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Les textes du jeu 118 A

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    forum du cercle maux d'auteurs Index du Forum -> ARCHIVES générales -> Archives des jeux d'écriture -> JEU N°118 A Printemps des poètes
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danielle
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Messages: 11 662
Localisation: St Etienne
Féminin Poissons (20fev-20mar)

MessagePosté le: Jeu 19 Mar - 21:45 (2015)    Sujet du message: Les textes du jeu 118 A Répondre en citant

Ire florale

Humains, villes et jardins,
Entendez-vous cette rumeur qui se répand sur le monde ?

Ecoutez ma harangue !
Tremblez sous mon courroux !
Aujourd’hui, moi la rose, reine parmi les fleurs, je me dresse
Et déploie parmi vous les corolles de mon ost.

Hortensia, Lilas et Pétunia,
Marquis et marquises des parcs et des parterres,
Semez le chaos, envahissez les haies,
Que nulle cisaille ne puisse entamer
Vos armures de phalènes.

Œillet, Pensée et Orchidée,
Des maisons vous êtes les invités.
Sortez de vos pots, soyez libérés,
Pour ronger les murs de vos cellules
Et percer les toits qui cachent le soleil.

Belle de nuit, Ortie et Souci,
Déployez vos artifices,
Attirez l’humain jusque dans vos rets,
Où, flagellé et déchiqueté, il trouvera la mort
Et nourrira la terre dont se gorgent vos racines.

Pervenche, Lavande et Agapanthe,
Aux multiples pouvoirs et vertus,
Chantez vos sortilèges et composez vos potions,
Afin que dans vos calices repose un poison
Qui terrassera ces cruels mortels.

Hibiscus, Campanule et Lotus,
Dispersez-vous de par le monde,
Et ne laissez dans vos sillages
Que ruines et débris moribonds
Bientôt recouverts de vos propres boutons.

Ainsi mourra la tyrannie
Et débutera enfin l’ère du règne végétal



Renouveau


Revendiquer le retour des beaux jours : sempiternelle Ritournelle,
Epier l'arrivée des bourgeons emplis d'une folle Espérance,
Vaincre le froid, le Vent.
Observer la sève monter à l'assaut des branches comme une Offrande,
Labeur sans fin de la nature Luxuriante,
Tournis apporté par les effluves diverses de la Terre,
Epanouissement final, les regards apaisés se tournent vers les Etoiles.



LES CRIS DE LA NUIT

Je suis dans une prison sans barreau
Je peux voir le soleil, la nature, mon entourage
Je peux toucher la terre, les trottoirs, la pluie ou la neige
Prendre l'air ou me promener, même en bateau

Mais, je suis toujours liée par une chaine tantôt visible, tantôt invisible
Parfois par le bras, très souvent par l'esprit
Je me promène comme cela avec un fardeau dans le dos, nuisible
A côté de moi, autours, parfois même loin, mais toujours présent, inouï


Très souvent, je me réveille par un cauchemar, au milieu de la nuit
Quand j'ouvre les jeux, je vois qu'une réalité
Qui est pire qu'un mauvais rêve et me donne envie de repartir, meurtrie
Vers ce sommeil noir qui est mieux que cette liberté

Mais, même cela est impossible

Pourtant j'aurais bien voulu écouter le silence de la nuit
Depuis longtemps, je ne sais pas comment était cette merveille
Pourtant il n'y pas la guerre, ou des voisins turbulents et maudits
En plus, je n'ai aucun problème de sommeil

Il suffit que je puisse poser ma tête sur un oreiller
Pour que quelques secondes plus tard, plonge dans un sommeil profond
Mais à quel prix? Tout de suite après me réveiller ?!
Par des cris, des tapes, des bruits, d’un diable
Qui essayent de me déranger le plus possible
Alors, je me lève en sursaut
Et essaye de prendre le juste comportement qu'il faut

Que faire ! Crier aussi ! Non je ne peux me permettre
Même si j'en ai vraiment envi
Je n’ai le droit que de ne rien dire, rester neutre

Pourtant, je ne reçois pas des coups, mais pire
Quelque chose qui me touche au plus profond de moi

Et je ne dois pas faire ce que je veux, mais chercher ce qu'il faut
Des mots gentils et doux avec beaucoup de patience, de la tolérance
De la persévérance, je dois me calmer et la rassurer, très tôt
Avec toute son innocence et ma souffrance

Non, non, aujourd’hui je n'ai plus envie de positiver
De chercher du constructif là où il n'existe presque plus
J'en ai marre de voir du beau et de nier la réalité
De faire semblant que tout va très bien
Alors que c'est le chaos total

En plus, c'est le milieu de la nuit
Elle et moi, les autres enfants dorment
Ils sont habitués à ses bruits

Pourtant je ne demande pas beaucoup
Depuis plus d’une heure qu'elle est debout
Je commence déjà à être heureuse et oublie tout
Car, je la vois sourire et me regarder du coin de l'œil
Avec un bruit certes, mais supportable
D'un objet qui fait de la musique

Dans le monde il n'y a plus, plus heureuse que moi!


Louis à travers les âges

Ti'lou, sur sa chaise haute,
Proteste.
Il tape dans son assiette
Du plat de sa menotte
Et recrache les épinards en purée
Que Maman veut lui faire avaler.

P'tit Louis, rentrant de l'école,
Pleure
À chaudes larmes.
Il est injustement puni
Et proclame ne pas mériter
Ce que cent fois, il doit copier.

Le deuxième classe Louis
Répugne
À brûler ce village
Perdu dans les Aurès.
Les habitants sont innocents
Il ne veut pas verser leur sang.

Le Louis, délégué syndical,
Représente
Les ouvriers de l'usine
Qui doit bientôt fermer.
En tête du cortège, il caracole
Brandissant une banderole.

Monsieur Louis, jeune retraité,
Participe
Aux distributions des restos du cœur
Estimant que c'est pas juste
De crever de faim dans les rues
Quand tout espoir a disparu.

Papy Louis, ce dimanche,
Bougonne
Et tourne en rond
Dans son trop grand jardin.
Les petiots en week-end à la mer
Ont laissé tout seul leur grand-père.

Les amis de monsieur Louis Martin
Annoncent
Que, suite à son décès accidentel
Lors d'une échauffourée,
Ils organisent une marche silencieuse
Pour éviter toute récupération haineuse.





Pour la liberté


L'homme noir aux pieds nus s'est enfui dans la plaine.
Poursuivi par des cris, des ombres, des pantins,
Des gestes menaçants, des chasseurs clandestins,
Des chiens et des chevaux, il court à perdre haleine...

Son corps est aux aguets. Vif comme un tire-laine,
Il franchit les buissons, les marais incertains,
Pour aller se cacher dans les secrets fortins,
Et guette tous les bruits dont la nuit sombre est pleine.

Il entend près de lui le claquement du fouet.
Le Maître au souffle court recherche son jouet
Fait d'ébène et de feu, son plus fidèle esclave.


La Révolte a couvé sous les flancs du coteau ;
Aujourd'hui elle explose et fait jaillir sa lave :
Sa flamme est dans la main qui lève le couteau.




Âge d'or


Fenêtre d'en face, visages enfantins,
Des sourires d'anges malgré les temps pluvieux.
Pourtant ça changera quand il seront plus vieux ;
En attendant je fonds devant ces plaisantins.

Enfance libre, indéfini, des demi-dieux !
Pléthore questions dès le petit matin
Et drames absolus qui vite prennent fin.
Mais c'est bien trop tôt qu'il faut faire nos adieux.

Suit : adolescence, chaos, remise en cause.
Ils se cherchent, se détestent, se nient ; dégoût !
C'est le prof qui prend : Vas-y tu m'donne la naus'!

Dans leur révolte, ils tentent les quatre-cents coups.
Savoir ou bêtise grasse, ils choisissent vite;
Putain de collège... J'aurais du faire instit' !




Voyageurs du néant


Multitude infinie de spectres faméliques,
Partis de nulle part à l’aube de vos ères,
Dans cette longue errance entraînés par vos pères
Dont, sans trêve et sans paix, vous portez les reliques,

Depuis combien de temps, enchaînés à vos lois,
Pour un vague futur qui jamais ne sera,
Pour un ailleurs promis que nul n’embrassera,
Marchez-vous écrasés sous le joug de vos rois ?

Passant sur les rebuts exsangues et décharnés
De vos prédécesseurs en cet odieux chemin,
Dévorant de vos fils l’espoir d’un lendemain,
Vous avancez toujours, vagabonds acharnés.

Peuple élu par des cieux désertés de passion,
Voyageurs du néant, humaine servitude,
Vos rêves insensés de vaine finitude
Brûlent jusqu’à l’idée de toute rédemption.

Face à vos dieux déchus, quand allez-vous renaître ?
Cœurs unis, poings dressés en noble défiance
D’une voix hérétique hurlez votre espérance,
En l’Homme, d’infini et d’Essence de l’Etre !


Les naturalistes

À ma lèvre fendue au ciseau de la dent
Perle une sève rouge à la saveur amère
Quand au burin des poings tu sculptes ta colère
Dévoilant de l’amour le versant décadent.

Demain, j’irai peureuse et l’échine penchée,
Dérobant aux regards sous l’auvent d’un chapeau
Tant l’hématome pourpre enlaidissant ma peau
Que mon cœur soudain gros de la rage épanchée.

J’irai, rasant les murs, un bagage à la main,
J’aurai pris quelque argent, mon fin bracelet d’ambre,
Au moment de quitter l’ombre de notre chambre.

Je fuirai. Sous les draps, ton corps, marbre romain,
Prendra des nus gisants la pâleur ivoirine
Une gouge fichée en plein dans ta poitrine.




Terre brûlée


Les pieds nus sur la terre battue
Il va, il vient,
Chante et scande
Tourne, repart
Pour revenir sur ses pas
Et quand le vent de brousse souffle
Piquant ses yeux desséchés,
Renonçant, il s’arrête et s’assoit.
Son regard cherche à percer
L’horizon heurté des tôles ondulées
Surmontant les baraques branlantes
Rendues blanches et brûlantes
Par un soleil sans pitié.

Sans musique, ce serait le silence.
Alors avec ses frères, ils dansent
Pour chasser le présent,
Masquer leur impatience
Fuir la résignation
Devant cette plaie qui les hante,
D’une misère persistante.
Pour se lever, d’un bond,
Faire front en criant
Qu’on est là. En hurlant
Qu’on n’est plus transparent
Qu’on n’est pas si mort qu’il semble
Et pour contrer tant de maux
Se dresser tous ensemble.
Se rebeller, en un mot,
Menacer s’il le faut.

Le dos rond et la tête baissée,
Quand il est seul, découragé,
Désœuvré, Il esquisse penché
Au-dessus de la poussière ocrée
De maladroits dessins,
Des signes indistincts.
Il attend, il espère
Qu’un vent plus fort l’entraîne
Lui et les siens, les révoltés,
Et toute la foule en colère,
Soulevés d’une obscure rage.
Comme une vague déferlerait
Effaçant tout sur son passage.

Il y pense, souvent, vaguement
Mais sans toujours y croire vraiment



Moi, canuse


Les pentes de la Croix-Rousse,
Entre Saône et Rhône,
S'enflamment de rouge et d'ocre,
Au soleil couchant.

Montée de la Grande Côte,
Je vois mon promis.
Il marche à pas de géant
Et sa tresse danse.

Lorsqu'il m'enlace, amoureux,
Et baise ma bouche,
J'ai le cœur qui batifole
Comme un papillon.

Il me parle d'Amérique,
De riches pionniers.
Si les vents sont favorables,
Nous pourrons partir.

Tendre, il rajuste ma coiffe,
Les plis de ma jupe,
Et nous gagnons l'atelier,
L'âme emplie de rêves.

Depuis peu, l'oiseau en cage
A perdu ses plumes.
Sa tristesse est contagieuse
Et l'espoir s'envole.

Vous, mes beaux-messieurs,
Qui vous drapez de velours
Et nous payez des misères
Prenez-garde à vous !

Moi, canuse et fière de l'être,
Je vous avertis :
Fini de la tyrannie !
La révolte gronde.

Nous en avons plus qu'assez,
Dix-huit heures par jour,
De tisser des habits d'or,
Et d'aller tout nus.

Nous défierons les soyeux,
Sur les barricades,
Hurlerons notre devise,
Drapeau noir brandi :

Vivre en travaillant
Ou mourir en combattant !


[ Dans l'atelier, la présence d'un oiseau en cage garantissait l'absence de gaz toxiques.]





INDIFFERENCE



Regardez sur le sol dormir ces malheureux,
Recouverts de cartons, parmi les immondices,
Emblèmes misérables de notre société,
Ne levez pas les yeux, le ciel ne fera rien,
Ne haussez pas les épaules, l'égoïsme est partout.
Vous frôlez la misère et passez en riant
Au bras d'un amoureux, parlant à un ami.
Les nuages s'étirent en cachant le soleil,
Le vent chasse le rêve et sombrent les navires
Aux cargaisons d'ivresse, dans la nuit embrumée.
Tout est vide et noirceur, horreur, désolation,
Et, dans l'indifférence, sous nos yeux aveuglés,
Se joue la comédie de la mort, de la vie.
Vous suivez votre route, tendu vers le bonheur,
Vers l'oubli du malheur côtoyé, rejeté,
Par la peur réprimé, par la honte ressenti.
Votre chemin tracé conduit vers la lumière,
Dans vos bras refermés vous enserrez un monde
Où n'a cours ni détresse, ni destin malchanceux




JOUR DE COLÈRE


Soleil, éteins-toi !
Lune, voile-toi la face !

Vents, détruisez !

Les hommes ne sont plus des hommes,
La terre est en deuil.

Dans cette jungle, loups, hurlez !

Appeler les hommes « loups » est faire injure aux loups
Quand une jeune fiancée ne peut impunément
Prendre l’autobus,
Quand une meute sanguinaire
Assassine, pille, dévaste au nom d’un dieu vengeur
Forgé dans l’horreur.

Honte à l’humanité !
Combien d’innocences piétinées ?

Qui a dit que l’homme faisait des progrès ?

Mon cœur saigne
L’angoisse monte

Les obscurantismes guettent
Hommes, femmes et enfants,
Humiliés, sacrifiés,

Barbarie !

O mon Dieu, jusques à quand ?
Ta patience est trop grande.

Notre civilisation s’éteint.




Putain de muse !

Révolte contre ma muse

Un poète se meurt, abandonnant sa muse
Dans un sépulcre froid. Il est vieux, triste, seul.
Revêtu de lambeaux en guise de linceul,
Il déserte la scène où la plume s’amuse
À divertir l’humeur de son âme confuse.
Ce gueux s’est enivré dans le clos des aïeuls
De parfums éthérés des roses, des glaïeuls,
Les vers de ses ébats n’étaient que simple ruse.

Il est là, pantelant, assoiffé des rondeurs
De vos fesses d’enfer et de votre cul doux
Qui ne se sont donnés, insensibles vaudous,
Qu’en sonnets d’artifice, austères profondeurs.
Vous êtes restée ange ou diva sans liqueur.
Ses mots ont accouché jusqu’à devenir fous
De l’amour virtuel de vos nymphes, et vous,
Vous n’avez jamais su que perforer son cœur.

Il a déshabillé votre aura de prêtresse,
Il vous a déchirée et ses crimes, voilà !
L’ont soumis. Vaniteux, implorant l’au-delà,
Il s’est mis à genoux, orgueilleuse maîtresse.
Mais vous, muse des nuits, vous sainte, vous traîtresse,
Vous qui ne jouissez qu’aux airs de la Scala,
Vous n’avez embrassé que décors de gala
Laissant froide sa chair et son corps à confesse.

Il s’éloigne, orphelin de ses rimes d’amour.
Seul et silencieux, il va traîner son ombre
Dans quelques vieux bordels du faubourg le plus sombre,
Car il n’a jamais pu vous aimer en plein jour.
Vous, vous irez glaner d’autres vers à l’entour
De quelque autre affamé croyant, parmi les nombres,
Qu’un recueil magistral survivra des décombres.
Il le jalousera depuis l’arrière-cour.


Ils ont tué l'art


_________________
Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites. J. Renard
http://danielle.akakpo.over-blog.com/
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MessagePosté le: Jeu 19 Mar - 21:45 (2015)    Sujet du message: Publicité

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