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Les textes du jeu N°119

 
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danielle
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Féminin Poissons (20fev-20mar)

MessagePosté le: Dim 19 Avr - 09:17 (2015)    Sujet du message: Les textes du jeu N°119 Répondre en citant

La vieille église


Ce matin,
En la regardant bien,
Il la trouvait plutôt belle
Pointant vers le ciel
Sa tour élancée
Parée d'un coq cabossé.
C'est en visitant la vieille église
Qu'il avait rencontré Élise
Pour qui la sympathie
En amour s'était convertie.
Mais Élise l'avait quitté
Pour l'éternité.
Croix de fer, croix de bois,
Il pleurait son désarroi
Quand les cloches d'airain
Ranimaient son chagrin.

Posé sur la grande aiguille
Un moineau entonna un trille
Puis disparut au loin
Emportant d'un coup d'aile
Sa jolie ritournelle.




Jour sans


Ce matin, en la regardant bien, il la trouvait plutôt belle. Les yeux clos, il tenta d’imaginer sa vie sans elle. Il soupira. Passer à l’acte restait malgré tout difficile.
Il se saisit du paddle et affûta lentement sa lame sur la surface de cuir. Geste maintes fois répété, sans jamais aller plus loin.
Il était décidé. Il n’en pouvait plus de vivre dans l’ombre de son élégance rétro qui faisait de lui quelqu’un d’autre. On ne voyait qu’elle. Il voulait redevenir libre. Sans elle. Même s’il la trouvait belle.
La cloche de l’entrée émit un son mat et bref. Un couinement aigu venu du plus profond de sa tension intérieure sortit de sa gorge. Une colère sourde l’envahit. Quelle idée, cette cloche, aussi ! Un heurtoir en bronze serait tellement plus classe !
C’était peut-être sa femme, sortie chercher le pain, qui avait oublié ses clés ? Les mains tremblantes, le front perlé de sueur, il jeta un œil par le judas. L’employée de la Poste lui apportait enfin le colis attendu depuis dix jours ! Avec un rictus de joie, il ouvrit la lourde porte.
Ecarquillant les yeux, la jeune femme poussa un cri abominable. S’agrippant au paquet comme à une bouée, elle détala dans l’escalier.
Interloqué, l’homme poursuivit l’hystérique qui s’enfuyait avec son bien. Cette journée commençait mal ! Sa maquette de bateau, il y tenait !
La porte de la mégère du premier s’entrouvrit et se referma. N’avait-elle pas mieux à faire ?
Emergeant du porche sous le regard ahuri des passants, l’homme scruta la rue, le regard fou. C’est alors qu’une chose molle et tiède heurta son crâne dégarni. Levant un œil torve, il vit la bestiole qui le regardait d’un air narquois. Saleté de moineau !
Voulant attraper un mouchoir dans sa poche, il réalisa qu’il n’en avait pas… et pour cause ! Il était nu. Entièrement nu. Blêmissant, il sentit alors que tout devenait brumeux et flou. Sur fond de lumière clignotante, une voix hurla soudain :
– Lâcher votre arme, tout de suite !
La voix lui parvenait ralentie. Sortie du contexte d’une série policière, cette phrase était particulièrement ridicule.
– Lâchez votre arme, répétait la voix.
S’adressait-elle à lui ? Se concentrant, il vit que son potentiel interlocuteur était un policier armé dont le visage n’exprimait ni sympathie, ni compassion pour son inconfortable nudité.
Il bafouilla alors qu’il avait juste oublié d’enfiler un truc avant d’ouvrir à la factrice et que cela ne nécessitait sans doute pas l’intervention des forces de l’ordre. Levant les mains, il découvrit avec effroi qu’il tenait toujours son rasoir. Il vacilla.
La mégère du premier apparut alors avec et susurra au policier hurleur que c’était elle qui l’avait appelé en voyant ce psychopathe nu comme un ver et armé poursuivre une malheureuse factrice.
L’homme s’offusqua :
– Mais… Je suis votre voisin du dessus ! Vous me connaissez, enfin !
La mégère le regarda de haut en bas, tranquillement.
– Pas comme ça… Je ne vous connaissais pas comme ça, dit-elle, amusée.
De retour de la boulangerie, son épouse s’immobilisa devant lui, effarée. Piteux, il tenta une explication :
– On me l’a enfin livrée, la Santa Ana. Enfin presque. Mais j’étais pris de doutes. Raser ou pas ma belle moustache Guillaume II, avec ses pointes si bien relevées… J’avais peur de ne plus te plaire. La factrice a sonnée, et… Je crois que je frôle le burn-out, en fait.
Il s’écroula, en larmes.
– Tout ça à cause de ta moustache ? murmura-t-elle. J’ai toujours détesté les moustaches… Les moustaches, et les cloches.




Puissant ou misérable…

Ce matin, en la regardant bien, il la trouvait plutôt belle. Oui, assurément, il a des raisons d'être satisfait : elle figure une saucisse brune avec des craquelures sur la surface. D'ordinaire, il examine des congénères beaucoup moins plaisantes, preuves d’un grand dérèglement intérieur. Alentour du docte savant, les spectateurs admirent, s'extasient, se réjouissent également.
— Eh bien Fagon, qu’en pense-t-on, ce matin ?
Le Roi-Soleil, assis sur la chaise d’affaires, tandis que le barbier besogne sur sa noble face, ne daigne même pas jeter un regard vers son médecin ordinaire, agenouillé sous le siège. Il a lancé cette question par habitude, à la cantonade, en réprimant un rictus de souffrance. Car le monarque n'est plus qu'un corps supplicié, perclus de douleurs.
Le guérisseur, le nez presque dans le bourdalou, se redresse un peu, se rengorge et, le visage radieux, déclare, en montrant l'objet à l’assemblée :
— Sire, ce matin, votre selle est divine ! Que son altesse en soit félicitée ! Eussé-je la langue coupée, je ne pourrais celer que votre étron est d’une fort belle moulure, d’une charmante couleur et d’un délicat parfum ! Ce sont les prodromes d’une guérison ! Il faut que vous le sachiez, votre Majesté !

Le souverain ne prête pas le moindre intérêt à l’enthousiasme de son interlocuteur. Cela fait belle lurette qu’il ne croit plus à son salut, se soumettant de mauvaise grâce, pour l'État, aux pratiques perverses de ces vendeurs d’orviétan. Cependant, des courtisans emperruqués vont et viennent dans la chambre, telle une volée de moineaux, faisant tourbillonner autour d'eux une exhalaison de musc et de patchouli.

Guy-Crescent Fagon se remet debout, avuant la merde royale. Il se retire sur-le-champ, en multipliant les révérences. Une fois chez lui, il la dépose avec respect au fond d'un bocal, ajoutant une pièce à la collection qui trône déjà le long des murs de son cabinet, sur les étagères. Il vit entouré de bran monarchique.
Se préoccuper de la défécation bourbonne est son sacerdoce. Grand clerc en fèces régaliennes, il consigne depuis des années la moindre évacuation, fervemment et avec force détails : déroulement, aspect, poids, longueur, teinte, odeur, saveur. Attablé, il commence incontinent la rédaction de son rapport quotidien lorsque tout à coup, on heurte à sa porte. L’intrus insiste. Guy-Crescent finit par lâcher la plume et va ouvrir, en maugréant. L’importun est Jacques Roussel, un pauvre paysan.
— Que me veux-tu, maraud ? tempête l'illustre archiatre, dénué de sympathie.
Roussel, en un patois abscons, explique la raison de sa venue. Il souffre atrocement d’une diarrhée sanguinolente. Il lui semble que l’on trifouille ses entrailles à l’aide d’une aiguille. Courbé en deux, il implore la miséricorde de l'Esculape pour qu’il le soulage. La réponse de ce dernier est cinglante :
— Hors de ma vue, triste gueux, sale manant ! s’écrie-t-il, répugné. Et de lui fermer la porte au nez.

Un peu plus tard, Guy-Crescent quitte sa demeure. L’âme légère et court-vêtue de scrupules, il s’en retourne à Versailles, songeant à la magnificence du château. Quel honneur d'en faire partie ! Quel privilège d’y côtoyer Louis-Dieudonné ! Sa vanité est comblée. Soudain, tout en cheminant, son cœur flanche, puis s’arrête. Il choit lourdement dans un fossé rempli d'ordure. Totalement souillé, le maître ès excréments, avant d’expirer, a juste le temps de bénir Stercorius d’une si délicate attention. Eût-il pu rêver plus digne hommage ?



Lâcher prise.


Ce matin, en la regardant bien, il la trouvait plutôt belle. De ces beautés qui naissent d’une envie, d’un désir. Soudain si fascinante, tentatrice, ultime alliée en ces heures tourmentées, brumeuses d’angoisse et de fatigue. Des années qu’il ne l’avait ainsi reluquée, la côtoyant au quotidien sans vraiment y penser, rutilant accessoire parmi d’autres dans une vie parfaitement calibrée. Rien de plus, à peine un objet, tandis qu’il volait de succès en succès et d’accomplissements en victoires, poursuivant tête baissée sa brillante trajectoire. Hier encore, sur un claquement de doigts, une chiquenaude de l’index, toutes les portes s’ouvraient, il traitait sans intermédiaires avec ces interlocuteurs qui président aux destins du monde. Puis, un mauvais placement, un mauvais pari, roulette russe. L’argent s’était mis à filer non plus à discrétion mais à bouillons rageurs, flux débridé, rien n’était parvenu à endiguer l’exsanguination financière. De toute part, on lui avait tourné le dos, claqué les portes au nez. Il avait tout perdu.

Presque tout. Ses résidences, ses comptes offshore, jusqu’à sa collection de montres qu’il avait dû brader pour grappiller quelques liquidités, un sursis dérisoire. Tout du long de cette débâcle elle était restée là, comme attendant son heure, ce moment où enfin elle prendrait dans sa vie une nouvelle importance. Cet instant où il comprendrait qu’elle lui offrait dans la tourmente l’apaisement d’un havre de paix. La veille, il l’avait attirée à lui puis écartée d’un geste exaspéré, refusant son facile réconfort. Mais dans la pâleur déprimante du matin voici qu’il la redécouvrait, présence discrète à ses côtés, inébranlable et séduisante, délicatement nimbée d’une lumière balbutiante qui satinait ses formes. Lovée dans des replis soyeux, n’attendant que son bon vouloir. Il tendit le bras, l’effleura. Laissa courir sa paume au long du galbe ferme d’une courbe parfaite. Se rappela l’avoir choisie pour cela, autrefois, pour l’excitation ressentie à son simple contact, presque choquante dans sa violence, millions d’aiguilles qui avaient agacé son derme dès le premier frôlement. Sentiment trouble de puissance mâtiné de fragilité. Il l’avait jugée belle et froide, rassurante, une âme d’acier trempé vers laquelle se tourner en cas de gros coup dur. Au tout début, il avait tenu à ce qu’elle l’accompagnât partout, heureux comme un gosse de pouvoir l’exhiber tant il la jugeait élégante, tant elle avait du chien. Au même titre que ses bolides ou que ses montres suisses. Puis, il s’était lassé. Ses nouveaux jouets ne l’amusaient qu’un temps. Il l’avait alors reléguée sous cloche dans son manoir normand, la sachant à disposition mais l’oubliant un peu. À présent, manoir vendu, elle était toujours là, tel un moineau têtu espérant sa pitance accroché à la toute dernière branche.

Il l’étreignit, brutal, et la plaqua contre son ventre. Sursauta de la sentir fraîche contre sa peau brûlante, la palpa d’une paume moite, impatiente. Des larmes lui venaient, digues rompues, des larmes et des hoquets, spasmes ultimes de noyé fouetté de déferlantes. Il avait tout perdu, elle était tout ce qu’il lui restait. Son dernier refuge, la seule qui pût encore souffler sur ses blessures.

Il la serra plus fort, avec avidité, ses lignes de vie fébrilement écrasées sur l’incurvé d’une saillie ronde. Son index effleura la fine protubérance qu’il savait si sensible. Il la prit dans sa bouche. Appuya sur la détente.




Belle pour l’éternité


Ce matin, en la regardant bien, il la trouvait plutôt belle. Compte tenu des circonstances, de l’image qu’il conservait des mois écoulés, de la veille, il en éprouvait une sensation de malaise. Effet d’un réveil difficile après un sommeil obtenu à grand-peine à coup de somnifères ? Il se pencha plus avant et l’impression se confirma. Certes, il ne retrouvait pas les joues roses de la pétulante adolescente dont tous les lycéens se disputaient les faveurs et qu’émerveillé il avait fini par séduire. Ce n’était pas non plus la beauté rayonnante de la jeune épousée, divine dans sa robe éclatante de blancheur. Pas non plus l’expression de plénitude, de ravissement intérieur de Claire pendant ses deux grossesses, puis lorsqu’elle s’occupait de ses bébés, leur chantait des berceuses le soir, se promenait, radieuse, bras dessus bras dessous avec ses grandes filles.
Au malaise, se mêlèrent le doute, le désarroi. Tournèrent en boucle dans son esprit les vingt années de bonheur sans nuage auprès d’une compagne enjouée, élégante, sportive, qui n’attirait que l’admiration et les sympathies, sur qui le temps ne semblait avoir aucune prise. Suivirent les années noires : la cinquantaine venue, les enfants installés dans leur vie d’adultes, alors qu’incorrigibles tourtereaux ils se préparaient pour une nouvelle lune de miel, la maladie avait frappé à leur porte. Une fatigue, un résultat d’analyse sanguine alarmant et les choses étaient allées très vite, trop vite. Claire avait fait face avec courage, supportant les traitements épuisants, les rémissions suivies de rechutes. Gilles l’avait soutenue de toutes ses forces. Mais le temps passait et Claire n’en pouvait plus, physiquement et moralement. Elle ne quittait presque plus le lit, avait banni tout miroir, honteuse de son teint cireux, de sa peau tirée sur des os désormais apparents, de ses cheveux qu’elle perdait par poignées. Il avait pris un congé pour se dévouer entièrement à elle, à ses soins. Il en crevait de chagrin de la voir souffrir, s’étioler, se désespérer.
— Regarde ce que je suis devenue, murmurait-elle régulièrement avec amertume, un squelette, une loque, un repoussoir. Dis-le moi que je te fais peur, que je te dégoûte !
Il la prenait dans ses bras, l’assurait qu’il était toujours fou amoureux de son joli moineau qui allait reprendre son envol... bientôt. Et il filait se cacher dans la cuisine ou les toilettes pour y pleurer tout son saoul, guettant le tintement de la cloche qui n’allait pas tarder à le rappeler auprès de la malade.
Gilles caressa d’une main tremblante le visage reposant sur l’oreiller. C’était vrai, elle était plutôt belle. L’absence de souffrance lui conférait une sérénité, une sorte d’aura qui le réconforta. Plus de doute, plus de désarroi. Ç’avait été un horrible crève- cœur d’enfoncer la veille au soir dans le bras décharné l’aiguille remplie d’une double dose de calmant. Mais il avait promis et tenu sa promesse.
Elle était plutôt belle. Belle, infiniment belle, elle le serait à nouveau, lorsque tous viendraient lui dire un dernier adieu alors qu’elle reposerait dans sa boîte capitonnée de soie, enveloppée dans ses voiles de mariée.


Introspection


Ce matin, en la regardant bien, il la trouvait plutôt belle. En y repensant, il se rendit compte que c’était la première fois qu’il lui attribuait cette qualité. Evidemment, elle attirait une espèce de sympathie automatique et il ne pouvait s’empêcher de sourire en la voyant, mais l’idée ne l’avait jamais effleuré que cela puisse résulter d’une quelconque vertu esthétique. En même temps, il manquait probablement de recul tant il lui semblait la connaître depuis toujours. Ils avaient vécu tellement de moments inoubliables ensemble : tous ces instants de doute surmontés grâce à sa seule présence à ses côtés, ces crises traversées à deux, mais aussi tant de joies, de bonheurs partagés. Elle qui ne l’avait jamais trahi, fidèle, constante, infailliblement là, avec lui… Oui, c’est vrai qu’en la regardant bien, elle était plutôt belle.
Il n’eut pas le loisir de la contempler plus longtemps : la cloche annonça la fin de la pause. Instinctivement, il leva avec espoir les yeux sur l’horloge mais le miracle n’eut pas lieu : la position des aiguilles confirmait que la sonnerie redoutée signalait bien la reprise du calvaire. Déjà, son garde-chiourme menaçant s’approchait en vociférant. La teneur de ses propos et les quelques paroles qu’ils échangèrent ne firent que renforcer ses craintes : cette fois encore il n’y couperait pas… Heureusement qu’elle serait là, près de lui pour l’aider de nouveau à vaincre l’adversité.

A ce moment du récit, cher lecteur, je vous propose que nous fassions nous aussi une pause. Examinons ensemble l’image mentale que vous avez construite à partir de cette petite introduction. J’aimerais que, sincèrement, vous preniez le temps de répondre aux quatre questions suivantes :
Qui est le narrateur ?
Où se trouve-t-il, que va-t-il devoir faire ?
Qui est son antipathique interlocuteur ?
Et bien sûr, qui est « elle » ?

C’est fait ? Très bien. Merci de vous prêter à cette petite expérience improvisée.

Alors, qu’avez-vous envisagé ? Un salarié stressé par un "petit chef" et qui se raccroche à la photographie d’un être aimé ? Un prisonnier brutalisé qui a réussi à conserver sa lame fétiche dans l’enfer carcéral ? Une sombre affaire de harcèlement sexuel ? Un lycéen simplement terrorisé par l’autorité de ses professeurs peut-être, ou encore un reclus ayant perdu toute foi en l’humanité et qui reporte son affection sur une chienne fidèle ?

En fait, peu importe la suite que j’aurais pu donner à cet incipit. Je crois que ce qui compte vraiment, c’est ce que vous avez spontanément imaginé, ce que votre inconscient vous a subrepticement soufflé. Vous en apprendrez beaucoup sur vous-même en vous demandant pourquoi telle image a affleuré plutôt qu’une autre, pourquoi cette histoire a naturellement germé ainsi dans votre esprit. Quelle qu’elle soit, horrible ou naïve, douloureuse ou insipide, vous y trouverez sans doute des éléments que vous rejetterez, que vous préfèrerez attribuer à un élément exogène. D’autres dont vous aurez peut-être honte, ou auxquels vous refuserez de vous identifier… Apprenez à les accepter, à dépasser ce refoulement, à les apprécier.

Puis un jour, au réveil, apaisé par ce travail intérieur, vous repenserez à cette histoire, à cette représentation inconsciente, vous l’examinerez attentivement, et ce matin, en la regardant bien, vous la trouverez plutôt belle.


Week-end provençal


Ce matin, en la regardant bien, il la trouvait plutôt belle.

Ils avaient décidé de prendre le petit déjeuner sur la terrasse, pour profiter du soleil et de la brise venue du sud, qui apportait avec elle des effluves de lavande, bousculant délicatement les cheveux de Marie. Cette longue nuit dans un cadre enchanteur semblait lui avoir fait grâce de quelques années, se fit-il la remarque. Ou peut-être était-ce uniquement les teintes ocre de la lumière matinale qui adoucissaient le visage de son épouse, habituellement marqué de rides profondes. Elle eut un sourire ravi quand un moineau vint se poser tout près d’eux.

Tout en l’observant furtivement beurrer ses tartines, il se remémora avec émotion les moments clés qui avaient jalonné leur vie commune : leur rencontre, bien sûr. Elle était alors bien jolie, cette jeune fille timide que lui avait présenté un camarade de classe. Elle avait si peu d’assurance qu’il avait eu du mal à croire qu’elle était l’héritière d’un grand industriel. La séduire avait été d’une grande facilité. Lorsque Marie était tombée enceinte l’année suivante, il l’avait bien sûr épousée.

Il avait ensuite achevé ses études, puis son beau-père lui avait proposé un poste, tout d’abord dans un obscur service dédié aux brevets. Comme il était travailleur, il avait gravi les échelons d’années en années, jusqu’à devenir Directeur adjoint de la société. Quant à Marie, elle aussi avait mené la vie qui lui convenait : une vie d’épouse et de mère dévouée, toujours là pour apaiser les chagrins de leurs enfants, et toujours prête à le pardonner pour ses quelques incartades. Oui, vraiment, ils avaient eu une belle vie tous les deux.

Aujourd’hui débarrassés des contraintes de la vie de famille, ils en profitaient pour partir parfois en week-end. Cette-fois ci, il avait loué un petit gite niché dans la campagne provençale, un véritable écrin de douceur, et surtout, sans une habitation à vingt kilomètres à la ronde. Tout juste pouvait-on parfois entendre, selon le sens du vent, la cloche d’une église éloignée.

«- Est-ce que tu veux encore du jus d’orange frais ? proposa Marie en levant la carafe vide.
- Ne bouge surtout pas, je m’en occupe, » lui susurra-t-il, se levant prestement.
Il se dirigea vers la cuisine et s’affaira quelques minutes avant de revenir avec le précieux nectar. Lui versant un verre, il lui murmura à l’oreille :
« Quel endroit délicieux, n’est-ce-pas ? J’espère que cela te plait. Je l’ai choisi spécialement pour toi. »

Marie approuva chaleureusement avant d’avaler une grande gorgée. Puis soudain elle se figea et leva les yeux vers lui, stupéfaite, tandis qu’il revenait s’asseoir à sa place.

Il la regarda porter lentement la main à son cou, prise de panique en sentant les petites aiguilles familières qui envahissaient sa gorge. Elle essaya de déglutir, puis de se lever, avant de vaciller et de s’effondrer au sol, sous l’emprise du choc anaphylactique.

Il la regardait toujours lorsqu’elle leva la main vers lui, suffocant, l’implorant pour qu’il aille chercher dans son sac la petite seringue d’adrénaline qui lui sauverait la vie.
Mais il ne bougea pas. Il avait pris cette résolution voilà déjà plusieurs mois, presque dès qu’il avait rencontré Amanda, sa maîtresse actuelle.

Avant de se diriger vers le téléphone pour appeler le SAMU, il regarda une dernière fois le visage de Marie, déformé par les spasmes de l’agonie, et se dit que non, finalement, elle n’était plus vraiment belle.






De fil en aiguille


Ce matin, en la regardant bien, il la trouvait plutôt belle.
Bien sûr leur mariage avait été forcé, mais ça ne l'avait pas vraiment dérangé. Elle ne s'était d'ailleurs pas offerte si facilement. Au début avec sympathie il lui avait laissé le temps, tenté plusieurs approches. Pourtant quoi qu'il fasse, face à elle il était sans cesse divisé, pas possible de garder une contenance digne de ce nom. Mais, avec le temps, ils s'étaient habitué l'un à l'autre. Maintenant leur union était presque aisée, fruit de mains délicates mais expertes. A eux deux ils créaient tout un monde. Pour pâques ça avait été napperons blancs ornés de cloches et de petits lapins pour égayer la réception dominicale. Et ces créations, parfois classiques, parfois osées, c'était un peu leurs enfants. Une tripotée d'enfants en fait.
Surtout, elle était son seul vrai interlocuteur. Malgré leurs différences et parce qu'ils avaient pris l'habitude de créer ensemble - même si c'était elle qui était la véritable artiste, lui suivait juste le mouvement - elle était celle qui le connaissait le mieux. Elles connaissait ses faiblesses et les comblait, composait avec elles. Lui connaissait sa force et n'hésitait plus à s'appuyer sur elle, en toute confiance.
Petit à petit il avait néanmoins compris qu'il n'était plus le seul dans cette union. Leurs créations s'ornaient de couleurs qui n'étaient pas les siennes et il comprit qu'elle avait trouvé une nouvelle façon de pallier ses manques... En allant voir ailleurs. Si au début il avait eu un pincement au cœur, il se rendait compte que sous d'autres influences, son art prenait des nuances jamais connues auparavant. Petit à petit il finit par s'en réjouir même si cela signifiait qu'elle n'avait plus autant besoin de lui. Il faut dire qu'elle lui laissait tout de même une place de choix, il dessinait les contours de l’œuvre, la délimitait et ainsi lui donnait forme. Malgré sa soif d'aller plus loin, elle ne l'avait pas abandonné, lui et son style trop classique.
Alors il est vrai que même si au début elle n'avait été qu'une aiguille parmi d'autre, désignée selon le caprice de Mme Laymon, brodeuse du dimanche, elle était devenue unique et d'un coup il lui trouvait même une forme de beauté : alors que Mme Laymon préparait le patron d'un moineau pour ses nouvelles serviettes, il savait à quelle point elle allait bientôt se promener fièrement sur le motif, lui donnant vie. Même si à première vue elle ne payait pas de mine, elle seule pourrait permettre un tel degré de précision. Il espérait seulement, qu'encore une fois, elle l'accueillerait en son sein pour le contour, lui simple fil noir.





Fidèle passion

Ce matin, en la regardant bien, il la trouvait plutôt belle. Il ignore et se moque de savoir si ce sont les cloches sonnant à toutes volées ce dimanche de Pâques, ou les pépiements amoureux des moineaux qui le rendent encore plus sensible qu'à l'ordinaire, à son éclat. L'admiration qu'il lui délivre est trop ancrée dans sa vie, pour que soit jamais ébranlé, même brièvement, son enthousiasme à son encontre. Certes, son ressenti peut varier selon son humeur, mais jamais au point de ne pas la trouver magnifique. Il ne se passe pas un jour sans qu'elle soit au centre de ses préoccupations. Il lui dispense ses soins attentifs sans aucune lassitude. Il ne s'écoule guère de temps, sans qu'il lui prodigue une caresse amoureuse, ou un effleurement tendre de ses doigts habiles. En aucun cas, il ne se permet un geste brutal envers celle qu'il a tendance à vénérer, d'une manière jugée exagérée, par ses interlocuteurs coutumiers : ceux-ci ne manquent d'ailleurs pas de railler discrètement son attitude. Toutefois, comme il attire la sympathie et le respect de son entourage, personne n'ose lui faire la moindre observation sur cet engouement si original, pour celle qui retient journellement une partie non négligeable de son attention.
Il devait avoir vingt-cinq ans, lorsqu'il avait réalisé l'importance particulière qu'elle avait prise dans sa vie. Au début, ce n'étaient que de rapides coups d'oeil dans sa direction, un petit sourire en coin vite réfréné à sa vue, mais peu à peu, ce rituel s'était transformé en un phénomène addictif.
Il lui est devenu alors indispensable de pouvoir la contempler le plus fréquemment possible. A chaque occasion, il vérifie qu'elle est à son avantage. Si un détail le contrarie, il y remédie d'un geste précis, mais sans brusquerie aucune. Il s'en voudrait de la heurter malencontreusement. Son inspection effectuée, il continue sa route, heureux et rasséréné par cette vision aussi parfaite que séduisante.
Aujourd'hui, plus de trente ans après cette première découverte, il la considère avec toujours autant de fierté. Il lui a été d'une fidélité à toute épreuve, elle ne l'a jamais déçu et il ne regrette rien.
Hercule Poirot termine enfin sa toilette, jette un regard ravi dans le miroir de la salle de bains, fait rebiquer une fois encore les deux crocs de son appendice pileux. Dans l'entrée, il enfile son manteau, ses gants beurre frais et pose son chapeau sur sa tête. Puis, il saisit sa canne et sort de chez lui. Il avance, sur le trottoir, de son petit pas saccadé vers une nouvelle enquête, persuadé, comme d'habitude, que chaque passant qui le croise, envie sa merveilleuse moustache.




Merci Firmin


Ce matin, en la regardant bien, il la trouvait plutôt belle.
Hier soir quand il l’avait posée contre le mur de la maison, il ne savait vraiment plus quoi penser. Avait-il eu raison d’acquérir cette chose qui datait de sa première barboteuse. On n’en fait plus des comme celle-ci ou alors dans les vieux films éventuellement ?
En attendant son pote Firmin ne s’était pas moqué de lui. Pour ses treize ans, il avait même mis un petit mot dans une enveloppe : pour tes 13 ans, petite cloche avec toute ma sympathie !
Il l’avait repeinte, lustrée avec une peau de chamois et surtout la couleur ! Ni bleue, ni verte, un peu les deux, peut-être couleur mer en colère ? Comment avait-il réussi cette teinte, ça il ne le dira jamais ce vieux coquin. Mais une chose était sûre : personne n’avait la même dans le village.
Et puis ses poignées et ses cale-pieds en cuir comme la selle, une merveille.
Sa mère qui avait ouvert la fenêtre pour secouer ses tapis bien que cela soit interdit, le vit en extase devant ce tas de ferraille. C’est ainsi qu’elle l’interpella : tu vas y coucher devant ton tas de ferraille ? Monte tu as tes devoirs à faire !
Alors là, il se mit en colère mais vraiment en colère et il insulta sa mère. : Tu n’as pas honte, une si belle réussite et puis c’est un cadeau de Firmin, quand même tu pourrais avoir un peu respect !
Et vous savez ce qu’elle a fait ?
Elle a pris un seau d’eau et l’a balancé sur « son tas de ferraille » Il en aurait pleuré, surtout quand il a vu la si jolie couleur couler sur le trottoir et la rouille réapparaitre. Si Firmin avait été près de lui, ils se seraient battus c’est sûr ! Il n’en aurait fait qu’une bouchée épais comme un moineau qu’il était !
En attendant, il regardait cette sale bicyclette qui l’avait fait rêver l’espace d’une nuit et la jeta par terre. Il monta dessus, sauta plusieurs fois et piétina ses roues, cassant les rayons et l’aiguille du compteur de kilomètres.
Il avait honte de s’être fait avoir mais honte aussi d’avoir été niais au point de tomber presqu’amoureux d’un vieux vélo ringard !
Il remonta à leur appartement et quand sa mère le vit si contrarié, elle lui dit :
— Je t’achèterai un vélo dès que tu auras ton brevet c’est dans six mois, ce n’est pas le bout du monde ! Celle-là est fichue voyons tu as remarqué qu’en plus elle n’avait pas de freins ?
Il courut à la fenêtre, regarda les restes de l’engin et cria à sa mère : tu as raison, quel fourbe ce Firmin !
Il éclata de rire, il allait avoir une bicyclette neuve, dans le fond : merci Firmin !



CESAR ET ROSALIE


Ce matin, en la regardant bien, il la trouvait plutôt belle. Plus belle qu’avant ? Sans doute pas. Mais à force d’auto-persuasion il finirait bien par s’habituer à son nouvel aspect.

Rosalie se tenait au bord de la piscine, près de l’entrée du garage. César l’observait à travers les rideaux de la cuisine qui occupait l’angle est du premier étage de la maison.

« Oui, ainsi arrangée, elle n’est pas mal. Mais qu’en penserait un autre que moi ? En tout cas elle ne sera jamais comme avant ; comme avant l’accident.

Et plus question de se balader tous les deux dans la campagne. Finies les promenades dans les Alpilles, les virées à l’Estaque quand tout le monde se retournait sur nous, finis les couchers de soleil sur les calanques en écoutant le chant des moineaux. Tu seras toujours avec moi Rosalie, comme avant, mais toujours ici ! »

César se remémora douloureusement les circonstances de l’accident survenu une semaine plus tôt ; ils roulaient tranquillement sur une route escarpée de la Sainte Baume qui serpentait dans les pinèdes quand tout à coup les pneus glissèrent sur un large tapis d’aiguilles que le mistral avait amassées au sortir d’un virage serré. La direction et les freins ne répondaient plus. La voiture versa dans un profond ravin, prit de la vitesse, et heurta violemment le tronc d’un grand pin parasol. César s’en sortit miraculeusement sans la moindre égratignure ; il avait été éjecté du véhicule dès la sortie de route. Mais Rosalie était salement amochée.

En la voyant dans cet état à la clinique du rond-point d’Aubagne, où on l’avait transportée, il ne put que se rendre à l’évidence, leur vie ne serait plus comme avant. Après une courte période d’abattement, il envisagea la solution : « Oui, c’est la seule chose à faire, se résigna-t-il, et qui d’autre que moi peut l’accomplir ? »

Un demi-siècle plus tard, trois ans avant la fin du millénaire, alors qu’il regardait la télévision un soir d’hiver, des souvenirs lui revinrent en mémoire. César Baldaccini vit avec intérêt « on connaît la chanson » rafler un grand nombre de récompenses. Mais qui était la véritable vedette de la cérémonie ? Rosalie bien sûr ! Sa fidèle et éphémère compagne de jadis, qui depuis longtemps subissait les outrages du temps dans le garage converti en caveau funéraire où elle reposait sous une cloche de verre, dans sa propriété des environs de Marseille, et dont la reproduction dorée passait aujourd’hui de main en main.

Quand il avait vu l’épave de la Citroën, une Rosalie modèle 1934, à la « clinique de voitures du rond-point », elle évoquait davantage un tas informe de ferraille que le rutilant cabriolet qui suscitait l’admiration de ses amis. Il décida alors, plutôt que vainement tenter de lui redonner vie, de la convertir en objet d’art, comme il savait si bien en concevoir. Grâce à la sympathie d’un ferrailleur possédant une puissance presse hydraulique, il en modela un cube presque parfait. En 1976, quand les professionnels du cinéma décidèrent de faire appel au célèbre sculpteur pour la création d’un trophée à l’image des Oscars américains, il y vit l’occasion d’accorder une seconde vie à la pauvre Rosalie. Et de se venger d’un caprice du destin : dans l’affolement qui avait succédé au dramatique accident, il avait oublié le billet de mille francs qu’il venait de glisser ce matin-là dans la boîte à gants !



Scène champêtre


Ce matin, en la regardant bien, il la trouvait plutôt belle. Ce soir il doute, il s’approche doucement pour bien voir les détails, la patte. Puis il s’éloigne, la regarde de plus loin, change d’éclairage. Non pourtant, pense-t-il, elle n’est pas si mauvaise. La composition, l’angle de vue, les taches de lumière… Oui, surtout les taches de lumière : il aime jouer avec les reflets, les dégradés, faire ressortir l’éclaboussure du soleil auprès des ombres du sous-bois. Cette toile est plutôt bonne, c’est même peut-être ce qu’il a fait de mieux ces temps-ci. Ce paysage verdoyant aux nuances suaves, cette petite chapelle de campagne avec sa cloche, ce groupe de promeneurs endimanchés dans le soleil, la jeune femme souriant sous son ombrelle…Qu’est-ce donc qui avait choqué le jury ? Pourquoi ne lui avait-on pas accordé le droit d’exposer au salon ?

Quand il est allé rechercher sa toile, on ne lui a guère fourni d’explications, et on ne peut pas dire que son interlocuteur ait fait preuve de sympathie : « remportez-la, ils n’en veulent pas ; l’Académie des Beaux Arts a des critères très stricts » Il a été très déçu - trop de flous peut-être, trop d’approximations. Pourtant l’heure n’est plus à la reproduction stricte de la nature, depuis l’invention de la photographie et du Daguerréotype les choses changent. En 1839 déjà le gouvernement français a acquis le brevet de Louis Daguerre et maintenant partout devant les églises et les monuments, on voit ces boîtes noires perchées sur leur trépied et manipulées par des apprentis photographes ! Il faut interpréter la nature, la sentir et la faire ressentir, c’est l’avenir… Sinon que peut-on faire ? Que deviendra la peinture ? Il s’est même demandé un temps s’il n’allait pas, comme certains de ses compagnons, découragés, se lancer lui aussi dans la photographie depuis que la mode des photos-cartes de visite a éclaté. Quand on pense que monsieur Disredi en a réalisé une pour l’empereur Napoléon III lui-même ! C’est un véritable engouement, une ruée, chaque personne un peu en vue veut la sienne, cela vous pose un homme…

Mais non, il ne va pas abandonner comme ça, renier son âme, rendre vaines toutes ces années de travail, de recherches, d’apprentissage. Soudain, trois coups secs retentissent à la porte de l’atelier :
« Ah ! bonsoir Alfred* entre donc… Toi aussi, tu as été refusé ?
-Hélas oui, ces vieux croutons de l’Académie ne comprennent rien, ils restent figés dans leurs vieux règlements.
-Ils s’obstinent et refusent toute évolution…
-Mais sais-tu ce que m’a dit Edouard** l’autre jour ? Nous avons une possibilité d’exposer quand même…
-L’autre jour ? Il était question d’un autre salon…
-Oui, c’est ça le « salon des refusés » l’Empereur a donné son accord. Après tout, pourquoi pas ? L’important est de rencontrer le public, tant pis si c’est un peu humiliant. Puisqu’on ne peut pas exposer au salon de l’Académie, allons au salon des refusés, et on verra bien…


*Alfred Sisley **Edouard Manet
Le « salon des refusés » ouvrit le 15 mai 1863 en marge du salon officiel.
_________________
Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites. J. Renard
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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 09:17 (2015)    Sujet du message: Publicité

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