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LES TEXTES DU JEU N°115 B

 
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danielle
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MessagePosté le: Lun 22 Déc - 22:50 (2014)    Sujet du message: LES TEXTES DU JEU N°115 B Répondre en citant

Le voyage d’Oscar


Je m’appelle Oscar Arkensen. Je suis explorateur et je fais route vers le pôle Nord.

Cela fait maintenant plusieurs jours que j’ai quitté mon camp de base. Seul avec mes trente chiens, je suis parti à la découverte de cette terre inconnue et sauvage. Les premiers jours se sont déroulés sans accrocs. Je me suis arrêté fréquemment pour prendre des échantillons, quelques photographies et remplir d’observations mon carnet de bord. Mon traîneau glissait silencieusement sur la plaine enneigée sous le regard affable de quelques ours blancs éloignés. J’ai vu des manchots plonger en famille dans un réseau compliqué de petits lacs indigos, des phoques marbrés se prélasser langoureusement sur le sol gelé et des albatros fendre majestueusement le ciel. Puis plus rien.
La glace et le froid sont seuls maîtres au plus profond de l’Arctique. Le ciel s’est chargé de nuages et les nuages de neige. Il n’est plus temps pour les recherches et les observations. Mon but est simple : atteindre le pôle et en revenir vivant. Les chiens halètent sous l’effort mais leur force et leur courage semblent sans limite. Nous glissons entre les falaises de glace, contournons des montagnes scintillantes et longeons des à-pics ciselés dans du verre. Je me sens comme un gros ours hirsute perdu dans un désert d’hiver. Des lunettes protègent mes yeux de la luminosité, un tissu épais recouvre le bas de mon visage, ne laissant échapper que le souffle vaporeux de ma respiration. Un lourd manteau à la capuche bordée de fourrure me couvre tout le corps et des moufles rembourrées cachent mes mains. Et malgré tout, je sens le froid me frapper de ses aiguilles acérées.
Ce matin, j’ai plié ma tente pour la dernière fois. Je serre ma boussole fortement dans ma main, surveillant en continu sa fine aiguille rouge. Nous approchons. L’arête coupante d’un monticule s’écarte, découvrant un espace dégagé assez large. Mes chiens s’y engouffrent dans un sursaut d’énergie, comme si eux aussi savaient. Je scrute ma boussole, mon cœur bondit. Je stoppe le traîneau et saute dans la neige. Mes bottes s’enfoncent profondément alors que je parcours les derniers mètres.

Nous sommes le 25 décembre 1906 et moi, Oscar Arkensen, je suis le premier homme à poser le pied sur le pôle Nord.

Emilie avait beau l’appeler, il ne répondait pas. Elle entra dans le salon et sourit. Oscar était assis au pied du sapin et jouait, totalement absorbé, avec sa nouvelle peluche de husky. Elle l’observa en silence en se demandant une nouvelle fois quelles aventures merveilleuses pouvaient éclore dans l’esprit fertile de ce petit garçon de six ans.


Noël 1942

Les bouleaux frémissaient sous l'éclat des guirlandes...
Des chevaux arrivaient, tirant des troïkas
Pleines d'amis joyeux qui ôtaient leurs chapkas
Et posaient au salon leurs longues houppelandes…

Nous buvions du lait chaud en croquant des amandes,
De fougueux musiciens réclamaient des vodkas,
Et l'ivresse montait des balalaïkas...
Dans la nuit, des flocons dansaient en sarabandes.

Ces souvenirs lointains de notre enfance slave
Ressurgissent ce soir dans l'ombre d'une cave
Où nous passons Noël, terrés comme des rats.

Nous retenons nos chants ; nous rêvons en silence ,
N'ayant qu'un seul désir : qu'on ne nous trouve pas.
Au dehors, des soldats défilent en cadence...



L'absent

Myriam soupira d'aise. Les jumeaux étaient enfin couchés. Ils avaient été particulièrement éreintants, tournant autour des adultes auxquels ils n'obéissaient pas, ou se chamaillant pour un oui ou pour un non. Grand-papa avait eu bien de la patience en les faisant participer à l'installation du sapin pendant que Grand-maman s'activait à la cuisine pour préparer avec Tantine la bûche que l'on dégusterait le lendemain midi. Nonon Étienne était parvenu à les endormir en leur racontant quelques histoires de lutins et de traineaux dans la neige. Ils n'avaient que trois ans mais savaient bien que le lendemain, ils trouveraient au pied du sapin "tous les beaux joujoux qu'ils avaient commandés", comme l'avait chanté Grand-papa, imitant Tino Rossi en roulant les "R", tout en accrochant étoiles et guirlandes aux branches. Grand-papa ne les avait même pas grondés et il avait ramassé sans sourciller les morceaux de boules que les garnements avaient cassées.
Après le diner, les adultes avaient attendu minuit en écoutant un oratorio de Bach, et passé le temps tranquillement tout en grignotant les treize desserts, tradition à laquelle Tantine tenait en souvenir de sa Provence natale. Myriam savourait cet instant paisible tout en tricotant, pendant que ses parents, son frère et sa belle-sœur s'affairaient en silence dans un scrabble captivant. Elle les interpellait de temps à autre :
- Maman, à quelle heure penses-tu qu'il faut mettre la dinde au four demain ?
- Papa, tu n'oublieras pas d'ouvrir la bouteille de Médoc à l'avance ?
- Frérot, tu me réveilles avant les enfants, je veux les voir arriver devant le sapin. C'est qu'ils risquent de débarquer au salon de bonne heure, les chenapans !
Il ne manquait que Jérémy…
C'est au moment de se coucher qu'elle perdit les eaux et ressentit les premières douleurs !
Sa mère l'aida à rassembler rapidement quelques effets et, surtout, de quoi habiller le nouveau-né. Le petit n'était attendu qu'en janvier et elle n'avait bien entendu pas jugé utile de préparer sa valise si tôt. C'est Étienne qui la conduisit à la maternité.
L'accouchement fut rapide et les étoiles scintillaient encore dans la nuit quand le petit poussa son premier cri.
- Voilà un bien joli Jésus ! C'est un beau cadeau de Noël que vous faites à votre époux. Comment allez-vous l'appeler ?
- Jérémy, comme son papa…
Myriam éclata alors en sanglots, incapable d'avouer à la sage-femme que Jérémy junior ne verrait jamais son papa tombé dans une embuscade lors d'une patrouille, loin, là-bas, dans une montagne aride. La jeep avait explosé sur un mauvais chemin, au printemps, et aucun des quatre occupants n'avait survécu. Jérémy aurait dû rentrer en France pour le Nouvel an ! Il n'avait même pas su qu'elle était enceinte et ignoré qu'il avait semé en elle le cadeau de Noël qu'inconsciemment il lui avait fait juste avant de partir en mission, à l'autre bout du monde.
La sage-femme la réconforta doucement en pensant que Myriam avait un baby-blues bien précoce.


Le noël des petits étrangers

C’était en 1980, au mois de juin, j’avais 10 ans, mon père nous annonça, qu’il nous emmenait en France. Dorénavant, nous vivrions ensemble, nous ne passerions plus notre temps à l’attendre. Nous n’avions jamais était autant heureux.
Après les préparatifs et le voyage, nous étions enfin arrivés.
Nous avions beaucoup de difficultés pour comprendre ce nouveau monde. Mon père nous avait appris certaines choses, comme par exemple comment traverser la route. Avec mes petites sœurs Asuman et Suna et mon petit frère Mahmut nous passions souvent notre temps à observer les gens du haut de notre 5ème étage. Nous avions compris que les pantalons étaient réservés aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Mais, distinguer les uns des autres était compliqué, surtout par derrière. C’était facile dans notre village les pantalons étaient destinés uniquement aux hommes et les femmes mettaient des jupes ou des robes. Enfin, nous avions résolu en parti cette énigme; chez certaines femelles on pouvait distinguer des petites ailes qui débordaient des deux cotés au niveau de leur derrière. Nous n’étions pas au bout de nos surprises.
Celles qui étaient les plus étonnantes se déroulaient au mois de décembre. On décorait tout, j’avais compris que c était pour le nouvel an. Ce que je ne comprenais pas était leur joie qui débordait tellement qu’ils ornaient exagérément les arbres. Ultérieurement, on commença à vendre des arbres entiers un peu partout, dans les rues, les marchés, les magasins. Est ce que c’était pour bruler dans les cheminées ? Je remarquais que c’étaient des sapins et en plus il en existait en plastique. Qu’est ce qu’ils allaient donc en faire ? Par la suite, un matin j’en avais vu un gros tas dans la cours de notre école. On en apporta un dans notre classe et nous commençâmes à le décorer. Nous y mimes plusieurs sortes de décorations et ce qui m’étonna le plus fut ces guirlandes faites de lumières de toutes les couleurs qui s’allumaient et qui s’éteignaient. Ensuite on vit la même chose dans tous les foyers. Quand c’était la nuit, nous pouvions observer des maisons briller, des lumières multicolores étinceler. C’était beau ! Cela dura environ un mois.
Ensuite, la ville, en retrouvant ses couleurs naturelles, commença petit à petit à s’endormir. On se débarrassait des sapins au départ tellement adorés.
Vers mi-janvier, Sema et Mahmut entrèrent à la maison les bras garnis. L'une portait des sachets remplis de décorations de toutes sortes et de toutes les couleurs et l’autre était caché derrière un sapin tout vert, encore intact ; on pouvait juste distinguer un oeil et des cheveux frisés. Ils les avaient récupérées à la poubelle. Je les accueillis avec joie. Nous essayâmes les guirlandes en lumière de toutes les couleurs et nous fument surpris et en même temps heureux de constater qu’elles s’allumaient et s’éteignaient. Alors nous décorâmes notre sapin. Nous passions beaucoup de temps à contempler les lumières qui scintillaient de manière magique.
Nous gardâmes le conifère jusqu’à ce qu’il perde toutes ses aiguilles.
Et c’est moi qui balayais chaque jour sans me plaindre les aiguillons secs.
Surtout, nous refusions de jeter les ornements qui étaient encore toutes neuves.
Nous les rangeâmes soigneusement. Nous les emmènerions au village quand nous y retournerions, pour les montrer aux autres enfants.
Il fallait aussi que nos copains voient ces lumières de toutes les couleurs qui s’allument et s’éteignent comme de la magie.

British Christmas

Bien qu’installée à Coventry depuis fin août, je m’amusais encore de jour en jour des mœurs de nos amis british. Toutefois, Noël approchant à grands pas, je commençais à ressentir un pincement au cœur en imaginant ma mère et mes frères et sœurs déballant leurs cadeaux et partageant le repas traditionnel : chez nous, poularde farcie, pommes dauphine et bûche au chocolat. Mes deux colocataires m’avaient laissé entendre que je serais la bienvenue dans leur famille. Curieusement, leur proposition ne me séduisait guère. L’invitation de Molly, enseignante de français, tomba à point. Quadragénaire un peu austère, maman de deux garçons, elle m’avait prise sous son aile à mon arrivée, faisant barrage notamment dans la salle des professeurs aux plaisanteries salaces de Jack et Alan qui prenaient plaisir à faire rougir l’assistante frenchie, un peu trop timide, sérieuse à leur goût... pour une française.
C’était il y a très longtemps mais le souvenir est resté gravé dans ma mémoire. Chez les Hills, point de réveillon. Un high tea comme d’habitude vers 18 h. Puis arrivèrent une dizaine de jeunes gens, le groupe de prière méthodiste dont s’occupait le mari de Molly, m’expliqua-t-on. Ils allaient, comme le voulait la coutume, entreprendre une tournée de carol-singing à laquelle j’étais invitée à me joindre. Chaudement encapuchonnés et gantés, nous sillonnâmes les rues de Kenilworth, carillonnant aux portes des maisons individuelles. La porte ouverte, nous entonnions un couplet que les hôtes reprenaient avec nous. Ils nous offraient ensuite qui a cup of tea, qui un biscuit ou une friandise. Je ne connaissais qu’un ou deux de ces chants de Noël anglais mais je ne fus pas longue à joindre ma voix à celle de mes camarades, remplaçant les paroles qui m’échappaient par des la la la enthousiastes ! Ce n’était pas à Lyon que j’aurais pu me livrer à cette sympathique fantaisie.
Le lendemain matin, les enfants ouvrirent à grands cris leurs paquets cadeaux au pied du sapin. Quant à moi, je reçus un lot de magazines français, délicate attention de la part de mon hôtesse. Vers midi, elle me réserva une autre surprise mille fois plus touchante. Je la vis composer un numéro au téléphone puis me faire signe d’approcher. Au bout du fil, une voix familière, tremblante d’émotion, me murmura : « Joyeux Noë,l ma petite fille ! » Les larmes aux yeux, je répondis : « Joyeux Noël, maman ! » Nous fûmes tout juste capables d’échanger deux ou trois phrases. Je ne sais par quel biais Molly avait réussi à se procurer le N° de notre voisine (ma mère n’avait pas encore le téléphone, c’était presque un luxe dans les années 65) et à m’offrir ce royal présent : quelques mots avec maman le jour de Noël.
Le repas de midi en compagnie des grands-parents fut pour moi source d’étonnement : la dinde cuite au four emballée dans du papier aluminium était sèche comme un coup de trique, les pommes de terre, choux de Bruxelles, et petits pois surgelés plus verts que verts, simplement bouillis, avaient triste mine. Toutefois, viande et légumes copieusement arrosés de gravy, sauces au pain et à la menthe parvinrent à se frayer un chemin jusqu’à mon estomac. Au dessert, je dus faire un effort surhumain pour avaler une demi-part de Christmas pudding, véritable étouffe-chrétien. Détails que tout cela. Je me sentais bien, comme la grande fille de la famille.
Deux petites choses auraient contribué à ce que mon bonheur fût complet : une coupe de champagne et quelques papillotes !
_________________
Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites. J. Renard
http://danielle.akakpo.over-blog.com/
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MessagePosté le: Lun 22 Déc - 22:50 (2014)    Sujet du message: Publicité

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