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Week-end provençal

 
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Mélomaniac
Adjectif enthousiaste

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MessagePosté le: Jeu 30 Avr - 12:12 (2015)    Sujet du message: Week-end provençal Répondre en citant

Ce matin, en la regardant bien, il la trouvait plutôt belle.

Ils avaient décidé de prendre le petit déjeuner sur la terrasse, pour profiter du soleil et de la brise venue du sud, qui apportait avec elle des effluves de lavande, bousculant délicatement les cheveux de Marie. Cette longue nuit dans un cadre enchanteur semblait lui avoir fait grâce de quelques années, se fit-il la remarque. Ou peut-être était-ce uniquement les teintes ocre de la lumière matinale qui adoucissaient le visage de son épouse, habituellement marqué de rides profondes. Elle eut un sourire ravi quand un moineau vint se poser tout près d’eux.

Tout en l’observant furtivement beurrer ses tartines, il se remémora avec émotion les moments clés qui avaient jalonné leur vie commune : leur rencontre, bien sûr. Elle était alors bien jolie, cette jeune fille timide que lui avait présenté un camarade de classe. Elle avait si peu d’assurance qu’il avait eu du mal à croire qu’elle était l’héritière d’un grand industriel. La séduire avait été d’une grande facilité. Lorsque Marie était tombée enceinte l’année suivante, il l’avait bien sûr épousée.

Il avait ensuite achevé ses études, puis son beau-père lui avait proposé un poste, tout d’abord dans un obscur service dédié aux brevets. Comme il était travailleur, il avait gravi les échelons d’années en années, jusqu’à devenir Directeur adjoint de la société. Quant à Marie, elle aussi avait mené la vie qui lui convenait : une vie d’épouse et de mère dévouée, toujours là pour apaiser les chagrins de leurs enfants, et toujours prête à le pardonner pour ses quelques incartades. Oui, vraiment, ils avaient eu une belle vie tous les deux.

Aujourd’hui débarrassés des contraintes de la vie de famille, ils en profitaient pour partir parfois en week-end. Cette-fois ci, il avait loué un petit gite niché dans la campagne provençale, un véritable écrin de douceur, et surtout, sans une habitation à vingt kilomètres à la ronde. Tout juste pouvait-on parfois entendre, selon le sens du vent, la cloche d’une église éloignée.

«- Est-ce que tu veux encore du jus d’orange frais ? proposa Marie en levant la carafe vide.
- Ne bouge surtout pas, je m’en occupe, » lui susurra-t-il, se levant prestement.
Il se dirigea vers la cuisine et s’affaira quelques minutes avant de revenir avec le précieux nectar. Lui versant un verre, il lui murmura à l’oreille :
« Quel endroit délicieux, n’est-ce-pas ? J’espère que cela te plait. Je l’ai choisi spécialement pour toi. »

Marie approuva chaleureusement avant d’avaler une grande gorgée. Puis soudain elle se figea et leva les yeux vers lui, stupéfaite, tandis qu’il revenait s’asseoir à sa place.

Il la regarda porter lentement la main à son cou, prise de panique en sentant les petites aiguilles familières qui envahissaient sa gorge. Elle essaya de déglutir, puis de se lever, avant de vaciller et de s’effondrer au sol, sous l’emprise du choc anaphylactique.

Il la regardait toujours lorsqu’elle leva la main vers lui, suffocant, l’implorant pour qu’il aille chercher dans son sac la petite seringue d’adrénaline qui lui sauverait la vie.
Mais il ne bougea pas. Il avait pris cette résolution voilà déjà plusieurs mois, presque dès qu’il avait rencontré Amanda, sa maîtresse actuelle.

Avant de se diriger vers le téléphone pour appeler le SAMU, il regarda une dernière fois le visage de Marie, déformé par les spasmes de l’agonie, et se dit que non, finalement, elle n’était plus vraiment belle.
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MessagePosté le: Jeu 30 Avr - 12:12 (2015)    Sujet du message: Publicité

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bay
Conjonction volubile

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Inscrit le: 07 Juin 2010
Messages: 2 572
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Masculin

MessagePosté le: Jeu 30 Avr - 12:36 (2015)    Sujet du message: Week-end provençal Répondre en citant

Bonne idée, bien écrit ; c’est l’appréciation qui figure dans la marge de ma copie. C’est cruel, immoral, ce qui n’est pas pour me déplaire. L’adjectif final fait mélodieusement écho à celui du début. Sur la cinquième marche, inexistante, de mon podium.
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Marixel
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MessagePosté le: Jeu 30 Avr - 14:51 (2015)    Sujet du message: Week-end provençal Répondre en citant

Mon numéro 2, sans aucune hésitation.

J'ai beaucoup aimé ce texte très bien écrit. Le décor est bien campé, l'histoire des personnages présentée par petites touches chronologiques. Le contraste entre la prévenance de l'homme envers sa compagne et la réalisation de son monstrueux projet est très intéressant. On ne s'attend pas à la chute qui, comme le dit Bay, fait mélodieusement écho à l'introduction. Un parfum de cruauté et d'immoralité, oui, qui, admirablement dosé, donne tout son piment au texte.

Un petit bémol : je me suis demandé comment elle était morte ; parce qu'il avait versé du poison dans son jus d'orange ? Je penche pour cette hypothèse car il s'est affairé quelques minutes dans la cuisine mais le poison aurait-il pu faire effet aussi vite, dès l'absorption de la première gorgée ? Et elle aurait cru qu'elle mourait d'une crise aiguë de diabète ?

Puisque les critiques se veulent constructives, dans la phrase, "Il avait pris cette résolution voilà déjà plusieurs mois, presque dès qu’il avait rencontré Amanda, sa maîtresse actuelle", l'utilisation de "presque" ne me semble pas correcte. Je te propose : " Il avait pris cette résolution voilà déjà plusieurs mois, peu après avoir rencontré Amanda, sa maîtresse actuelle."
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Thaïs
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Féminin Sagittaire (22nov-21déc)

MessagePosté le: Jeu 30 Avr - 20:26 (2015)    Sujet du message: Week-end provençal Répondre en citant

Bien aimé aussi car bien écrit, j'ai cependant flairé l'entourloupe dès le second paragraphe: "héritière d'un grand industriel, facile à séduire". Cela sent l'appât du gain Smile

Mon seul bémol à moi réside dans la phrase:" Il la regarda porter lentement la main à son cou, prise de panique en sentant les petites aiguilles familières qui envahissaient sa gorge."
J'associe (à tort peut-être) davantage la panique à une gestuelle frénétique ou alors à une totale paralysie, mais pas à la lenteur du mouvement. D'autre part, je ne suis pas persuadée qu'en cas d'oedème de Quincke on ressente de petites piqûres d'aiguilles, c'est plutôt une sensation massive d'étouffement liée au gonflement des tissus.

Et, détail, j'aurais voulu connaître l'allergène glissé dans le jus d'orange...

Mais bon, je suis une obsédée du détail
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Armorique
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Féminin

MessagePosté le: Jeu 30 Avr - 20:37 (2015)    Sujet du message: Week-end provençal Répondre en citant

Immoral à souhait ! J'ai beaucoup aimé cette histoire et j'ai bien failli la mettre sur mon podium. Je pense que ce souci du détail, dont parle thaïs m'a ennuyée également, il y a en effet un flou sur les causes de sa mort... Je regarde le journal de la santé presque tous les jours cela me rend trop critique, Mr. Green
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Il vaut mieux qu'il pleuve aujourd'hui qu'un jour où il fait beau. Pierre Dac
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Mélomaniac
Adjectif enthousiaste

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Féminin Cancer (21juin-23juil) 虎 Tigre

MessagePosté le: Dim 3 Mai - 20:09 (2015)    Sujet du message: Week-end provençal Répondre en citant

Merci beaucoup pour ces commentaires.
Je prends note de la question des détails manquants. Effectivement il doit en manquer, si certains se posent la question de ce qui s'est passé!
Je voulais montrer que le cruel mari empoisonne sa femme, en introduisant une substance à laquelle elle est très allergique dans son jus d'orange.
J'avoue que j'ai rapidement regardé comment se manifestait le fameux "choc anaphylactique", c'est très rapide, mais je ne suis pas sure non plus que ça produise une sensation d'aiguilles (c'était plutôt pour caser un des mots clés!).
Promis, mon prochain crime sera parfait...
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