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LES TEXTES DU JEU N°115 A

 
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danielle
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Féminin Poissons (20fev-20mar)

MessagePosté le: Lun 22 Déc - 21:47 (2014)    Sujet du message: LES TEXTES DU JEU N°115 A Répondre en citant

Un noël meilleur

Après avoir visité la ville de Lyon et apprécié les animations, Numan, dont les pensées étaient encore tournées vers les lumières de l’ancienne Lugdunum, déclara à sa grande sœur Beyza : « Fêter Noël ici doit être très sympa ! » « A mon avis, c’est à Strasbourg que l’ambiance est plus extraordinaire. Beaucoup de personnes de notre école y vont pour son marché. Toi même, tu avais dit que des personnes de ta classe l’avaient visité. On raconte que c’est le plus grand et le plus ancien de la France. Quand je pense que nous avons longtemps habité dans cette ville. Mes copines ont raison, nous avions beaucoup de chance et nous ne nous en rendions pas compte ! » rétorqua Beyza.
N’ayant pas réussi à séduire cette dernière, qui était à son goût trop rusée, Numan se dirigea vers sa petite sœur Zeynep qui semblait encore crédule. Ils entouraient ensemble des images des jouets dans des catalogues. Il lui chuchota: « Tu as vu notre voisin Pierre? Il a beaucoup de rides, il doit être âgé… Avec sa grande barbe blanche et ses bras musclés, on dirait le père Noël ! Je te conseille d’être gentil avec lui ! » Zeynep acquiesça avec un sourire. Par la suite, constatant que sa mère l’observait, elle précisa: « Je sais que le père noël n’existe pas, mais j’entoure comme ça, pour m’amuser. »
Nous étions le soir du 8 décembre, des bougies décoraient les bords des fenêtres. Leur nombre était particulièrement important chez le vieux monsieur d’à côté. Numan et sa petite sœur en avaient confectionnées à l’école, en classe, puis de retour chez eux ils avaient continué à en fabriquer. Ils les disposèrent soigneusement devant leur fenêtre.
Le lendemain Numan vit le voisin transporter ses courses, il proposa de lui donner un coup de main sous le regard de leur mère qui l’attendait sur le seuil de leur maison. Ensuite il rejoignit sa maman et affirma à haute voix : « Maintenant que nous avons une cheminée le père-noël n’a plus d’excuse pour ne pas venir chez nous ! », comme s’il voulait se faire entendre par cette personne qu’il venait d’aider.
Plus tard, les deux enfants préparèrent une lettre et la déposèrent discrètement dans la boite du barbu. Quelques heures plus tard le vieux monsieur vint dire au revoir à ces derniers et partit en Italie, pour passer le nouvel an en compagnie de sa famille.
Les petits avaient l’air très préoccupé. Leur joie était envolée avec cet homme dont ils étaient sur de recevoir des cadeaux, même s’ils n’avaient pas coutume de décorer un sapin. Un vrai père Noël ne devrait pas faire de distinction entre les enfants. Est ce que Pierre était parti pour de bon ou il faisait semblant pour qu’ils ne se rendent compte de rien ? Il métrait surement les jouets près de la cheminée.
Leur mère les voyant tristes et perdus, leur annonça : « Et si nous allions chez vos tatas ?» Subitement, les enfants oublièrent leur chagrin et sautèrent de joie. Rien au monde ne pouvait les rendre aussi heureux que d’aller passer du temps avec leurs cousins.
A leur retour, le voisin les accueillit avec des cadeaux ; Numan reçut sa tour de pise en miniature, Zeynep eut 3 petshops et Beyza un cheval en verre. Ils furent tous les trois ravis. Comment Pierre savait qu’ils collectionnaient ces objets ?
Numan, l’air songeur, après avoir jeté un coup d’œil à l’intérieur de la cheminée, conclut: « Je comprends pourquoi il n’est pas rentré par la cheminée. C’est impossible de passer, l’ouverture est minuscule ! »



Noël and Co


Quand mon nouveau voisin emménagea ici, à Rovaniemi, grosse bourgade finlandaise qui joue les funambules sur le cercle polaire, les avis furent partagés : « C’est un éleveur de rennes ». « Non, le Père Noël ». Quand le village se mit à ressembler à Lourdes et à Lisieux et qu’on vit défiler pendant l’été les PDG d’Auchan-Bardement, Incontinent, Leclerc Voyant, Légo-Guenard, Barbie Turick, Happy Rotter et compagnie qui venaient dans le but de se mettre d’accord – après d’âpres marchandages - sur le pourcentage des chiffres d’affaires qui reviendrait au bon vieillard, on comprit qu’il était à la tête d’une puissante multinationale.
Pour lui, la pleine saison durait deux semaines par an. Il devait charger les traîneaux que tireraient ses neuf rennes. Puis, le 24 décembre, ce serait le départ. Très médiatisé. Suivis par une foule d’objectifs venus du Monde entier, Eclair et Tonnerre, les deux inséparables athlètes, ouvriraient la marche une longueur devant Tornade, Furie, Comète et Fringant. Loin derrière, arriveraient les doux rêveurs :
Cupidon raconterait des histoires d’amour à Danseur. Le jeune Rodolphe qui n’en perdrait pas une miette aurait le nez si rouge qu’il éclairerait la piste « a giorno ».
En dehors de cette période d’intense activité, le vieil homme menait une vie paisible : sauna, promenades sur les rives de la Kemijoki où ses rennes dégustaient de délicieux lichens, séjours au coin de la cheminée où avait longuement mijoté un « ours bourguignon » succulent préparé par la Mère Noël.
Tout allait bien à un détail près : comment pouvait-on vraiment croire qu’en une nuit ses rennes et lui parcouraient le globe entier en s’arrêtant à chaque maison ? Impossible !
Il fut vite clair qu’il déléguait le plus gros de la tâche à des chômeurs qu’un rouleau de papier crépon rouge et un paquet de coton hydrophile transformaient en autant de Père Noël.
Ce fut de cette armada de gagne-petit que vint la révolte. Une nuit de Noël, ils attendirent le vieux despote au coin d’un bois. L’un d’eux prit la parole :
- 350 jours par an, nous sommes regardés par le personnel du supermarché comme des parias que l’on soupçonne de voler dans les rayons de quoi survivre. Et pendant 15 jours, comme par miracle, nous devenons le centre du monde. On nous photographie 10 000 fois avec des moutards bien proprets à qui nous devons expliquer qu’il faut être bien sage même si nous pensons le contraire. Cette comédie doit cesser ! Nous constatons que, comme par hasard, les plus sages viennent des familles les plus riches. Dois-je dire aussi que ce sont les mamans que nous avons envie de prendre sur nos genoux, pas ces gosses trop bien coiffés !
- Nous devons trouver le moyen de remédier à tout cela, dit le Père Noël, conciliant.
- Sans doute, lui répondit le jeune homme, mais nous le trouverons sans vous. Vous êtes destitué et vous allez vivre désormais en résidence surveillée, loin de la Laponie…
Le vieillard comprit l’étendue du désastre mais il n’avait pas les moyens de résister.

Depuis ce jour, les Père Noël des supermarchés ont des cadeaux pour tous les enfants bien ou mal coiffés, ils sont imberbes et ne portent plus de houppelande ridicule. Leur tenue expose leur musculature au regard de jeunes mamans ravies de se faire photographier assises sur leurs genoux.
Ici, à Rovaniemi, le Père Noël est omniprésent dans les vitrines des marchands de souvenirs. Quand une affaire marche bien…
J’ai un nouveau voisin, je crois bien que c’est un Père Noël…


CONFUSION

Monsieur Claus Dupont ouvrit la porte de sa demeure, située 13 Allée des Diables Bleus, repoussa ses lunettes qui avaient la fâcheuse habitude de glisser au bout de son nez et s'avança, à pas comptés, vers sa boîte à lettres. Il n'en sortit rien d'intéressant : une facture EDF, une publicité pour une lessive révolutionnaire, une lettre de la mairie (« sans doute une invitation au repas des vieux », soupira-t-il) et...une enveloppe où son nom figurait, écrit par une main malhabile. Elle n'était pas timbrée, aucun nom de l'expéditeur au dos. Intrigué, il se dépêcha de rentrer chez lui. Bien installé devant le feu crépitant de la cheminée, il découvrit une missive qu''il lut avec stupéfaction.
Chère Père Noêl,
J'espère que tu ne sera pas facher que je t'écris. C'est moi, Julien, j'abite à coté de chez toi. Mon papa m'a dit que le Père Noël s'apèle Santa Claus en Amérique et, toi, ton nom c'est Claus, alors je suis sur que t'es le Père Noël.Tu est maquillé, comme au cinéma les monstre qui font peure ; non, tu fais pas peure mes c'est pour qu'on te reconnaît pas. Tu as juste une petite moustache blanche, t'as couper ta barbe, t'as de gros sourcis et des cheveus blancs. I' faudrait que tu les laisse un peu poussé, ça serez plus joli. J'ai reconu tes lunètes comme dans le dessin animer que j'ai vu hière à la télé. Tu dois manger beaucou de chocolat pace que t'as un ventre tout rond. Maman dit que les gros ventre, c'est pas bau et elle enguele mon papa quand i' boit baucou de bierre. Toi, tu devré manger moins de chocolat et mégrir un peu ou tu sera malade, comme quand j'ai vomi a cause de tout le nutella sur mes tartine.
Je sé que t'es genti pace que tu souris toujours à ma maman quan tu la rencontre et tu lui fai des clins d'oeil, même qu'elle dit « le vieu d'à coté m'a encor fai des avansses » et je sé que t'es genti pace qu'elle rigole.Moi, j'aime bien quan maman elle rigole pace qu'elle dit aussi que, dans la vie, on a pas envi de rigolé tous les jours. Alors si elle rigole, c'est qu'elle est contente et c'est toi qui la fais rigolé. J'aimerai bien te voire dans ton bel abit rouge. Tu pourré venir à la méson le soir de Noël et tu m'aporteré ce que j'ai comandé. Tu te rapèle, c'est un jeu pour internet où c' qu'on tue plein de gens méchans et qu'après on est le roi, tout le monde vous obéi, un MP3 et un abit de superman. Papa te donera un coup à boire et i' trinquera avec toi. Il a acheter esprè une bouteille de ouiski pour le réveillon, même que maman y a dit qu'il allé être sou comme un cochon si i' la buvé tout seul, alor tu lui tiendra compagni.
Chère Père Noël, à biento, je t'embrase et je te souhète un bon Noël.
Julien
Claus Dupont ne savait s'il devait rire ou s'indigner. Bien sûr il avait un peu baratiné la voisine qui était plutôt mignonne. D'ailleurs, elle était mariée à un nullard qui ne négligeait pas la bouteille et il pensait avoir ses chances, malgré son âge. Mais ce qui l'indignait, ah ! il allait de ce pas leur dire aux parents du petit Julien ! Lorsque le voisin ouvrit sa porte, il fut pris à partie par un Claus Dupont fulminant, qui agitait la lettre fautive, tout en répétant : Ah ! Elle est belle la nouvelle génération ! Quelle orthographe mais quelle orthographe ! Quelle décadence ! »
Le père de Julien, qui n'était ni diplomate ni patient et qui fêtait Noël quelques jours en avance, lui écrasa le nez d'un poing encore percutant et claqua la porte. Claus Dupont préféra battre en retraite. Le petit Julien ne reçut pas la visite de Santa Claus à Noël.

Fenêtre sur cour

Maman se trompe. Le père Noël existe. Même qu'il habite dans notre "Hache Elle Aime". Même que je l'ai vu.
Maman m'a raconté que le père Noël n'existait pas, que c'étaient les parents qui achetaient les jouets. Elle a ajouté qu'elle préférait me le dire pour que je sache que je n'aurai pas beaucoup de cadeaux, car avec papa qui n'est plus là, il faut se serrer la ceinture.
J'ai bien vu qu'elle était gênée de dire ça. Je sais pourquoi. On a déménagé le 22 décembre, alors elle croyait que le père Noël ne connaîtrait pas notre nouvelle adresse. Elle ne voulait pas que je sois déçue. Mais il est malin et il m'a retrouvée.
Cette nuit, c'était la première fois que je dormais toute seule dans l'appartement. C'est obligé. J'ai cinq ans et je suis grande et raisonnable, (c'est maman qui le dit). Comme elle travaille la nuit, je me garde toute seule, car elle n'a pas de sous à dépenser pour payer une feignante à dormir et à piquer la nourriture dans le frigo.
Mais bon, j'ai quand même un peu peur parfois. Je me suis donc levée pour me rassurer, car je ne connais pas encore les bruits d'ici. De la cuisine, on donne sur la cour, on peut voir aussi les fenêtres des gens qui sont sur l'escalier B, (nous on est sur le A). C'est possible, parce que l'immeuble tourne. Tout était noir et puis une lumière s'est allumée au premier (nous on est au deuxième) et le père Noël est apparu. Pas de doute: il était habillé tout en rouge. Il a posé sa hotte sur une table basse et s'est assis sur un fauteuil, puis il s'est étiré longtemps. Il devait être fatigué. Moi, j'avais froid aux pieds et le coeur qui battait fort. J'ai dû être distraite parce que je me suis rendue compte, tout à coup, que la lumière s'était éteinte. Alors, je suis retournée au lit, très contente de ma découverte. J'ai rien dit à maman, cela va lui faire une belle surprise quand elle verra tous les cadeaux.
J'espère le revoir cette nuit. Il me fera peut-être un signe ?
Je suis à nouveau derrière les carreaux et je regarde. Il fait très sombre. Oh! La pièce s'éclaire et le père Noël entre. Il enlève sa hotte de son dos, ouvre la fenêtre et la lance dans la cour. Pourquoi il fait ça ? Il passe une jambe par dessus la rambarde. A ce moment, des hommes s'approchent de lui, l'attrape et le font rentrer à l'intérieur. L'un d'eux referme la fenêtre et tire le rideau. Je ne vois plus rien. Je ne comprends rien. Pourquoi les gens ne veulent pas que le père Noël rapporte du travail à la maison ? Avant de retourner me coucher, j'aperçois quelqu'un, en bas, qui ramasse la hotte. Je suis très triste et bien embêtée, parce que je ne peux rien dire à maman. Elle ne serait pas contente de savoir que je me promène la nuit, au lieu de rester allongée.
Quand je me suis réveillée, maman était revenue. Tout de suite elle m'a dit:
" Hé bien, ma cocotte, il parait qu'il y eu du ramdam du côté de l'escalier B. La gardienne m'a raconté que les flics ont arrêté un homme au deuxième. C'était un cambrioleur à ce qu'il parait. Tu n'as rien entendu toi, tu dormais à poings fermés, certainement."
Je n'ai rien répondu. Comme ça, je n'ai pas menti et puis de toute façon si je lui avais dit que le voisin c'était le père Noël et pas un voleur, elle m'aurait pas crue.
Ce matin 25 décembre, au pied du sapin, il y avait une seule poupée très jolie. J'ai dit merci à maman puisque, bien sûr, c'est elle qui me l'a offerte.
Forcément : le père Noël est en prison !

L'homme, l'enfant et le père Noël

On l'appelait monsieur Pascal. Il vivait seul, et très rarement bien que régulièrement, recevait la visite d'un homme d'une cinquantaine d'années. Ce dernier, à l'allure sportive, arrivait avec un paquet sous le bras, du genre bouteille emballée dans du papier journal, ou bien avec un sac en plastique de forme indéfinissable portant le logo du supermarché voisin.
Un jour, je vis l'homme sur le trottoir, accompagné d'un jeune garçon âgé de cinq ou six ans. Le gamin se tenait légèrement en retrait, l'air intimidé, les deux mains au fond des poches d'un sweat à capuche, le regard fixé sur ses baskets. J'aurais juré, grâce à un je ne sais quoi dans sa dégaine, que ce gosse aux yeux bridés était son fils. Ce dimanche-là, je rentrai tout juste de vacances et je venais de stationner ma voiture avec un créneau parfait, juste devant mon immeuble. Je remarquai à la fenêtre du premier étage, une main soulevant brièvement le rideau. L'homme s'acharna sur la sonnette, sans qu'il ne se passe rien. Il se pencha sur l'enfant pour lui dire quelque chose à l'oreille et l'embrassa doucement. Ils se séparèrent et je vis l'enfant se diriger vers un banc dans le square voisin, sur lequel attendait une jeune femme menue au teint pâle et aux cheveux d'un noir profond, coupés courts. Sa mise avait un aspect simple et propre. Le marmot se jeta dans ses bras tout en éclatant en sanglots. Tandis que je sortais mes bagages du coffre de mon véhicule, je vis l'homme s'engouffrer dans une voiture sportive rouge et démarrer en trombe, quittant nerveusement sa place de parking.
Il revint régulièrement, et à chaque fois qu'il sonnait à la porte de l'immeuble, la même main soulevait le même rideau avant qu'il ne puisse pénétrer dans l'immeuble, le hall d'entrée étant enfin accessible comme en témoignait la sonnerie de l'interphone.
Un dimanche d'hiver, un 25 décembre, l'homme revint avec le jeune garçon qui portait un paquet entouré d'un bel emballage cadeau. Il sonna rageusement plusieurs fois sans que la porte ne s'ouvrit. L'homme s'éloigna et réapparu peu de temps après, seul. J'entendis au bout de mon couloir une violente altercation. Cela fut bref. L'homme s'enfuit par l'escalier en criant :
- Puisque c'est ainsi, tu ne me verras plus ! Plus jamais, je te le jure !
Une voix chevrotante lui répondit :
- Hé bien, fiche le camp ! C'est mieux comme ça. Ta mère ne t'a jamais pardonné, elle en est morte de chagrin. Je ne veux pas le voir, et toi non plus, je ne veux plus te voir !
Le paquet échoua, intact, sur mon paillasson.

Les années passèrent sans qu'on ne revit l'homme, ni seul, ni accompagné. On retrouva le vieux chez lui trois jours après sa mort. C'est la boulangère qui avait alerté la police, étonnée de ne pas voir le vieillard pendant une durée qu'elle avait estimée anormale.
L'appartement était encore inoccupé quand un adolescent aux yeux bridés et cheveux raides vint sonner à la porte du bâtiment, au moment où je rentrai de mon travail. Il voulait rencontrer Pascal Noël. Je lui dis que le vieil homme était mort quelques semaines auparavant, sans qu'aucune famille ne se soit manifestée.
- Vous êtes un proche ?
Il me répondit d'une voix émue :
- Je m'appelle Noël, Pascal Noël, comme mon grand-père. Mon père ne l'appelait jamais autrement que le père Noël. J'étais venu lui dire que Papa s'était tué dans un accident.. un camion… il aimait trop les voitures de sport ! J'avais peur que mon grand-père ne veuille pas me recevoir !

Et si c’était lui ?

Nous habitons depuis cinq ans un vieil immeuble dans le dix-huitième arrondissement de Paris au cinquième étage sans ascenseur. Nous avons de la chance car nous avons un grand balcon qui jouxte celui de notre voisine, Madame Clara. C’est ainsi que nous l’appelons. Nous n’avons jamais su son nom.
Elle a tout subi, tout vécu et est une rescapée des camps de concentration murmurent mes parents quand ils s’imaginent que je ne les entends pas. J’adore madame Clara. Quand je rentre plus tôt de l’école, je frappe à sa porte et elle m’entraine de son petit pas léger dans son salon. Là, je pose mes affaires par terre et je vais chercher un morceau de gâteau dans le buffet. Il y a toujours une friandise pour moi.
Elle est d’origine polonaise et a toujours vécu en France. Cette fois c’est une histoire de Noel qu’elle veut absolument me raconter. Je m’assois face à elle, sur un tapis élimé, pendant qu’elle s’installe dans son vieux fauteuil. Elle parle tout d’abord doucement puis sa voix prend son envol et elle se met à chanter. Je suis obligé de lui taper doucement sur le genou et lui dire : Madame Clara, votre histoire de Noël s’il vous plait.
Et là, elle m’affirme que l’an dernier, la nuit de Noël, notre voisin de palier, est descendu dans sa cheminée et lui a apporté des bonbons, des foulards et une petite poupée. Elle est sûre que c’est lui le père Noel. La bouche ouverte, je regarde la cheminée et mes pensées s’envolent…
Nous sommes le 24 décembre. Je descends sans bruit mes cinq étages et je guette au coin de la rue. Personne ne rentre. Je retourne chez moi, il doit être minuit moins le quart. Je me faufile sur le balcon sans bruit et l’escalade pour aller chez Clara. Elle laisse toujours sa fenêtre ouverte et tire simplement ses double-rideaux. Elle a besoin d’air dit-elle. Dans le salon devant le sapin mon cœur s’arrête : un homme avec des bottes rouges dépose plein de paquets. Dans le noir je crois reconnaître la silhouette de Monsieur Richard, notre voisin. Il repart par la cheminée… Je reviens vers le sapin et c’est plus fort que moi : j’ aperçois deux paquets à mon nom ! Une voiture électrique et un dvd de Stromae ! J’en rêvais. Mais comment a-t-il su… ou alors ?... je crois que je n’ai plus de doutes. Clara avait raison. Je crois bien que mon voisin est le père Noel. C’est trop fou, personne ne me croira ou alors peut-être Madame Clara ? Quand elle verra de nouveau les paquets de bonbons et les foulards ?
En tous les cas, il savait pour moi, et ça c’est bien la preuve que c’est lui. Je n’en avais encore parlé à personne que dans mes rêves.

Ramonage express

Parce que nous n'avons ni argent, ni famille, ni enfants, Sparky et moi passons nos réveillons ensemble, à boire au-delà des limites en lorgnant des inepties télé.
Il est 23 heures, bientôt Noël. Je titube jusqu'à la fenêtre, observe la rue clignotant sous la bruine et lance « Je crois bien que mon voisin est le Père Noël ».
Sparky gargouille dans son whisky « N'importe quoi ! Je l'ai aperçu ton voisin, c'est une gravure de mode. Je hais ce type tellement il est sexy. Pourquoi il serait le Père Noël ? » Je riposte qu'aux yeux des crétins patentés, mon voisin ne saurait être le bonhomme en rouge, mais, pour celles qui voient au travers des apparences magiques, la panoplie du mec canon peut devenir, l'année durant, la meilleure couverture pour le Père Noël en civil : plus d'enfants sur ses genoux, que des femmes susurrant « Je m'assois où, Papa Noël ? »
Devant l'air dubitatif de Sparky, je chuchote « Hier, mon voisin a étendu sur son fil à linge sept slips rouges. À part le Père Noël, qui accepterait d'en porter un tous les jours ? »
Sparky se lève, au hasard enfile mes après-skis, ses gros pieds recroquevillés dedans, sort en bégayant « On va voir ça, nom d'un renne ! » Je le suis, vêtue d'une nuisette périmée, une guirlande effilochée en guise de diadème, pieds nus dans les mocassins marronnasses de Sparky.

Un quart d'heure plus tard, je sonne chez le voisin. Jingle bells, jingle bells.
Il ouvre. Je mate, hume : costume anglais, gris perle et sur mesure, chemise noire, chaussures et parfum italiens. Si je n'étais pas déjà et excessivement ivre, ma honte vestimentaire, bue jusqu'à la lie, m'achèverait. « Bonsoir, désolée de vous déranger peu avant minuit... vous n'êtes même pas changé... mais mon ami Sparky est coincé dans votre cheminée.
̶ Pardon ? »
Ayant saisi sa main, je l'entraîne dehors, indique son toit. « Regardez ! » Compas grotesque, les jambes de Sparky, terminées par mes après-skis, sortent de la cheminée et s'agitent au vent mauvais. Après avoir appuyé mon échelle sous la gouttière du voisin, avoir réussi à grimper, guidé par l'ivresse avoir marché sur les tuiles humides, Sparky s'est faufilé dans l'ouverture étroite de la cheminée heureusement inactive. Les fesses de mon pote, larges comme le Texas, n'ont pas passé le cap. « Mon copain est piégé. Tête dans le conduit et bourré au whisky : il va vomir, direct sur vos bûches... qui flamberont. Faudrait le tirer de là, vous avez l'habitude des cheminées. Moi, je souffre du vertige et n'ai pas les bonnes chaussures. »
Mon voisin ne demande ni pourquoi ni comment qu'il surfe illico sur la vague du toit, rejoint Sparky. Ho ho hisse et ho. Il le dégage, mais les semelles de ses Gucci dérapent et les deux basculent en arrière.

Ils gisent sur les pavés de l'allée, sonnés mais vivants.
Je les aide à se relever avec des claques, expliquant au voisin que je l'ai pris pour le Père Noël, alors Sparky, décrétant que personne ne passe jamais par la cheminée du vrai Père Noël, a souhaité être le premier à atterrir dans l'âtre de M. Cadeaux. Bêtise et ivresse sont jugées coupables. Nous sourions-remercions puis filons chez moi, si vite, que je perds une des chaussures de Sparky.

Des heures de sommeil après, je prépare cafés et aspirines quand je remarque sous mon sapin desséché, le mocassin abandonné de Sparky. À l'intérieur : deux billets pour la Laponie, un séjour à Rovaniemi et un mot « Vous pourrez ainsi tester la taille de ma véritable cheminée... »

Croire au père Noël

La vérité se dévoilait, terrible. Je demeurai étourdi par les mots impitoyables qui s’enchaînaient, assénés comme des coups de surin à mes illusions :
— Papa, le père Noël existe, expliquèrent en chœur mes enfants, un peu honteux par la cruauté de leurs paroles. Devant ma mine rébarbative, ils crurent bon de se justifier :
— Tu sais Papa, on t’a menti jusqu’à maintenant car c’est comme ça. On fait croire aux adultes que le père Noël n’existe pas, pour leur éviter de rêver. Vous, les grands, vous n’avez pas de temps à perdre, vos affaires sont sérieuses. Mais un jour, il faut bien vous faire connaître la féerie des choses.
Je refusai cet aveu. Je me retins de pleurer et de crier, révolté par ces années de mensonges, et par cette ultime trahison. Après un silence, je fis signe de me laisser. Mes héritiers se retirèrent de la chambre, pleins de commisération. Sarah bredouilla des excuses. Antoine, lui, me tapa sur l’épaule, en guise d’encouragement. Enfin seul, les idées se bousculèrent dans ma tête. Je tentai de démêler l’écheveau. Des doutes subsistèrent. Il y avait beaucoup de contradictions et d’incohérences dans cette histoire. Comment n’avais-je jamais rien remarqué ? Notre monde laissait-il la place aux pères Noël et autres niaiseries de ce genre ? Si le père Noël existait bel et bien, il était alors tout à fait possible de le croiser…
Le vent chaud et léger de la satisfaction me caressa l’amour-propre. J’appelai les enfants. Ils accoururent. Je les exhortai de me faire rencontrer le fameux bonhomme puisqu’il vivait parmi nous. C’était la seule condition, affirmai-je, pour que j’acceptasse l’incroyable.
Ils se regardèrent décontenancés, non pas à cause du subjonctif utilisé, mais de ma captieuse proposition.
Sarah se perdit aussitôt en explications confuses :
— C’est impossible, car il agit toujours en cachette !
Elle avala péniblement sa salive, puis ajouta, balbutiante :
— En plus, il est quasi invisible…
J’allais manifester mon incrédulité quand Antoine, perdu dans ses réflexions, interrompit sa sœur, au risque de la contredire :
— Très bien, tu vas peut-être pouvoir l’apercevoir, me dit-il convaincu. Il te suffit pour ça de le guetter. Comme demain c’est le réveillon, à toi d’être attentif !
Fébrile, je passai la journée du lendemain à ourdir une ruse dans le dessein de surprendre l’extraordinaire individu. On expédia le dîner. Sitôt les enfants couchés, je me précipitai dans le salon et me glissai derrière le sapin engemmé de boules et festonné de guirlandes. De ma position, le père Noël ne pouvait tromper ma vigilance.
Les heures défilèrent. Je vouai aux gémonies Lamartine et son temps suspendu. Les poètes, que des songe-creux… Un peu plus tard, un bruit me réveilla en sursaut. Je m’étais assoupi sans m’en rendre compte. J’eus à peine le temps d’aviser une silhouette, hotte sur le dos, avant qu’elle ne s’évanouisse par la porte d’entrée. Je sortis de ma position, engourdi de sommeil. Au pied du sapin s’éparpillaient des paquets-cadeaux. J’étais abasourdi.
Quelques instants après, j’ouvris la fenêtre de la cuisine afin de me rafraîchir. Soudain, juste en face, dans la maison sombre et endormie, je crus discerner un homme se défubler à dépêche compagnon. Je compris. Lorsqu’au petit matin je révélai ma singulière découverte aux enfants, je perçus comme du scepticisme. C’était pourtant évident : le père Noël vivait à deux pas de chez nous. Et il se faisait passer pour notre voisin, avec un art consommé de la mascarade.

Je veux y croire, moi, au Père Noël !

La honte, ce dimanche d’octobre, quand maman s’est aperçue qu’il lui manquait 50 centimes pour payer nos deux gâteaux ! Et cette chipie de pâtissière qui braillait : «Quand on peut pas payer, on achète pas, la maison fait pas crédit ! » Puis une main a déposé une pièce sur le comptoir et une voix a crié : » Ça va, pas d’histoires pour trois sous ! » On s’est retournées ; c’était le grand blond, notre nouveau voisin de palier. Maman, toute rouge, l’a remercié et a promis de le rembourser. Il a répondu : « Pas de souci, entre voisins ! »
Faut dire que depuis que papa est parti – on ne le regrette pas trop vu qu’il buvait et nous battait – mais on n’arrive plus à joindre les deux bouts avec les ménages que fait maman. Et comme elle dit, pour la pension alimentaire, on peut toujours courir. Alors, on mange des pâtes, un peu de viande de temps en temps et notre gâteau du dimanche, c’est notre seul petit plaisir. Pour les habits, on va dans les ventes du secours populaire. Ce qui m’ennuie le plus, c’est que maman est toujours triste et fatiguée et que je n’arrive plus à la faire rire en lui racontant mes potins de cour de récréation.
Bref, le dimanche suivant, on a sonné à la porte : c’était le voisin qui nous apportait deux éclairs au chocolat. Maman, toute rouge une fois de plus, a voulu refuser, mais comme il insistait avec un beau sourire à la Kendji Girac, elle l’a invité à déjeuner la semaine suivante. « Ok, j’apporterai trois gâteaux », a-t-il dit !
Depuis, il vient de temps en temps pour l’apéritif ou le café et nous, on va chez lui, tout pareil. Parfois maman y va toute seule quand je suis en plein dans un livre. Il est sympa notre voisin de palier. Toujours de bonne humeur. Et vachement fort en maths. Il m’aide pour mes devoirs parce que moi les maths... Mais pour les rédactions, je n’ai besoin de personne.
Quand maman, toute fière, m’a annoncé qu’elle avait trouvé un nouveau travail moins fatigant et mieux payé, j’ai sauté de joie : « C’est quoi, c’est où ? » C’était dans une librairie, comme vendeuse, et le propriétaire de la librairie, devinez, c’était... le voisin. Depuis, je passe le mercredi avec elle à son boulot et je peux lire tout ce que je veux au rayon jeunesse. Vraiment, ça va de mieux en mieux chez nous. On fait nos courses maintenant sans trop chipoter sur les prix, j’ai des vêtements et des chaussures neuves, maman a recommencé à se maquiller, à porter de jolies robes au lieu de son jean délavé. Et surtout, elle sourit, ses yeux brillent de nouveau et elle chante dans la salle de bains. Tout ça grâce au voisin ? C’est qu’il l’a même emmenée au cinéma un soir, et une autre fois au théâtre. Pauvre maman qui ne sortait jamais !
Ce serait bien un magicien, ou un Père Noël ce type-là ! Justement, Noël approche. J e n’y crois plus au Père Noël : c’est que j’ai presque dix ans ! Mais ça me ferait tellement de bien d’y croire encore par moments.
L’année dernière, on avait passé un Noël très triste. Ce voyou de papa venait de se faire la malle. Cette année, Pierre, le voisin, nous invite chez lui pour le Réveillon de ce soir : il se fait livrer par un traiteur parce qu’il travaille toute la journée et maman aussi. Justement, je l’accompagne à la librairie. Surprise ! Un grand Père Noël distribue des papillotes aux clients dans le magasin. En nous apercevant, il tire sur sa barbiche blanche et cligne de l’œil ! Je le savais, notre voisin Pierre, c’est vraiment le Père Noël !

Rivalité

Gaspard regardait avec un sourire amusé le drôle de bonhomme qui venait d’arriver en bas, dans la rue enneigée. Il soufflait et ahanait en tirant derrière lui une grosse charrette décorée. Ses joues gonflées étaient cramoisies par l’effort. La barbe blanche qui lui mangeait le visage ressemblait à un troupeau de moutons désordonné. Un chapeau rouge, orné d’un pompon blanc ridicule, tanguait dangereusement sur sa tête. Il portait d’imposantes bottes noires souillées de neige fondue qui dérapaient à chacun de ses pas hésitants. Son énorme manteau écarlate bordé de fourrure blanche menaçait d’éclater sous la tension de son incroyable bedaine et ne devait son salut qu’au ceinturon de cuir noir à la boucle d’or qui maintenait le tout en place. Etrangement, son pantalon rouge épousait de frêles jambes, si fines qu’elles semblaient incapables de porter tant de poids.
Gaspard riait de cet homme cocasse qu’il trouvait gauche et grotesque. Presque déçu de ne pas le voir s’écrouler dans la neige dans une avalanche de flocons, il l’observa pendant qu’il garait sa charrette et en ôtait la bâche. Un étrange objet se cachait dessous, carré, peint de couleurs vives et, se dit Gaspard, totalement inutile. Mais le drôle d’homme saisit alors une manivelle et aussitôt une musique joyeuse s’envola à travers la ruelle.

Chaque année, Gaspard regardait s’installer son nouveau voisin, toujours aussi saugrenu, toujours si mal fichu. Et chaque année, il voyait les gens, de plus en plus nombreux, s’agrouper autour du gros bonhomme rouge qu’ils appelaient Père Noël. Mais, pour Gaspard, le pire était les enfants. Ils accouraient, les yeux pleins d’étoiles, les mains battantes, les joues roses de plaisir. La rue raisonnait de leurs rires et Gaspard se sentait bien seul.

Un jour, son frère et ami s’installa à ses côtés et le voyant si morose, lui demanda la cause de sa tristesse.
- Vois cet homme, dit Gaspard, si bien entouré, si bien aimé alors que nous voilà relégués dans l’ombre et l’oubli. Comment pourrais-je sourire puisqu’il m’a volé mes joies et mes instants de bonheur ?
Son ami regarda la rue animée d’un air pensif. Il savait Gaspard jeune et impulsif mais sa détresse le navrait. Une petite fille aux couettes blondes s’approcha en jouant et s’arrêta soudain, la tête en l’air et ses grands yeux fixés sur eux. Il lui fit un clin d’œil et un petit geste de sa main d’ébène qui firent glousser la petite fille de plaisir. Elle trotta vers ses amis, montrant d’un doigt ravi le grand homme noir, au manteau vert et à la couronne d’or, qui l’avait saluée.
Un vieillard courbé par les ans s’approcha d’eux et posa sa main noueuse sur l’épaule de Gaspard. Son autre main passait et repassait dans les longs poils de sa barbe argentée.
- Je le trouve plutôt sympathique ce Père Noël. Voilà au moins un voisin que je comprends. Il porte des habits colorés, il arbore une barbe qui rivalise avec la mienne, il offre de la joie et des cadeaux aux enfants. Cela ne te fait pas penser à quelqu’un, Gaspard ?

Du haut du buffet, fièrement postés entre la crèche et leur chameau, Gaspard, Balthazar et Melchior continuèrent à observer le drôle de gros bonhomme rouge qui jouait inlassablement sa musique joyeuse et entraînante. Gaspard se dit alors qu’ils ne seraient jamais trop nombreux pour faire naitre des sourires sur les visages de tous les enfants du monde.
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Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites. J. Renard
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MessagePosté le: Lun 22 Déc - 21:47 (2014)    Sujet du message: Publicité

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