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Retour vers le futur passé

 
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bay
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MessagePosté le: Lun 21 Sep - 10:54 (2015)    Sujet du message: Retour vers le futur passé Répondre en citant

De grand papa, ou plutôt du grand-papa de grand papa, pour les plus jeunes…

La propriété d’une liseuse, associée à quelques heures de liberté sur le sable chaud, où il est préférable de ne pas bronzer idiot, sans oublier une indécrottable radinerie, m’a conduit à explorer un genre de lecture assez inhabituel ; j’ai embarqué dans mes bagages estivaux quelques mégaoctets d’un rapport qualité/prix théoriquement infini, écrits par des auteurs assez anciens pour que leurs œuvres soient tombées dans le domaine public, en privilégiant, bien que les dates de production soient en contradiction avec cette sorte de romans, la science-fiction.

Il est amusant de découvrir comment les émules de Jules Vernes et de H.G. Wells voyait le futur, qui pour nous appartient souvent déjà au passé. Votre serviteur (c’est moi !) avait d’ailleurs déjà commenté ici-même un livre de Jack London, « le talon de fer », qui est de la même veine. Les trois ouvrages que j’ai lu, respectivement ; « Un habitant de la planète mars – 1865 », « Le prisonnier de la planète mars » – 1908, et « Les hommes frénétiques » – 1925, ont une couleur un peu irréaliste et désuète, mais en disent long sur la mentalité qui régnait en occident il y a un siècle ou un et demi.

Un habitant de la planète mars – 1865 – Henri de Parville. Le roman, à vrai dire un peu ennuyeux, commence par une lettre que reçoit le narrateur, lui relatant la découverte dans un désert d’Amérique du nord d’un aérolithe enfoui depuis des siècles contenant une espèce de tombe abritant la dépouille momifiée d’un être « venu d’ailleurs », d’un ailleurs que les scientifiques qui campent autour du lieu de la fouille devinent être notre planète sœur, Mars. On n’est pas dans « La guerre des mondes », où des Martiens bien vivants s’invitent chez nous pour y zigouiller tout ce qui vit ; non, l’envahisseur est défunté depuis belle lurette. Et il est venu il y a bien longtemps. Mais comment ? L’auteur, qui était loin d’envisager un mode de propulsion semblable à celui de Vernes (« de la terre à la lune » est pourtant publié la même année !), d’ailleurs très fantaisiste, mais plus proche de la réalité d’aujourd’hui, a recours à un artifice alambiqué pour expliquer la présence dans les plaines du Middle West de cette étrange momie extra-terrestre : la tombe d’un grand ponte de la planète rouge, probablement un grand savant, avait été creusée au sommet d’une montagne de Mars. Le choc d’une météorite a propulsé le caveau jusque sur la terre, et l’évolution géologique, en le recouvrant de terre, l’a placé dans le sous-sol. Bon, c’est assez rocambolesque, la probabilité d’un tel jeu de billard cosmique frise la nullité ; mais quand les fusées Saturne, les spoutniks, et même les V2, n’étaient pas envisageables, même dans les rêves les plus fous, plusieurs décennies avant que Clément Ader et les frères Wright parviennent à faire décoller un tas de ferraille de quelques centimètres pendant quelques secondes, l’auteur de SF devait faire appel à des procédés de voyages interplanétaires qui nous semblent peu plausibles.

Le livre est surtout un prétexte pour présenter l’état de la science à l’époque, puisque des savants de toutes spécialités se réunissent en congrès près du lieu de l’impact pour exposer leurs conjectures. L’exposé est un peu long, à mon avis, et le lecteur reste sur sa fin, car on ne saura pas avec certitude qui était cet alien voyageur. Et s’il y a une chute, à part celle du météore, elle est attendue et décevante.

Le prisonnier de la planète mars – 1908 – Gustave Le Rouge. Ce roman a obtenu un grand succès, et son auteur fut adulé par certains de ses contemporains, notamment les surréalistes. Là le voyage se fait dans le sens Terre-Mars, ce qui le rend plus palpitant car il aboutit à des descriptions de la planète inconnue. Le mode de propulsion, s’il se dispute en invraisemblance avec celui du précédent, est pour le moins original ; c’est une force spirituelle, obtenue par la concentration d’une armée de fakirs, qui propulse le héros jusqu’au sol martien. Il y fait la connaissance des gens du cru, êtres pacifiques et grassouillets qui sont harcelés la nuit par des espèces de chauves-souris et des pieuvres volantes. Beaucoup de faits décrits sont en contradiction avec la science d’aujourd’hui ; il est notamment question des fameux canaux. Mais, en oubliant les imperfections datées, la lecture n’est pas trop soporifique. On est vraiment dans la science-fiction.

Les hommes frénétiques – 1925 – Ernest Pérochon. C’est de la SF prospective qui se situe à une époque future et lointaine, au cinquième siècle de l’ère dite universelle, bien longtemps après la disparition des anciennes religions et idéologies. Quand l’auteur évoque les races supérieures, les « nègres », les « jaunes », on se prend à penser, en prenant en compte la date de publication, qu’il a puisé certaines inspirations dans « mein kampf ». Sa courte biographie sur Ouiqui nous apprend, ouf !, qu’il fut en bisbille avec le régime de Vichy, et qu’il était plutôt du côté de la résistance. D’ailleurs, c’était un homme de gauche, qui a publié en feuilletons dans l’Humanité ; il a même décroché le Goncourt, en 1920. Pourtant son nom m’était inconnu. La description de la technologie du futur est assez amusante : les avions, les armes, l’urbanisme, sont très proches de ce qu’ils étaient pendant l’entre-deux-guerres ; l’auteur a exagérément bridé son audace. Comme disait A.C. Clarke (de mémoire) : vous pouvez imaginer le futur de toutes les façons, la réalité sera encore plus fantastique !

La guerre ultime que narre Pérochon, moins de quinze ans avant la vraie, dont on pouvait pourtant sentir les prémices, a lieu mille ans plus tard, et oppose, en gros, les « jaunes », asiatiques, aux « blancs et leurs alliés les nègres ». Le conflit débouche sur une période de paix, un monde idéal et vertueux. A la fin d’un certain siècle, qu’on nomme du nom d’un savant qui a contribué à l’avancée de la science et de la technologie, le disciple dudit savant, Averine, un certain Harrisson, travaille sur un procédé de modification de la matière qui peut permettre un fantastique progrès, mais qui, mis en de mauvaises mains, la conduira à sa perte. Cette invention, appelée système 13, est décrite de manière absconse ; on suppose que l’auteur, peu soucieux de la vraisemblance scientifique, a surtout voulu insister sur les implications philosophiques, politiques, et guerrières, du progrès de la science. La vision de la société qu’il imagine recèle beaucoup d’échos des préoccupations (que ce mot est bien vu !) et des événements survenus dans les années 1920. L’aspect prophétique, vu de notre début de siècle, est assez délirant ; mais on pardonne à l’auteur, comme aux deux autres, des erreurs qui ne sont dues qu’à la nécessaire ignorance de l’avenir. Bien des livres écrits plus récemment, et par les meilleurs, en contiennent des flopées. Et les ouvrages d’aujourd’hui qui traitent du futur feront sans doute sourire nos descendants !
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MessagePosté le: Lun 21 Sep - 10:54 (2015)    Sujet du message: Publicité

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