édition vont-ils s'opposer sans que cela se sache, je ne saurais le dire. Quoi qu'il en soit, cela nous promet de drôles d'amalgames et de complications... pour des gens qui voulaient simplifier, c'est un comble ! Bientôt, nos bibliothèques seront pleines de livres dont l'orthographe sera "classique" et les têtes de nos enfants peu ou prou pleines d'orthographe "réformée"... On nous la baille (baye ? bail ? bâille ?) bonne !

À quand le jour où les professeurs des écoles diront : « Faites bien attention, les enfants ! Lorsque vous emprunterez un livre à la bibliothèque, souvenez-vous que Victor Hugo, Émile Zola, Marcel Proust, Jean-Paul Sartre et tous les écrivains de leurs époques ringardes avaient une orthographe bizarre, l'ancienne, et utilisaient des mots qui vous sont incompréhensibles. Surtout, n'allez pas les imiter ! »
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Daniel
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MessagePosté le: Lun 12 Déc - 08:08 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Hello,
Je suis d'accord avec tout ce qui a été dit précédemment.
Moi, ce qui m'horripile (tiens d'ailleurs, pourquoi pas auripile, c'est plus simple Twisted Evil ) au plus haut point c'est les "Du coup" à tous bouts de champ (c'est devenu un équivalent de virgule oratoire) ou les les "Je vais SUR Paris" . Bref, quand on dira "Par conséquent, je vais à Paris", c'est nous qui aurons l'air de mal parler !!!! Ou pire, d'être des ringards.
Daniel
PS : je m'énerve pas, j'explique Mr. Green
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danielle
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MessagePosté le: Lun 12 Déc - 09:08 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Je ne connais qu'un éditeur belge, dont les ouvrages sont d'ailleurs de grande qualité, qui utilise la nouvelle orthographe. Au début, ça gêne, ensuite on s'y fait.
De toute façon, aujourd'hui, dans le le monde de l'édition, c'est un joyeux bazar en matière d'orthographe ! Chez les "Grands", Flammarion et autres, il est fréquent de trouver des fautes, pas des tonnes, mais ça arrive et c'est agaçant. Il y a les plus petits qui font des efforts en la matière et j'en connais, des petits qui laissent tout passer. Avouez que dépenser 19 ou 20 euros pour un bouquin et trouver une faute à chaque page, c'est rageant ! Le plus fort, c'est qu'il y a bon nombre de lecteurs que ça ne gêne en aucune façon !
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ptit lu
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MessagePosté le: Lun 12 Déc - 10:37 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Je partage ton avis, Danielle. Une coquille, cela n'est pas gênant (et c'est pardonnable), mais certains ouvrages sont vraiment truffés de fautes...

J'en profite pour saluer les auteurs, correcteurs et éditeurs qui lisent, relisent méthodiquement et patiemment, avant publication.
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MamLéa
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MessagePosté le: Lun 12 Déc - 10:48 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Ce matin, à France Inter, Augustin Trapenard recevait Claude Ponti, auteur de littérature de jeunesse, illustrateur.

Il parle de son enfance et à un moment fait cette réflexion :
"On peut penser le monde intelligemment tout en faisant des fautes d'orthographe."

Ça fait réfléchir !
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Fred Allen
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danielle
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MessagePosté le: Lun 12 Déc - 11:07 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

C'est vrai que penser n'engage en rien nos capacités à bien utiliser l'orthographe et la syntaxe. Mais quand la pensée se traduit en mots, bonjour les dégâts !
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Khéops
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MessagePosté le: Lun 12 Déc - 18:01 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Oui, il a dit qu'il était dyslexique... et la dyslexie ne veut pas dire qu'on est idiot !
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Le Trouvère
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MessagePosté le: Mar 13 Déc - 05:40 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

[quote)Des personnes de mon entourage m’ont interrogé, ces derniers temps, au sujet de cette soi-disant « réforme ».[/quote]

prétendue « réforme » ; « soi disant » ne pouvant guère s'appliquer qu'à des personnes, enfin... en théorie.
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Daniel
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MessagePosté le: Mar 13 Déc - 10:53 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Euh, Le Trouvère, tu dors quand ? Shocked
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Ils ne savaient pas que c'était impossible à faire. Alors ils l'ont fait.
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Tyu
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MessagePosté le: Mar 13 Déc - 11:11 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

soi-disant est écrit avec un trait d'union dans les dictionnaires qui mentionnent généralement que l'emploi de ce mot est critiqué "par quelques puristes" s’il n’est pas réservé à des personnes (Pt Larousse illustré 1991). Le dictionnaire Hachette (2005) n'a pas jugé utile d'émettre cette réserve. Pour cet ouvrage, le problème n’existe pas (plus ?)
Dictionnaire historique de la langue française - le Robert - A. Rey : "Par extension, le mot se dit (vers 1735) d'une personne ou d'une chose qui n'est pas ce qu'elle semble être". Depuis 1735...)
Grevisse est plus bavard : "De très nombreux écrivains (l'Académie incluse) ont employé ce mot à propos de choses : Stendhal, Balzac, Hugo, Fromentin, Proust, Barrès, Gide, Genevoix, Montherlant, Mérimée, Péguy, Martin du Gard, De Gaulle, Yourcenar, Druon, Giono et j'en passe...
La condamnation est donc contredite par le bon usage. Elle est d'ailleurs fondée sur une conception °étroite des verbes pronominaux : le pronom ne joue pas nécessairement le rôle d'un objet : en particulier, la formule de l'Académie pourrait être appliquée à une phrase comme "Cela ne se dit pas" dont personne ne conteste l'orthodoxie. Même la présence d'un attribut de l'objet n'est pas exclue pour les verbes pronominaux concernant les choses.
L'effacement de la valeur primitive explique la cacographie : « soit disant » ainsi que la tendance à la variabilité. Ajoutons encore qu’il est un peu trop simple d’opposer les choses aux personnes. Même pour des personnes, « soi-disant » peut heurter la logique sourcilleuse ( «C’est un monstre d’abomination que ce soi-disant enfant trouvé.» Hugo)
De manière plus générale, les grammairiens qui s’en sont pris à l’emploi de « soi-disant » pour les choses ont été obnubilés par ce qu’impliquait le sens habituel du mot « dire » alors que c’est le statut syntaxique de l’expression qui a profondément changé ».


Dernière édition par Tyu le Mar 13 Déc - 11:16 (2016); édité 1 fois
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Daniel
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MessagePosté le: Mar 13 Déc - 11:14 (2016)    Sujet du message: Nivelons par le bas Répondre en citant

Wahou !!!!!! Total
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Ils ne savaient pas que c'était impossible à faire. Alors ils l'ont fait.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:54 (2018)    Sujet du message: Nivelons par le bas

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