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cab
Conjonction volubile

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Féminin Lion (24juil-23aoû) 鷄 Coq

MessagePosté le: Jeu 28 Mai - 12:57 (2015)    Sujet du message: Revenir Répondre en citant

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10h59. Gare d’Eymoutiers.
Alice vérifie sa montre. Horaire respecté. Elle est partie de Brive ce matin à 8 heures précises. Trois heures qu’elle est dans ce train ! Encore autant et elle sera chez elle.
Finalement le temps a passé vite. Lecture, paysage qui défile, mais surtout pensées qui trottent dans la tête.
Pourquoi n’est-il pas venu la chercher ? Clermont-Brive en voiture, à peine deux heures…au lieu de ça, six heures et demie de train. Après tout, c’eut été la moindre des choses vu que c’est lui qui lui a demandé d’écourter son séjour.

Du lit où elle passait ses journées depuis sa sortie de l’hôpital, sa mère avait souri tendrement : « c’est bon ma fille, ça va bien maintenant, le plus dur est passé. Bientôt je pourrai me lever. Ne t’inquiète pas, mais j’aurais bien aimé les voir quand même, rien qu’un peu. »
Oui ! Elle aussi aurait bien aimé que Louis et les enfants viennent la chercher l’espace du week-end.
Pas le temps, trop de travail pour Louis, trop de copains pour les enfants.
Alice, elle, a le temps puisque c’est à eux qu’elle consacre sa vie.
Sa vie ? Le quotidien bien huilé d’une femme mariée, d’une mère au foyer. Épouse et mère. Mais pendant quinze jours elle avait pu être fille. S’occuper de sa mère à son tour. Le coup de téléphone, l’annonce de l’infarctus. La peur passée, tout danger écarté, elle avait presque été heureuse de ce coup de pouce du destin. Revenir dans la maison maternelle, sur les hauteurs de Brive, passer un mois avec sa mère. Une parenthèse ouverte dans laquelle Alice s’était engouffrée, comme affamée de tendresse et de souvenirs.
Mais le devoir l’avait appelée.
Fermée la parenthèse.
Louis ne s’en sort pas. L’intendance, c’est pas son truc : c’est ainsi qu’il l’a formulé. Et la voilà qui cogite maintenant. Elle est donc l’intendante. Il aurait pu dire : « tu me manques, tu nous manques ». Pincement au cœur. Jusqu’à présent elle n’en avait pas pris conscience. Tout lui semblait logique, dans l’ordre des choses. Elle aimait même que l’on ait besoin d’elle. Faire en sorte que tout aille bien chez eux, que personne ne manque de rien. Les choyer comme des princes, tous les trois. Cela faisait partie du contrat invisible qu’elle avait tacitement signé. Parfois elle se sentait coupable de ne pas travailler et redoublait d’efforts, ne sachant plus quoi faire pour justifier ce privilège. D’autant que Kevin et Manon allaient bientôt quitter la maison.
La maison, trompeuse métaphore pour dépeindre leur appartement coincé dans un immeuble du centre-ville. Alice s’efforce de lui donner une âme, mais elle ne s’y plait pas. Elle ne l’a jamais dit. Louis estime que l’endroit où l’on vit n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est son travail et tant pis pour les déménagements successifs qu’il aura générés. Ne pas s’attacher aux lieux. Les enfants s’y plaisent. Près de tout, lieu de passage où ils rentrent dormir. Lieu de passage où elle reste.
Elle ne saurait dire si le fruit de sa réflexion est la conséquence directe de sa parenthèse inachevée, mais tout lui parait triste depuis qu’elle a quitté la maison maternelle. Voyage monotone, paysage se répétant sans fin. Les arbres, qu’on dirait calcinés tant ils tendent vers le ciel en de funèbres suppliques leurs branches dénudées, cèdent peu à peu le terrain aux sapins, tristes sires vêtus de vert obscur. Les ardoises couvrent sombrement les toits, et les champs sont saturés de pluie. Désolante monochromie. Mais il en est toujours ainsi l’hiver. Elle le sait. En d’autres temps, elle aurait simplement pensé que la nature se préparait pour la renaissance du printemps et aurait même trouvé belle cette tristesse. Non, ce n’est pas cela…et elle sait que sa mère a ressenti la même mélancolie quand elle l’a quittée. Comme si elle pressentait ce dont elle-même n’avait pas conscience, elle a veillé à faciliter son départ, lui répétant de ne pas s’inquiéter, que sa famille avait besoin d’elle.
12h24. Le train s’arrête en gare d’Ussel.
Toujours aussi sinistre en cette saison. Elle se secoue. Demain sera meilleur. C’est ainsi qu’elle procède. Elle a toujours mis de côté ses états d’âme, personne autour d’elle n’imaginant qu’elle put même en avoir ! Le train repart. Encore deux heures avant Clermont.
Plus l’heure de l’arrivée approche, plus elle sent son ventre se creuser, pour se remplir d’un gouffre. Elle connaît cette douleur, celle de la déception, celle de l’amertume.
Mercredi, Manon au téléphone :
- « Maman, tu reviens quand ? ». Deux secondes d’espoir. « Je veux faire un marché de noël, il me faudrait une centaine de crêpes». Retour sur terre. Cruel.
- « C’est quand ton marché ? »
- « Dimanche »
- « Ma chérie il va falloir que tu les fasses, je ne peux pas déjà laisser mamy. »
- « Attends, ça va faire bientôt quinze jours que t’es là-bas. Et nous alors ? »
- « Je sais, ma chérie, mais parfois dans la vie il y a des priorités ».
- « Ah je croyais que ta priorité c’était nous ! De toute façon papa doit t’appeler parce qu’il en a marre de devoir tout gérer. Tu ne te rends pas compte, il n’a pas que ça à faire. »
Alice n’avait rien dit, comme d’habitude, et avait raccroché. Grosse boule dans la gorge. Mais, ô miracle, sa fille, pour une fois, ne l’avait pas affublée du ma pauv’mère habituel.
Le soir-même, Louis avait rappelé, et convaincu la brebis égarée de rentrer à la bergerie.
- « Qui vient me chercher ? »
Silence…
- « Ben oui, je ne vais pas refaire ce trajet en train, non? Si tu ne peux pas, demande à Kevin. Après tout, s’il n’avait pas pris ma voiture, je ne serais pas en train de me creuser la tête pour savoir comment je vais rentrer. »
- « Y a pas de quoi se creuser la tête. Le choix est vite fait ; moi je ne peux pas et Kevin passe le week-end à Grenoble. »
Nouvelle boule dans la gorge. De plus en plus difficile à avaler…
Kevin à Grenoble…sûr que c’est mieux que de venir chercher sa mère…Elle ne sait plus maintenant. Ne leur trouve plus d’excuses. N’est-elle pour eux que celle qui fait le ménage, veille à ce que le réfrigérateur soit toujours plein, s’occupe de leur linge, de leurs repas ? N’ont-ils aucun souvenir de ce qui fut ? Qui les a mis au monde, les a bercés, nourris, élevés, a apaisé leurs peines et leurs douleurs ? Leurs premiers pas, leurs premiers mots, les devoirs chaque soir, les nuits passées à avoir peur, à veiller, à les écouter respirer pour jouir simplement du bonheur d’être mère …
Manon, oui elle fera ses crêpes parce que c’est écrit.
Louis…
14h22. Gare de Royat-Chamalières
Plus que six minutes.
Alice prend sa trousse de maquillage et se dirige vers les toilettes.
Être belle pour lui, toujours. Mais pourquoi ? Pour lui faire honneur, pour être sa fierté, sa petite femme à lui. L’intendante… et lui, que fait-il pour lui plaire ? Qu’il le veuille ou pas, lui aussi a vieilli. Pourquoi prouverait-il quoi que ce soit quand elle est toujours là, pendue à ses basques, devançant le moindre de ses besoins. Quant aux désirs, elle ne sait pas. Peut-être les assouvit-il ailleurs ? Bizarrement cette idée ne lui procure pas la douleur escomptée. Même plus jalouse, plus amoureuse. À quel moment a-t-elle cessé de l’aimer ? Deux petites semaines auront suffi à lui ouvrir les yeux ? Ils ne s’aiment plus et c’est un fait.
Alice regarde sa montre : 14h24. Se penche sur la glace et s’interroge :
Qu’as-tu envie de faire ?
Veux-tu continuer ?
N’ont-ils plus que besoin de toi ?
Qui es-tu ?
Elle se redresse, soupire profondément. Elle sait ce qu’elle voudrait.
Elle voudrait rentrer chez sa mère, s’occuper d’elle jusqu’à ce qu’elle guérisse.
Elle voudrait profiter de ce temps pour trouver un travail.
Elle voudrait chercher une toute petite maison, avec un jardin planté d’arbres et de fleurs. Pas un appartement.
Elle range son maquillage, elle n’en a pas besoin, et regagne son fauteuil.
Elle imagine les retrouvailles :
Louis : baiser formel, rapide et distrait, courses au supermarché, appartement et linge à l’envers. Même pas surprise. Choses rentrées dans l’ordre.
Kévin : retour de week-end, jette son sac à terre et fonce sur le frigo : « qu’est-ce qu’on bouffe ? Ah salut m’man. T’es revenue ? » Baiser formel, rapide et distrait sur la joue.
Manon : prête à partir avec une copine, « salut m’man, je file, ne m’attendez pas ce soir ». Baiser formel, rapide et distrait sur la joue.
Pas de « et comment va mamy ?», ni de « et toi comment ça s’est passé ? » encore moins de « ça fait du bien de te revoir »…

14h28. Gare de Clermont-Ferrand.
Les autres voyageurs se lèvent avant l’arrêt pour saisir leurs bagages. Ce n’est que maintenant qu’elle les voit. À aucun moment, depuis son départ, elle n’a eu la sensation de ne pas être seule. C’est ici et maintenant qu’elle semble s’ouvrir au monde.
Le train freine bruyamment et s’arrête enfin. Six heures trente de trajet, six heures trente dans une vie, pour une vie. Le rideau de sa fenêtre est légèrement tiré. Elle y appuie sa tête. Dix minutes d’arrêt. Il y a foule sur le quai, pourquoi se bousculer. Balayant tous ces anonymes courant vers leur vie, elle cherche un visage auquel se raccrocher, la chaleur d’un regard capable de faire bondir son cœur, quand elle l’aperçoit. Louis a l’air impatient, elle le fait attendre et il déteste ça. Sans complaisance elle l’observe. Deux semaines sans le voir et rien ! Non rien ! Elle ne ressent rien en le voyant, même pas de la tendresse. Vingt-et-un ans ensemble et rien. Son cœur n’a pas bondi. Lui, il n’est même pas inquiet, il fait les cent pas, regarde l’heure toutes les dix secondes.
14h33. Le quai est vide ; il longe les wagons. En mari prévenant, il aurait dû s’inquiéter du numéro de sa voiture, savoir où la chercher. Il prend son téléphone, pianote avec agacement. Le téléphone d’Alice sonne dans le vide. Et s’il n’y avait plus d’abonné à ce numéro-là…
14h37. Le départ est annoncé. Alice prend son téléphone enfin redevenu muet et attend.
14h38. Elle compose le numéro de Louis, ajoute en destinataires Kévin et Manon et tape son message. Oh ! Rien de bien lyrique, aucun regret ni demande d’excuses :
« Je suis ailleurs, là où vous n’êtes pas.»
Puis elle ferme les yeux pour ne plus voir le quai. Lorsqu’enfin le train démarre, elle appuie sur la touche envoi de son téléphone avant de l’éteindre.
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MessagePosté le: Jeu 28 Mai - 12:57 (2015)    Sujet du message: Publicité

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rascasse
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MessagePosté le: Jeu 28 Mai - 13:33 (2015)    Sujet du message: Revenir Répondre en citant

Au risque de me répéter, j'ai beaucoup aimé ton texte. tout particulièrement le paradoxe (très joliment rythmé par les gares qui défilent et l'heure qui avance) entre la distance qui se réduit entre ton personnage et sa famille tandis qu'au contraire s'accroit celle qui apparaît désormais comme une évidence. Je trouve aussi très belle cette fin qui ressemble à s'y méprendre au début d'une existence à recommencer même si l'on devine par avance que rien ne sera simple. Je crois que le vrai courage consiste à savoir analyser froidement les situations et à oser franchir les frontières du raisonnable.
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J'apprécie tout particulièrement les heures pas encore mais déjà plus
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Marixel
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MessagePosté le: Jeu 28 Mai - 13:37 (2015)    Sujet du message: Revenir Répondre en citant

Un texte intime, très touchant, servi par une langue simple mais juste et parfaitement maîtrisée, à l'égal de ton personnage. Au cours du long voyage en train, cette épouse, cette mère, que son mari et ses enfants considèrent uniquement comme la bonniche de service, va comprendre jusqu'à l'évidence qu'elle doit enfin se respecter elle-même. Une renaissance pour elle et une belle prouesse d'auteur, pour toi.

Prix amplement mérité

Merci de ce beau partage
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cab
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MessagePosté le: Jeu 28 Mai - 13:53 (2015)    Sujet du message: Revenir Répondre en citant

Je suis touchée Marixel, vraiment...Merci
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cab
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MessagePosté le: Jeu 28 Mai - 13:55 (2015)    Sujet du message: Revenir Répondre en citant

Euh je n'avais pas vu le commentaire de Rascasse...
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Kissounia
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MessagePosté le: Dim 31 Mai - 00:09 (2015)    Sujet du message: Revenir Répondre en citant

Très beau texte. C'est énorme, ce que tu fais passer en si peu de ligne. Je suis tout à fait d'accord avec ce qui a été dit précédemment, j'y ajouterai que tu exprimes très bien (et c'est là aussi une prouesse dans ce format) l'idée de l'habitude, qui est invisible tant qu'on ne prend pas de distance et qui devient par contre insupportable dès qu'on arrive à observer sa vie avec un peu de recul. Tu décris bien la prise de conscience de cette mère, qui se précise au fur et à mesure qu'elle se rapproche de l'arrivée et qui réalise qu'elle s'est purement et simplement oubliée dans l'existence qu'elle a menée jusque là.
Bravo
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cab
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MessagePosté le: Dim 31 Mai - 05:11 (2015)    Sujet du message: Revenir Répondre en citant

Merci Kissounia...Tous ces commentaires me font chaud au cœur. Souvent, lorsque je fais lire mes nouvelles, certains n'y voient pas tout ce que j'ai voulu y faire passer, mais avec vous, je dois reconnaître que chaque mot que j'ai choisi a trouvé un écho...Vous avez vu les paradoxes, rapprochement, éloignement, les autres, soi-même, quand d'autres n'ont vu qu'une mère laissant ses enfants...Vous me donnez l'envie de continuer. Merci
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Marixel
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MessagePosté le: Dim 31 Mai - 08:34 (2015)    Sujet du message: Revenir Répondre en citant

J'espère bien que tu vas continuer, Cab. Si tu en es aux débuts de l'écriture, tu vas pouvoir exploiter ton potentiel.

Tu expliques que tu as choisi minutieusement chaque mot et je voulais revenir sur un passage très intéressant.

Voyage monotone, paysage se répétant sans fin. Les arbres, qu’on dirait calcinés tant ils tendent vers le ciel en de funèbres suppliques leurs branches dénudées, cèdent peu à peu le terrain aux sapins, tristes sires vêtus de vert obscur. Les ardoises couvrent sombrement les toits, et les champs sont saturés de pluie. Désolante monochromie.


J'ai parlé de langue sobre - ce qui ne veut pas dire simple - mais je voulais souligner la beauté des images poétiques, la puissance de leur évocation (arbres calcinés tendant leurs branches en de funèbres suppliques) - mais surtout le lien étroit, intime, entre le paysage et l'état d'âme d'Alice. Un peu comme un effet miroir, le paysage monotone lui renvoie la vie terne dont elle s'accommodait, jusqu'ici ; c'était son lot, sa condition, elle ne s'était sans doute jamais posé la question de savoir si elle méritait mieux. Et au fur et à mesure que le train roule, la monotonie du paysage devient désolation, lui renvoyant le reflet de sa propre existence, au bout du compte un champ de ruines. Ils ne la respectent pas, ils ne l'aiment pas inconditionnellement, ni comme épouse, ni comme mère. Il n'y a rien à construire, à partir de décombres. Et c'est en revoyant sa mère - une parenthèse ouverte dans laquelle Alice s’était engouffrée, comme affamée de tendresse et de souvenirs - qu'Alice a pris conscience du manque, du vide et du fait qu'elle s'oubliait, se niait, se reniait presque elle-même. Elle ne peut plus rentrer. Elle sent qu'elle doit vivre pour elle, enfin. Se retrouver, revenir à elle - le titre (à plusieurs significations) annonce aussi cette renaissance.

Je reprends les propos de Kissounia : c'est énorme ce que tu fais passer en si peu de lignes.
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cab
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MessagePosté le: Lun 1 Juin - 01:58 (2015)    Sujet du message: Revenir Répondre en citant

Marixel, je ne sais plus quoi dire, assise devant mon vieil ordinateur qui me sert néanmoins d’exutoire. Peut-être parce qu'il est vieux, justement...Merci pour tes mots. Tu vois ce sont des mots qui me touchent au plus profond de moi, bien plus que n'importe quel prix, et me donnent l'envie, que dis-je le besoin, de continuer à écrire. Merci, tout simplement...
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:47 (2018)    Sujet du message: Revenir

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